Gardé vivant

A partir de 18


Quatrième de couverture

Une facette nouvelle de l’écriture de Béatrice Marchal : la prose poétique, pour ressaisir l’enfance et célébrer ses figures tutélaires.

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Description

« Seul importe ce soir de retrouver assez de calme et de silence pour faire place – toute sa place – à ce que le bruit et l’agitation de la journée ont chassé ; pour que se risque hors de sa retraite cette part de soi si farouche, si secrète qu’elle ne livre jamais que des bribes, presque inaudibles, trop rares pour souffrir quelque inattention. Bribes erratiques, fugitives, indices de la piste à suivre dans une forêt profonde où se cache le temple cherché. On en apercevra un pan de mur, une tour, au mieux l’entrée mais le sanctuaire – le centre – y pénètre-t-on jamais ? »

« Il m’importe seulement de soulever ici un peu de la poussière déposée sur mon chemin, d’en regarder les grains légers briller à travers les rayons de la mémoire, comme dans la lumière d’automne entre les grands fûts, les moucherons d’or. »

Dans l’apparente simplicité de son écriture Béatrice Marchal sonde ici, avec une émotion pudique, les profondeurs de l’intériorité humaine. 

Comme elle le fait en poésie.

 


L’une des interventions de Jean-Marc Brunet pour accompagner « Gardé vivant »

 

Béatrice Marchal, Gardé vivant, peintures Jean-Marc Brunet, Al Manar, 69 pages, 18E, 2022

 

Dans un accueil de « cargaisons lointaines » revisitées, Béatrice Marchal poursuit le creusement de son sillon poétique. Au risque d’aiguiser les douleurs, elle affronte encore les monstrestoujours prêts à se réveiller. Comme une tentative d’attraper avec lucidité quelques fils de son histoire. Ceux qui lui ont été imposés par les proches, ceux tricotés à sa manière. C’est avec le malheur de celui-ci, la joie de celui-là que s’est constituée sa propre chair. Et elle nous offre en partage « le fruit mutilé, multiplié », lumineux de sa prose poétique. Avec les gestes délicats qui la caractérisent, elle explore les traces passées, élargies à l’entourage de son enfance, de son adolescence. « Confiante dans le secret travail de la terre », comme du poème, elle invente quelque douceur, quelque sourire, restaure la joie d’exister.

Certes sont soulevées les poussières des souvenirs mais subsiste dans son regard la brillance des grains. Malgré la pudeur de la poétesse, on entend parfois un cri qui ne renonce pas, trouve un antidote à la pomme empoisonnée de Blanche Neige. S’opposant « au flux mauvais de la barbarie » brûle secrètement « cette flamme que rien n’éteint si on la réchauffe ». Un point aveugle nécessaire la préserve, protège une part d’elle intouchable et farouche. C’est peut-être de ce lieu que naît et s’attise le désir d’écrire. Dès qu’on l’approche, il recule à l’instant où on croit le saisir. Comme la neige, il garde son mystère. Cependant la poésie approche ses bords. Béatrice Marchal est l’héritière d’un grand-père qui avait confié ses blessures secrètes dans un cahier, d’un père qui prononçait, expliquait les mots nouveaux, d’une mère dont elle peut, malgré l’amertume, accueillir les bourgeons. À travers le temps, s’agit-il d’apaiser, de consoler les morts et les vivants ?  Dans une attention aux autres, au monde, enchanter le présent, gardé vivant le précieux de moments de grâce. Les peintures de Marc brunet sont en parfaite résonance avec « L’enlacement inédit d’une variété de fils » plus ou moins emmêlés, mais allant dans de multiples directions.  Ils s’enfoncent dans le gris pour réémerger dans le vert et le bleu.

Jacqueline Persini, in Poésie première

Caractéristiques

exemplaire

L'un des 500 ex sur Bouffant de l'édition originale, Tiré à part, sur Arches

format / papier

15 x 21 cm, 17,5 x 25 sur Arches, sous couverture rempliée ivoire ; étui.

isbn

978-2-36426-295-9

nombre de pages

72

parution

Auteur

MARCHAL Béatrice

Artiste

BRUNET Jean-Marc

Collection

Bibliophilie

Poésie