Les articles de la presse spécialisée :

Le Matricule des anges, n° 70

 

Arts et Métiers du Livre, n° 258 :

Novembre 2001

XIV° Saison du Festival TransMéditerranée

REGARDS DES DEUX RIVES

Parce que le dialogue entre les cultures a plus que jamais besoin d’être nourri, le FTM a choisi d’ouvrir sa XIV ° saison sur les œuvres et témoignages de créateurs et acteurs, « passeurs des deux rives » de la Méditerranée : les peintres Mahi Binebine, Miguel Galanda, l’écrivain Jean-Pierre Millecam, l’éditeur et galeriste Alain Gorius et comme ‘’grand témoin’’ : Aziz Binebine, ancien officier, survivant du bagne mouroir de Tazmamart.

Paul Euzière :
« Le dialogue par la culture
et la création »
(extraits du discours d’inauguration) (…)

les créateurs -aussi bien les cinéastes et les poètes que les romanciers- jouent un rôle clé dans l’affirmation des patrimoines culturels vivants comme dans la reconnaissance de cet Autre sans lequel tout discours de paix est vain.
Cette démarche de dialogue par la culture et la création ne va pas de soi dans le contexte actuel de guerre en Afghanistan où l’émotionnel et l’irrationnel entretenus pas des grands médias à la recherche de scoops nourrissent les fractures si nombreuses en Méditerranée, plutôt qu’ils ne contribuent à les réduire.
Pourtant l’avenir n’est ni dans ce « choc des civilisations » que prédit l’Américain Huntington, ni dans une vision d’affrontements Nord-Sud, mais, au contraire, dans la volonté commune de relever ensemble des défis qui sont ceux de toute l’Humanité.

Face aux écarts et aux déséquilibres croissants deux attitudes existent :
-l’une est de se replier sur soi. C’est une impasse, même à court terme.
-l’autre, difficile mais féconde, consiste au contraire à agir et à construire ensemble sans nier les différences mais en mesurant bien que soit nous gagnerons ensemble, soit nous perdrons tous, au Nord comme au Sud.

Nous avons donc choisi pour ce XIV° FTM de faire connaître un autre visage des rapports Nord-Sud au travers de la création, de la peinture et de la littérature, avec une exposition tout à fait originale puisqu’il s’agit d’œuvres à quatre mains réalisées par deux artistes de dimension internationale, l’un né au Sud de la Méditerranée, à Marrakech -Mahi Binebine- qui est également un écrivain dont le talent vient d’être encore une fois salué puisqu’il vient de se voir attribuer le prix de l’amitié franco-arabe ; l’autre né au Nord, en Aragon, en Espagne donc, Miguel Galanda, qui est aussi sculpteur. (…)

 » Arbre de l’espoir, tiens bon !  »

Parce que directement ou non, la création puise toujours sa force dans une réalité même douloureuse, avec nous aussi, un grand témoin des années de plomb qu’a connut le Maroc, Aziz Binebine, officier de l’armée marocaine, qui a survécu 18 ans dans le sinistre bagne marocain de Tazmamart. (…)
Cette souffrance sans limites qu’ont endurée Aziz et ses compagnons me renvoie à un tableau d’un grand peintre mexicain, Frida Kahlo, qui fut l’épouse rebelle et déchirée de Diégo Rivera.
A la suite d’un accident, Frida Kahlo eut le bassin, la colonne vertébrale et un pied définitivement endommagés. Elle ne s’en remis jamais en dépit de multiples interventions chirurgicales dont aucune ne put la soulager. En 1946, elle peignit un autoportrait qu’elle appela « l’arbre d’espoir » où elle exhibe au premier plan un corset orthopédique tenu devant elle en même temps qu’un petit drapeau porteur de cette simple phrase : « Arbre de l’espoir, tiens bon ! ».
Au delà de toutes les interprétations et dans toutes les situations, c’est d’abord de ce message de confiance et d’avenir dont témoigne par elle-même toute œuvre de création, qu’elle soit peinte ou écrite au Nord et au Sud, du Nord et du Sud.


