Visages vivant au fond de nous

A partir de 17


Le nouveau recueil de Michel Bourçon, accompagné plastiquement par Jean-Gilles Badaire.

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Description

il n’y a pas de panneau indicateur au ciel, mais des oiseaux en uniforme et sifflet tournoyant autour de têtes agitées par la perspective du vide, dans le jour qui se fend d’un sourire pour les cœurs obtenant une remise de peine, les mains au travail rêvant de caresses et les visages demeurant en eux-mêmes, à l’ombre des autres, ouverts sur leur belle assurance dans la lumière.

 

L’un des 30 exemplaires du tirage de tête. En frontispice, une peinture originale de J-G. Badaire,
puis deux autres, en pleine page :

 

 

 

VISAGES VIVANT AU FOND DE NOUS

Ce nouveau recueil de Michel Bourçon me rappelle son écriture au début de son œuvre. Les images et les thèmes reviennent, qui roulent bien sous sa plume. Avec le travail, l’expérience et l’assurance en plus. Il y aurait un premier ensemble, qu’on pourrait qualifier de naturel. Avec en particulier, la présence affirmée des arbres et des oiseaux.les arbres se confessent au vent d’un côté et de l’autre dieu s’empêtre dans les nuages / et les oiseaux boivent à même le ciel… Ce troisième extrait pour lier les uns aux autres : encadrés par la fenêtre / les arbres dans le secret / rêvent de rejoindre les oiseaux… Faisant face à la campagne, un second ensemble, céleste cette fois : une enfilade de nuages / qui dérive mollement / capuchonné la lumière  et il est question aussi d’un ciel d’azur / rêvant de ses nuages… Celui-ci surplombant un troisième ensemble, urbain pour finir. Où l’on retrouve rues, boulevards, réverbères, toits, antennes de télévision et les images magnifiques dont Michel Bourçon a le secret, que j’évoquais au début : la pluie dénoue ses cheveux sur la ville… Ces trois ensembles recensés, l’appellation poète discret, timide reprend toute sa place. Il y a le sentiment de vide, la fatigue, le renoncement, l’errance de l’esprit… et cette fin de poème qui tend à contredire frontalement le titre : tout ce qui est / sans visage encore / et se bouscule / au fond de nous. A noter, ces deux traits qui se renvoient en tout début de recueil et en vers de clôture : l’horizon est un rêve d’abord et enfin à l’horizon rosâtre et estompé qu’on peut lire comme une possible désillusion. Un vers en outre semble apporter un éclairage à cette mélancolie sobre, percée selon les moments et les saisons de courtes euphories : … la silhouette d’un homme vacant. Les corps sont esquissés, dessinés au fusain, pour se fondre dans la nuit qui avance, et les gens vidés de tout contenu peuvent disparaître d’un coup par la même, à tout moment.

Jacques Morin, Décharge n° 184, décembre 2019

Caractéristiques

Dimensions N/A
exemplaire

L'un des 500 ex sur Bouffant de l'édition originale

format / papier

exemplaire courant, L'un des 30 exemplaires du tirage de tête sur Arches, rehaussé de trois peintures originales de Jean-Gilles Badaire.

isbn

978-2-36426-244-7

nombre de pages

80

parution

Auteur

BOURÇON Michel

Artiste

BADAIRE Jean-Gilles

Collection

Bibliophilie

Poésie