Cicatrice de l’avant-jour

A partir de 17


L’un des 500 ex de l’édition originale. Couverture et images (quadri) de Marie Alloy.

Tirage de tête : 20 ex sur Arches, tous uniques, rehaussés de peintures hors texte par Marie Alloy.

 

Effacer

Description

Dans la lueur

blafarde

des lampadaires

un scarabée traverse

le temps

la nuit s’assoit

sur le bitume

voilé de feuilles

écarlates

entrouvre ses bras

pour recueillir

les larmes

mon amour où es-tu

Cicatrice de l’Avant-jour est né (pour partie) du bouleversement provoqué par les événements tragiques de novembre 2015 à Paris.

Le tirage courant est illustré de cinq gravures de Marie Alloy, reproduites pour accompagner la poésie de Lydia Padellec dans l’esprit du texte ; chaque exemplaire du tirage de tête est rehaussé de cinq peintures originales hors texte ouvrant les cinq parties du livre. Couverture peinte par l’artiste.

 

 

 

 


 

Cicatrice de l’avant-jour, Jacques Morin, Décharge n° 179, octobre 2018

Il y a tout un entrelacs de thèmes, de pôles et d’axes dans la poésie de Lydia Padellec. D’abord un personnage récurrent, enfant ou petite fille, avec un arrière-goût de mélancolie ; elle peuple chaque page de la maison, dans les chambres / fermées à clef. Ensuite deux éléments se lient tout au long du recueil : la lune et la nuit, qui se chamaillent sans cesse entre ombre et lumière. La nuit verse son obole / dans la gamelle du chien S’ajoute en fond pour achever le triangle, en un bruit sourd et continu, la mer A l’assaut de la lune / tu te prends les pieds / dans le filet de la mer Un insecte également progresse au long du livre, il s’agit d’un scarabée comme un emblème maléfique, avant une métamorphose en méduse. Il y a aussi les engelures de varech et les rides / – rictus du temps -, et des mots hermétiques comme mérules (champignons de maison) ou kanjis (caractères chinois). Enfin après « La nuit du sang », qui rappelle le massacre du Bataclan en novembre 2015, vient « Cicatrice de l’Avant-jour » qui donne le titre à l’ensemble. L’angoisse et l’insomnie devant l’amour perdu dans l’horreur nocturne, et à la fin le poème / brisant le roc / de nos peurs

 

17 €. 96, Bld Maurice Barrès – 92200 Neuilly. Gravures superbes de Marie Alloy.


Cicatrice de l’Avant-jour , Lydia Padellec, Éditions Al Manar, 17 €

Cicatrice de l’Avant-jour est né du vif bouleversement qu’auront provoqué les tragiques et meurtriers attentats du 13 novembre 2015 dans le for intérieur de l’auteure.

Composé de cinq ensembles aux titres marqués par les mots nuitcicatricebrûlure ou cendre au versant inquiétant du sens qu’ils évoquent, le livre rassemble une cinquantaine de poèmes. Écrits sous l’émotion et laissés ici tels des stigmates creusés aux plis du corps, ils sont désormais indélébiles. De très belles gravures de Marie Alloy accompagnent les ensembles comme en un hommage vif, coloré pour certains du rouge d’une émotion douloureuse.

Le livre me semble marqué par une gravité singulière et intime qui s’ajoute à celle impensable des événements meurtriers. Elle focalise chez la poète les inquiétudes et les angoisses qu’auront réveillées la violence et l’horreur dans le surgissement imprévisible de la mort.

Tu graves sur la pierre /l’empreinte de l’insecte / tes peurs d’enfants / prises dans la toile / te hantent encore /…

L’ouvrage est parsemé de nombreuses citations et dédicaces, comme si la poète avait souhaité rassembler l’amitié autour d’elle et rappeler les valeurs essentielles qui guident son existence.

De l’enfance qui s’éloigne dans la proximité d’une grand-mère qui fut aimée et essentielle pour Lydia Padellec, jusqu’à la limite de la mort qui se profile au lointain dans le dernier ensemble, la poète traverse les strates de l’angoisse et cette conscience vive de vivre.

Entre parenthèses / Notre vie s’écoule / Trace des silences / Comme des cercles / dans la cendre. 

Au cœur de sa réflexion elle s’interroge sur le désir profond qui conduit sa vie,

Que cherches-tu / à travers cette nuit étale 

Puis inventorie dans la succession des poèmes les rives de la nuit peuplées parfois des monstres noirs de l’enfance.

…/ la nuit cogne /contre les meubles / tu ne l’entends pas / contre toi elle se glisse / dans les draps froids/…

Un univers onirique se développe alors dans les poèmes témoins de ces moments tourmentés et une mélancolie s’installe qui annexera l’humeur des jours qui suivront ce drame.

La mer écartelée geint / d’une rumeur noire – / 

Il transparaît dans les pages que ces événements furent un véritable choc pour Lydia Padellec. Face à l’horreur, ces attentats entraînent la poète dans une traversée de la solitude. Une inquiétude vive naît aussi pour les proches et l’aimé.

Où es-tu mon amour/ la musique s’est tue/ étouffée par les griffes/ de la bête immonde/…

Le mot amour dans les poèmes de l’ensemble Nuit de sang est repris comme un leitmotiv dans un ressassement qui exprime une angoisse grandissante et la crainte de sa mort.

Avec cette horrible tragédie délimitant les frontières funestes et les valeurs de la vie, quelque chose de grave a surgi qui a changé le monde et l’existence même de la poète, à jamais dans sa chair.

L’hirondelle est partie / Et ne reviendra pas / Son chant s’est éteint / Et l’innocence perdue / Je regarde derrière moi / Le chemin s’est brisé

Hervé Martin, Terre à ciel, nov 2018

Caractéristiques

format / papier

exemplaire courant, tirage de tête sur Arches

isbn

978-2-36426-2232

nombre de pages

80

parution

,

Auteur

PADELLEC Lydia

Artiste

ALLOY Marie

Collection

Bibliophilie

Poésie