Une exposition exceptionnelle:
Mahi BINEBINE – Miguel GALANDA
« Peintures à quatre mains »

Une exposition exceptionnelle et unique en son genre. Celle d’œuvres nées de la rencontre entre deux artistes des deux rives: le peintre-sculpteur espagnol Miguel GALANDA et le peintre-romancier marocain Mahi BINEBINE.

Vingt-cinq toiles -dont la plus petite dépasse 1m30- réalisées « à quatre mains » dans un atelier de Tarragone (Catalogne–Espagnole) où elles ont été exposées pour la 1ère fois en août 2001.
Grasse est la seconde étape de cette aventure, belle et singulière, qui se poursuivra en Belgique, en Allemagne, en Italie…
Une exposition commune d’œuvres communes est chose plutôt rare dans le milieu des artistes plasticiens. Plus qu’un partage c’est une fusion comme le dit si bien Miguel Galanda: « à présent, il n’y a plus aucune différence puisque nous travaillons à quatre mains sur la même toile ».


 » Le fastueux univers « 
de Jean-Pierre MILLECAM
Jean-Pierre MILLECAM depuis cinquante ans écrit et il n’a pas fini de faire parler de lui. La critique le place sans hésitation dans la lignée des grands écrivains dont l’œuvre, nobelisable et universelle, survivra à l’époque.

Enfant de la Méditerranée, Jean-Pierre Millecam est né à Mostaganem en 1927. Après des études à Alger, il part enseigner à Tlemcen jusqu’en 1956.
Sa solidarité à l’égard des Algériens font de lui aux yeux des ultras de « Algérie Française » un renégat.
Victime d’un attentat et sauvé par miracle, il trouve refuge au Maroc où il résidera jusqu’en 1993, date à laquelle, il décide de rejoindre sa famille à Nice.

Découvert et publié par Camus en 1951, Jean-Pierre Millecam est cité par Jean Cocteau auquel il a consacré un essai, par Jules Roy qui qualifiera, dans ses mémoires, l’œuvre de J.P. Millecam de « fantastique et fastueux univers à vous couper le souffle ».
Il a publié près d’une vingtaine d’ouvrages, tous nourris de ses racines -et de son parcours- méditerranéens, parmi eux des nouvelles, du théâtre et des sélections aux prix littéraires dont le Renaudot 1999 pour « Trois naufragés du royaume » (Editions des Syrtes 99). Dans son dernier livre « Tombeau de l’Archange » (Editions du Rocher 2001), on retrouve le professeur Lancelot, son personnage mythique, son autre lui même.

Jean-Pierre Millecam a également publié notamment : aux éditions Gallimard Hector et le Monstre(1951); Et je vis un cheval pâle (1978); Un Vol de chimères (1979); Une légion d’ange (1980) Choral (1982); aux éditions Denoël Sous dix couches de ténèbres (1968); aux éditions Calmann Levy, La quête sauvage; aux éditions La Table Ronde Le défi du petit archer (1988); Longtemps je me suis douché de bonne heure (1990).

Alain GORIUS,
éditeur et galeriste

Alain GORIUS, vit et travaille à Paris et à Casablanca. Enseignant, journaliste, il est aussi un découvreur et diffuseur de talents à travers la maison d’édition et la galerie d’art contemporain dénommées toutes deux El Manar, qu’il dirige, à Paris, et à Casablanca.
Poète*, Alain Gorius aime poser les mots sur les couleurs.
Il édite principalement des livres de collections, véritables « ouvrages de bibliophilie ». •Deux recueils de poésie: « Au creux du monde » et « Sang noir ».


Un survivant de l’Enfer :
Aziz BINEBINE

Le dernier cercle de l’enfer créé par des hommes, Aziz Binebine l’a connu dans le bagne-mouroir de Tazmamart où il a été enfermé avec des dizaines d’autres militaires à la suite de la tentative de coup d’Etat de Skirat (1971) et dont il est l’un des rares rescapés.
De ces années terribles de silence et de peur dont le Maroc d’aujourd’hui est décidé à parler librement, de nombreux témoignages existent dont celui de Ahmed Marzouki « Tazmamart, cellule 10 » (Editions Paris Méditerranée). L’histoire d’Aziz Binebine a elle été utilisée comme trame du livre « Une aveuglante absence de lumière » par Tahar Benjelloun (Editions du Seuil)

 

Aziz Binebine :
 » Plus que l’espoir, le refus de la haine et de la vengeance  »

Je pense tout simplement que l’art et la mémoire sont indissociables.
L’art s’alimente de la mémoire et la mémoire subsiste dans l’art; c’est le cas de l’œuvre de mon frère Mahi Binebine qui est imprégnée jusqu’à l’obsession par le bagne de Tazmamart dont je ne vous parlerais pas spécialement car beaucoup l’ont fait.

