{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

BEN KHAY
oeuvres , principales expositions , critique

Aziz Ben Khay. Ce jeune artiste, ambitieux et volontaire, est autodidacte. Naguère fonctionnaire à Casablanca, il a pratiqué la peinture pendant des années, à ses moments perdus. A partir de 1996 toutefois, son investissement dans la création plastique se fait plus intense. Il commence à exposer en 1998, et fréquente différents artistes, Kacimi notamment, de qui il se sent proche (ses travaux se sont longtemps situés dans le sillage du maître, avant d'affirmer un style propre). Il se consacre aujourd'hui entièrement à la peinture.

L'évidente qualité de son travail laissait présager un développement heureux de ses recherches vers une plus grande originalité. Mais déjà Ben Khay est devenu Ben Khay, un peintre de la matière conciliant vigueur du geste et sensibilité.

Ecoutons-le s'exprimer :

"Je joue, oui je joue à communiquer avec ma société. Toute société a besoin d'écouter, de sentir... mais aussi de voir. Je donne à voir en ajoutant quelque chose d'autre. Je crée ce que l'oeil physique à lui seul ne peut voir. Je rends visible l'invisible.

Ceci n'est aucunement un choix.

Quand j'ai entamé la peinture, c'est là que j'ai senti que j'existais.

L'art est le centre de ma vie. De là, je comprends mal le concept d'avant-gardisme. C'est la critique qui doit juger mon travail. Moi, je veux être un artiste intellectuel, impliqué dans tout ce qui concerne le devenir de ma société ; et non pas un simple artisan. Je veux me sentir capable d'intervenir sur plusieurs espaces et relever le défi de l'ère de l'image."

Quelques oeuvres



Principales expositions

novembre 98 Galerie Cervantès, Tanger; juillet 99 : "Le rite du passage", Complexe culturel Sidi Belyout, Casablanca février 2000 Institut Cervantes, Tétouan; avril 2000 : galerie Al Manar, Casablanca.

Le travail de Ben Khay figure déjà dans d'importantes collections, et notamment dans celle de la Banque Mondiale, à Rabat et Washington.

 

Critique
Aziz Ben Khay, peintre autodidacte, traite la matière avec une autorité surprenante. Ses compositions, claires, lumineuses, zébrées de bleu et maintenant de brun, s'imposent naturellement. Elles suggèrent le silence - mais c'est pour mieux laisser entendre la parole enfouie dans la peinture. La matière chez Ben Khay est présente, épaisse, vibrante : elle retient la lumière dans sa masse. Habitée de signes, elle est maîtrisée par une sensibilité qui refuse l'esbroufe.

Alain GORIUS