{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

KARMADI

oeuvres , principales expositions , critique

Abdeslam Karmadi est né le 31 octobre 1965. Il enseigne les arts plastiques à Rabat, et anime l'atelier d'arts plastiques de l'Alliance franco-marocaine de Rabat.

Quelques oeuvres

Principales expositions

1992

Alliance franco-marocaine, Rabat

1993

Alliance franco-marocaine, Rabat ; lauréat de la troisième Rencontre de la jeune peinture organisée par la Fondation WafaBank, Espace WafaBank, Casablanca

1995

Inside - Outside Exposition organisée par le British Council au Complexe culturel Sidi Belyout, Casablanca ; Exposition internationale d'arts ALFAN - L'art contemporain des pays islamiques ou influencés par l'Islam, organisée par le groupe du projet Stoffwechsel de l'université GH Kassel, Allemagne

1997

Galerie de la Cité Internationale des Arts, Paris

2000

"Peintures", Galerie Al Manar, Casablanca.

Critique

à propos du travail de Karmadi

Aujourd'hui la jeune garde marocaine, dont fait partie Karmadi, se fraie un passage vers la notoriété, tandis que ses maîtres sont encore dans tout l'éclat de leur talent.

Voici un peintre de trente-cinq ans à peine, qui enseigne les arts plastiques mais ne se contente pas d'apprendre à la jeunesse à manier les couleurs. Lui-même sait tenir une brosse et il est certainement, parmi la vague montante des jeunes artistes marocains, l'un des rares qui sachent vraiment dessiner, mettre en scène le monde et les corps en donnant à l'un comme aux autres épaisseur et présence tout en sauvegardant leur part de mystère.

Peinture intuitive, allusive, qu'on a connue sombre en ses débuts (Karmadi semble être passé par une période de doute, d'angoisse, d'interrogation ; un univers concentrationnaire a envahi pendant quelques années ses dessins). Aujourd'hui elle s'épanouit en volutes et en chatoiements ; élégante et sensuelle, cette peinture s'inscrit dans la tradition arabe (celle de la symétrie et de l'arabesque, celle des tapis et des tentures) qu'a revisitée Matisse et que le détachement avec lequel Karmadi donne à voir, d'un coup de patte, les êtres et les choses rend très contemporaine.

Une peinture séduisante, dont les couleurs chaudes et la matière douce au regard paraissent pourtant dissimuler une absence, un creux, un vide existentiels dans les formes qui la parcourent, dans ce que les corps ont de massif, dans l'absence de visages de ces têtes réduites à quelques touches. Chez Karmadi les vivants se fondent dans les couleurs de leur décor. Il y a, derrière la séduction de sa manière, de la rudesse dans l'image du monde qu'il met en place.

Cette peinture plait immédiatement, et dérange dans le même temps nos certitudes. C'est bon signe.



A. G