Depuis ma libération c’est la première fois que je prends la parole en public. Et en ces temps de violence, d’intolérance et de haine je veux parler de paix et de pardon, de mon expérience personnelle, de cette flamme qui n’a cessé de brûler en moi tout au long de ces années d’enfer au mouroir de Tazmamart.

Plus que l’espoir c’était le refus de la haine et de la vengeance, ces venins de l’âme, qui m’a permis de survivre hier et de revivre aujourd’hui.
C’est à ce prix que j’ai pu lutter contre la faim, la vermine, la maladie et la mort. C’est à ce prix que j’ai pu revivre normalement et rebâtir un foyer.
C’est cette paix et cette sérénité intérieures qui m’ont permis de réintégrer la société et « regarder à nouveau le soleil en face ». J’ai appris dans la souffrance que la foi permettait de soulever des montagnes, mais qu’elle ne le pouvait que par l’amour.
Mes amis, Jésus est amour, Mahomet est pardon, Moïse est justice, Bouddha est sérénité et l’Homme, c’est à dire vous et moi, sommes tout ceci à la fois. Si nous le voulons bien.

Comment pourrais-je parler de vengeance ou de rancune quand je vis dans un pays qui marche en chancelant.
Comment pouvons-nous parler de différences (différences d’origine, de foi, de cultures et de je ne sais quoi encore) lorsque nous vivons une époque où la civilisation et l’ordre des choses menacent de s’effondrer, où l’intolérance est devenue loi et la vengeance justice.
Notre seul espoir est dans l’union et l’acceptation de nos différences.


Quand poésie et peinture dialoguent

L’éditeur Alain Gorius, poète et crtique d’art, propose à sa Galerie Al Manar (Casablanca), pour les collectionneurs, des livres de dialogues, tête-à-tête subtil entre poésie et peinture dans des livres-bijoux. Ce n’est pas un tableau, ni un livre d’art comme les autres, mais une chose précieuse qu’on prend délicatement entre les mains, qu’on feuillette, qu’on lit, qu’on regarde, en s’arrêtant plus longuement sur certains passages et endroits, avec un plaisir raffiné. Une sorte de long feuillet accordéon de cinq pages qui en se ramassant ressemble à un livre qui se range dans un étui écrin. Il porte le nom de «Livre de dialogue», et la nostalgie du manuscrit calligraphié avec enluminure. Un tête-à-tête subtil entre poésie et peinture qui se séduisent, s’accompagnent, dialoguent … Sur l’exquis papier vélin écru de qualité supérieure, le poète a comme «peint» son texte à l’encre de Chine, et le peintre y a comme «écrit» sa peinture. Ce n’est pas illustration de poème par une peinture, mais «l’image plastique et l’image poétique qui se rejoignent quelque part, où quelque chose se passe…», dit Alain Gorius, critique d’art, poète et éditeur de ces livres-bijoux exposés dans sa galerie Al Manar. Lui qui a eu l’idée d’unir un poète et un peintre, lorsqu’il estime qu’il y a possibilité de rencontre, dans ce travail réalisant une ?uvre originale de collection tirée en un nombre réduit d’exemplaires. «Une tradition qui remonte au 19e siècle en France, dont Malarmé et Manet furent les inaugurateurs. A l’époque surréaliste l’activité fut très importante en ce domaine». C’est Gorius qui a introduit ce genre artistique au Maroc, où il a trouvé acquéreurs dans une frange restreinte de collectionneurs et amateurs, qui connaissent bien tant la poésie que la peinture et l’histoire de l’art au Maroc. L’imprimerie typographique ayant disparu au Maroc, ces livres de dialogue sont imprimés en France chez l’un des trois derniers typographes qui y subsistent. En France ces livres d’artistes ne sont pas rares, et se trouvent même dans des bibliothèques et des médiathèques pourvues de collections, qui les prêtent aux adhérents ou les donnent à consulter sur place. Néanmoins leur marché ou leur public demeure extrêmement restreint, même en France, ce ne sont généralement que de grands collectionneurs privés qui les achètent. Concernant les quatre titres que vient d’éditer Gorius, ils ne sont disponibles qu’en douze exemplaires en France (car il les commercialise aussi en France) et en neuf exemplaires au Maroc, où il arrive à en vendre trois ou quatre. Depuis qu’il a ouvert ce créneau en 1997 au Maroc, Gorius l’a trouvé rentable et parvient à écouler aujourd’hui 50% de cette édition en France et 50% au Maroc. Pour les acheteurs français il réalise des oeuvres avec des artistes français, mais certains artistes marocains se vendent bien aussi en France, comme Abdelkbir Khatibi qui se vend même deux fois plus en France, notamment son ouvrage sur L’art contemporain arabe.
S’agissant des quatre nouveaux titres de livres de dialogues disponibles actuellement à la galerie Al Manar, il y a «L’Etoile distante» poésie de Mostapha Nissabouri et peinture de Tibari Kantour. Poème d’amour (extrait d’un long texte du poète) où interviennent des séquences très lyriques, aquarelle en empreintes et graffitis où le peintre a utilisé un papier de soie qu’il a appliqué sur le papier vélin. Il y a aussi «Orage et Zéphyr», peinture de Mohammed Kacimi et poème de Tahar Bekri. Kacimi encore, cette fois avec la poésie de Gorius, dans «Ombre portée». Puis «L’arbre et la glaise», Gorius de nouveau, avec le peintre Yamou , forêt, fraîcheur de feuillage.

