{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

LAHBABI

Principales expositions , Critique

Kamal Lahbabi vit et travaille à Paris.


Kamal Lahbabi, à Paris, 2003 (photo Ch. Gorius)

Lahbabi a réalisé des carreaux du 16è siècle (Masséo Abaquesne) pour les musées de France (participe à la restauration des céramiques du Château d’Ecouen, musée de la Renaissance), et créé des collections pour l’usine de céramique “Céramicor” (Oise). Fresques et pièces uniques de commande.


Composition, Galerie Al Manar, 2000

Principales expositions

  • 1967-1974

Beaux Arts - Paris (Architecture)

  • 1982
Exposition à Dallas (USA) ; Exposition “Mehr Licht”, Académie I - Paris
  • 1983
Art Mural en France - Musée du Palais du Luxembourg, Paris
  • 1984
Jeune Peinture - Grand Palais, Paris
  • 1990
Musée des Arts Africains et Océaniens, Paris
  • 1993
Galerie Alif Ba - Casablanca
  • 1994
Galerie Les Orients, Paris
  • 1995
Galerie Nadar, Casablanca
  • 2000

Galerie Al Manar, Casablanca.

  • 2002

Fondation O. Benjelloun "Musée de Marrakech", Marrakech

  • 2005

Galerie "Les Atlassides", Marrakech

Critique

Lahbabi, peintre et céramiste

Certes la céramique est un art pratiqué depuis des siècles en Afrique du Nord. Depuis Volubilis jusqu’aux zelliges de la haute et belle époque, et jusqu’à aujourd’hui, le carrelage a embelli les demeures du Royaume chérifien, et d’ailleurs de tout le Maghreb.

Avec Kamal Lahbabi, architecte devenu maître-céramiste par passion, la donne change : le céramiste n’est plus un artisan reproduisant des motifs quasi immuables, mais un artiste à part entière, qui peint en céramique et de qui chaque pièce est unique. Autant de compositions, autant de tableaux différents. Les créations de Kamal Lahbabi ont cet avantage, par rapport aux travaux sur toile des autres peintres, et aux siens propres, qu’ils dureront bien mille ans — à moins que la maison dans laquelle ils auront été intégrés ne s’écroûle prématurément, ou que des vandales ne les agressent à coup de marteau…

Voici un artiste dont les oeuvres, délicatement figuratives, enchantent le regard et l’esprit : chacune d’entre elles raconte une histoire ; quand elles sont rassemblées, c’est tout un roman qui se déploie sous nos yeux. Ce roman, on le trouvera également, au sens propre, à la galerie Al Manar ; en effet Kamal a eu la bonne idée de traduire de l’arabe et de faire imprimer le texte énigmatique surgi de la poussière d’une ancienne bibliothèque qui lui a inspiré la série de superbes peintures-céramiques rassemblées aujourd’hui. Chacun de ces beaux livres porte, en frontispice, un délicat carrelage sorti des fours de maître Lahbabi, grand restaurateur des palais français de la Renaissance et — souhaitons-le lui — enchanteur des plus belles demeures marocaines. Avec lui, l’antique carrelage retrouve ses lettres de noblesse et redevient création plastique. A part entière.

A. G.


Kamal Lahbabi, à Paris, 2003 (photo Ch. Gorius)

LAHBABI l’alchimiste

Au plus proche des métaphores (la soif de la terre, la cruelle parodie de l’eau qu’est le sable ; le labyrinthe ébauché par l’écriture noyée des dunes, la ville qui, par la réitération d’un motif, unifierait la solitude et la multitude; le voile d’une silhouette et la minéralité des murs ; la couleur, comme une goutte d’eau cristallisée par le feu), le céramiste est ramené, au sens littéral, à même la terre, là où les architectures s’effondrent, se recommencent, rêvées sur des terres planes. Etre toujours plus près du recommencement.

Il y a de l’alchimiste chez Kamal Lahbabi, un alchimiste qui n’en finit pas d’être surpris par une couleur attendue et pourtant prévue, amoureux d’un détail, pris et repris tel un oasis fastueux et illusoire comme si les transmutations se devraient d’être toujours en cours. Souvent une scène familière : un homme attablé, clos dans une solitude tranquille. Il nous arrive de loin, l’émail fermant les porosités de “ volcan éteint ” qui semblent encore nous le confisquer.

Il apparaît, n’en finit pas de nous apparaître, incendie qui se déclare sans se produire, brèves transmutations toujours au bord de sa révélation.

L’attente se fait durée. Temps de l’attente de cette solitude, ou de ce visage féminin que le regard, le parcourant, a l’illusion de recréer, mais que la pellicule de la couleur, comme du temps durci, nous met en demeure de toucher. Qu’un corps nu s’éploie, enracinant une de ses mains à la liane d’une rivière, son espace est la nostalgie qui nous habite ; nous en caressons les parois lisses.

Et de l’espace où nous nous mouvons, Kamal Lahbabi, sur la surface plane, nous livre les reflets de lumière, presque capturée, où miroitent les années nécessaires à nous parvenir, dans l’exil dévoilé, à distance, de la lumière qui nous entoure. Il m’est arrivé de voir un homme, sculpté, oui : à trois dimensions, oui : “sauvé” des métaphores de la terre assoiffée : chapeau sur la tête, tête inclinée, jambes lourdes ; il était là, surpris, échappé, à la dérive, comme en état de lévitation, comme s’il était le siège d’un vent permanent interne, à découvert, avide d’espace et veuf de la terre.

Jean Signoret

L'expo de 2005 aux Atlassides, à Marrakech
(direction artistique : Alain et Christine Gorius)

 

 

 

 

 


Aux Atlassides... mars 2005

 

 

 

 

 

 

 


Kamal, aux Atlassides


Galerie Les Atlassides, mars 2005, vue partielle

Dans les années qui ont suivi, Kamal Lahbabi a eu la chance de ne pas exposer à la galerie Rê, à Marrakech. Il a, en revanche, exposé plusieurs fois en france, et a revêtu les murs du palace Saâdi, à Marrakech, de magnifiques céramiques évoquant, dans le goùt persan, les plaisirs et les jours, les cinq sens et les jeux de la vie et de la société...

Exposition à Stosswihr (Alsace, 2007). De la céramique comme l'un des éléments constitutifs du Land Art...


A droite de l'image, l'uen des multiples céramiques monumentales de Lahbabi décorant le Palace Saâdi, Marrakech (détail)