Des jours de pleine terre

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Quatrième de couverture

Pierre Perrin déplore, vitupère, loue et console – sans leurrer. Si l’enfance est une fenêtre, que le grand amour confine à la prière, la guerre n’épargne personne. C’est pourquoi, à lire ces pages, la poésie voudrait rester, sinon vitale, au moins vivante.

Description

L’histoire d’une vie se ramène à la quête du bonheur.
Sur ce chemin dépourvu de bornes, chacun se cherche
Au gré des intempéries, trop heureux de ne pas mourir Idiot au hasard des faux pas, tellement vivre reste un art
Dont la clé tient en un mot qu’on se retient de chuchoter.

À chacun d’inventer son balancier, son pas de deux.

Structuré en cinq parties – la naissance, les doutes, les amours, les horreurs, la paix –, ce recueil essaie de conférer un sens à l’existence. En s’attachant à la vie, à l’amour, au monde, par un regard sans concession, Pierre Perrin déplore, vitupère, loue et console – sans leurrer. Si l’enfance est une fenêtre, que le grand amour confine à la prière, la guerre n’épargne personne. C’est pourquoi, à lire ces pages, la poésie voudrait rester, sinon vitale, au moins vivante.

 


 

Pierre PERRIN, Des jours de pleine terre, Al Manar, 2022, 170p., 23 euros. Couverture de Sophie Brassard.

 

Quelle âpreté dans ces poèmes qui de l’enfance à aujourd’hui consignent les blessures et les apprentissages d’un enfant, d’un poète, apte à saisir à pleins mots la violence des apprentissages.

Les images tombent comme des constats cinglants, pas une trace de sentimentalisme ni d’once de complaisance. C’est « l’odeur d’urine », c’est le « saccage », l’enfant « brûle sans feu », c’est « la nuit qui ravale l’orgueil de l’enfant que nul n’écoute ». La mère n’étreint jamais le petit.

Construit en cinq sections – autant d’étapes d’une vie, le livre choisit une écriture qui puisse au mieux traduire les états d’âme, les sentiments, les effusions, toute émotion née dans le flux des jours, en campagne, dans l’usage de la terre et des bêtes, à l’aune des saisons, au rythme des plaisirs, des peines, des découvertes. L’amour y a une place de choix et les nombreux poèmes adressés à l’aimée disent assez cette période faste où la rencontre a renvoyé bien loin derrière les traumas.

L’écriture, en effet, privilégie les poèmes longs, fortement charpentés, aux images lyriques et à la scansion sûre des classiques :

 

Dans l’habitat toujours précaire de l’impossible, il refuse

La défaite. Sans révélation à tenir, contre toute attente,

Sa relecture lui ouvre les yeux et le transporte

De l’insuffisance qui le mine vers le but à atteindre.

(p.53)

 

Elle a le goût d’ouvrir les bras pour susciter la plénitude.

Si son sourire – arc au repos, de rose sur la neige – paraît

Assassiné d’absence quelquefois, un baiser la fait vibrer.

Au chevet, rien ne surpasse le silence ameuté de ses seins.

(p.85)

 

Le quatrain offre au poème une respiration ample, celle de la terre qui mûrit, celle des émotions qui submergent et prennent le temps d’être contées.

 

Le poète, « nourri d’inquiètes certitudes », sait nommer les joies comme les ombres, les « embellies » comme « au secret la solitude ».

Dans cette quête, où l’autobiographie corsetée se fait jour, la recherche de la vérité sur le « qu’est-ce que vivre ? » martèle nombre de passages, puisque les « ruines perdurent, nous versons ».

Avec l’âge, les préoccupations littéraires et la sagesse qui va d’amble, le poète peut servir de longs éloges de la poésie, de sa terre natale, et, référence au fameux livre sur la « mère » tenter d’en finir avec la douleur : « La nuit, parfois, tu viens, désolée, ombre de ton ombre maigre et sèche. / Je souffre encore de n’avoir pas cueilli ton dernier souffle sur mes lèvres », « salut » ultime à la génitrice austère et sévère.

On sort du livre, à la fois ému, retourné par la maîtrise des thèmes et du style – romain par l’exigence et le rythme qui sait si bien scander l’émotion retenue.

Philippe Leuckx

 

Pierre Perrin est un écrivain français, né en 1950. Il a publié des poèmes et des romans. Citons :

« La Vie crépusculaire », « Une mère le cri retenu », « Le modèle » etc.

 

Philippe Leuckx, né en 1955, est un écrivain belge.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Caractéristiques

exemplaire

L'un des 500 ex de l'édition originale

format / papier

16 x 22

isbn

978-2-36426-306-2

nombre de pages

170

parution

Auteur

PERRIN Pierre

Collection

Poésie