Bouchra Lahbabi
Le matin du Sahara, 08 – 05 – 2002


ALAIN GORIUS

Le rare et le beau
Confidences d’un bibliophile
Esquisses d’une promenade poétique

par Olivia Phélip, le 07 mai 2010

Alain Gorius est le fondateur d’Al Manar, une maison d’édition de bibliophilie qui se dédie plus particulièrement au dialogue entre les arts et à la littérature des pays du Sud méditerranéen et ceux de la France. Viabooks a rencontré l’inspirateur de ces belles rencontres entre artistes, écrivains et poètes, desquelles naissent souvent des livres rares et créatifs, pour notre plus grand bonheur.

Viabooks : Quel a été votre chemin pour devenir éditeur ?
Alain Gorius : J’ai d’abord enseigné la littérature en France, puis au Maroc, à Casablanca. Avec mon épouse, nous avons parallèlement ouvert une galerie d’art contemporain, Al Manar, qui est devenue l’une des plus importantes du Maroc. C’est ainsi que nous avons été amenés à éditer quelques catalogues d’artistes : voilà comment les choses ont commencé. Ensuite, j’ai créé la maison d’édition Al Manar en 1998 en France.
Que signifie le mot Al Manar?
-Cela veut dire, « Le phare » en arabe classique. A l’époque notre galerie était au bord de la mer, face à un phare. Et le mot était tellement signifiant pour parler d’art…
Quelle est votre ligne éditoriale ?
Nous souhaitons d’abord faire dialoguer un texte écrit avec l’oeuvre d’un peintre – à l’exception de certains cas où le dessin seul « fait’ l’histoire. Ensuite, nous essayons d’être un pont entre l’Europe et le Sud. Ainsi nous avons édité par exemple les rencontres entre un texte de Sylvie Germain et des tableaux de Rachid Koraïchi, les poèmes de Salah Stetié avec les peintures de Vladimir Velikovic ou de Gérard Titus-Carmel, les poèmes de Vénus Khoury-Ghata avec les dessins de Dina de Bournazel…
Quelle est votre dernière édition ?
Un texte de Alberto Manguel avec les peintures de Rachid Koraichi, ainsi que Belles et beaux d’ Albert Bensoussan et Joël Leick.
Comment construisez-vous votre relation avec les écrivains ?
Nous les valorisons particulièrement. Car nos livres ne sont pas des livres de divertissement. Un livre d’art est un lieu de  » conflagration », d’aimantation entre le texte et l’image. Il y a une circulation souterraine du sens. Nous sommes au service de ce texte, qui porte le livre et lui donne son sens.
Quelle est votre de méthode de travail ?
En général  » primum verbum » , c’est à dire que le texte préexiste à tout. Puis, un peintre choisi en fonction de ses affinités avec le monde de l’écrivain va « rencontrer » ce texte et il va imaginer non pas une illustration, mais une manière de le magnifier et dialoguer avec lui.
Combien de livres éditez-vous par an ?
Entre 15 et 24 livres. Nous faisons toujours 20 à 30 tirages de tête, signés numérotés, rehaussés d’oeuvres originales, puis notre tirage oscille entre 600 et 3000 exemplaires.
Quelle est-votre technique d’impression ?
Nous travaillons en typographie traditionnelle ce qui donne un plus beau relief.
