Le pain, l’orage

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Il est des orages secs, d’autres qui nous inondent. Tous lèvent comme le pain dans le mûrissement des heures et crèvent. On ne garde pas leur levain qui s’éloigne dans l’air, seulement un souvenir de la fraîcheur, un gonflement de rivière, l’amorce du vent. La chair du pain est la nôtre, que son tourment emporte et apaise.

Couverture et dessins intérieurs : Caroline François-Rubino. Tirage de tête en préparation.

Description

Nous avons dormi dans la satiété du vent. Rien n’est venu à nous qu’un balancement dans les branches des pruniers et l’affolement de l’herbe haute. Celui qui brise les amarres avait séché nos draps et déposé dans le lin brut le poids de ses gifles, un goût d’abîme et de ciel cru. Dans la nuit où chaque voix se révèle nous avons envié puis rejoint cet espace qu’il ouvre dans l’air, lieu de cloisons abattues et de tissu hâlé dont ne reste que la trame. Notre nudité fêtait la sienne. Le matin vint avant la lumière ; les feuilles du tilleul étaient muettes.

Caractéristiques

format / papier

15 x 21

nombre de pages

110

parution

Auteur

DAMON Emmanuel

Artiste

FRANÇOIS-RUBINO Caroline

Collection

Poésie