Parlez-nous un peu de Diane de Bournazel, l’artiste dont nous reproduisons une partie des ouvres composant le livre » La Promenade » ?
Diane de Bournazel dessine, peint, encolle, enlumine… et dit, d’un trait de plume, d’une touche d’encre, les rêves qui, gardant la saveur douce-amère de l’enfance, habitent toutes les saisons de la vie. Chez Bournazel l’élégance, le lyrisme du dessin suffisent à suggérer notre rapport au monde. L’image chez elle est poésie ; elle évoque le chemin menant de l’ombre à la lumière – et du jour à la nuit. Et ainsi, donne une représentation poétique du monde.
Comment qualifiez-vous son style ?
Le travail de Diane de Bournazel pourrait évoquer celui de Paul Klee. Mais c’est un univers bien personnel qu’elle crée sur toiles ou sur ardoises rustiques, et parfois sur du bois de récupération. Indifférente au règne de l’éphémère, elle fait, même sur grands formats, un travail minutieux de miniaturiste :  » J’aime peindre au pinceau à trois poils et à l’huile ; pas d’acrylique, ça manque de sensualité.  » dit-elle. De formation autodidacte, elle a suivi des cours, »en dilettante » dans des écoles d’art en France et en Italie, et beaucoup de travail personnel :  » Je peins huit heures par jour.  » Diane de Bournazel a une passion pour les livres d’artiste: elle découpe, enlumine, assemble avec une patience d’artisan des mots de Robert Desnos, Henri Michaux, Jorge Luis Borges dans de petits ouvrages précieux, qu’elle expose de Paris, à Londres, en passant par Marrakech ou Marseille. Elle est donc très proche de l’esprit d’Al Manar.
Qu’est-ce que la bibliophilie représente pour vous ?
Elle s’exprime pour moi par le souci de créer un livre qui soit aussi un objet. Nous choisissons un papier bouffant avec un gramage de 120 g : c’est une sensation tactile si différente et une qualité d’impression exceptionnelle grâce à la typographie. Pour les tirages de tête nous utilisons de très beaux papiers velin. La bibliophilie moderne a commencé vers la fin du XIXème siècle : nous perpétuons cette tradition du livre d’artiste qui est un instant littéraire autant que plastique.
C’est une passion ou un métier ?
Les deux. Plus fort que tout, il y a la passion des livres. Autant pour leur contenu que leur contenant. La passion de l’art aussi car les peintres portent un regard très particulier sur la littérature et la poésie. Ils l’enrichissent. Poètes et écrivains se répondent et communient, tout comme les cultures dialoguent entre elles. C’est peut être asusi cela la bibliophilie, rassembler plusieurs « créateurs » et témoigner de la beauté du livre en tant que tel, mais aussi du geste créatif qui a présidé à sa naissance.

Infos pratiques

Editions Al Manar
Les livres sont en vente dans certaines librairies, sur Amazon et sur le site de l’éditeur :
www.editmanar.com
Salon de la Bibliophilie contemporaine
Samedi 8 et Dimanche 9 Mai
Lycée Henri IV
23, rue Clovis. 75005 PARIS

par Olivia Phélip, le 07 mai 2010

 

Journal de la Corse, semaine du 18 au 24 mai 2007


L’Hérault, 26/07/2008

Arts et métiers du livre, n° 229 :