{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

TIBOUCHI

expositions , bibliographie

Hamid TIBOUCHI est né en 1951 à Tibane en Algérie. Peintre et poète, il commence à peindre vers l'âge de dix ans et, cinq ans plus tard, à écrire. Études au lycée de Béjaïa, puis à l'École Normale Supérieure d'Alger. D'abord assistant de français en Angleterre, il enseigne un temps l'anglais près d'Alger. Diplômé en arts plastiques de l'Université Paris VIII, il vit et travaille en France depuis 1981. Membre fondateur de l'association " L'Art Chauve " dont la devise est : " Pour un art chauve, c'est-à-dire nu, sans artifices et refusant tout compromis ".

Hamid Tibouchi est sorti de l'enclos. A vrai dire, il n'y est jamais entré. Comme ses aînés Jean Sénac et Kateb Yacine, Tibouchi a mis en place son décor rebelle, son "concile d'amour" et tous ses signes. Paisible, solitaire, solidaire, il vient à notre rencontre avec son théâtre de l'utopie en mots qui dégringolent, en toiles roulées prêtes au voyage...

Alain SIMON


Les expositions

Principales expositions personnelles

1987 Centre culturel Anne Frank, Bagnolet. 1989 " Matières à redire " Centre culturel algérien, Paris. 1992 "Ludographies" Galerie Régine Deschênes, Paris. Dannenberg Gallery, New-York, USA. Ajuntament de Sabadell, Barcelone. 1994 Galerie Christine Marquet de Vasselot. 1995 Art Vue, New-York (Présenté par Anne-Marie Dannenberg). 1997 Chapelle des Pénitents Bleus, La Ciotat. Alliance Française, Sabadell, Espagne. 1998 " Ensemble " Auberge de l'Europe, Le Châtelard, Ferney-Voltaire. 2000 ADEIAO, Maison des Sciences de l'Homme, Paris. 2001 Galerie Regard Sud, Lyon. 2002 Centre culturel algérien, Paris. 2003 Centre d'Art Contemporain d'Hérouville-Saint-Clair. Lagalerie, 75011 Paris. 2004 Espace 89, Villeneuve-La Garenne. " Matières jardinées ", Espace Tristan Bernard, Paris. 2005 " Peindre comme on jardine ", Corderie Royale, Rochefort. " Palimpsestes ", La Tonnellerie de Brouage (17).


Expositions collectives (sélection)

Près de deux cents participations à des expositions de groupes
depuis 1980, notamment :
1985 et 1996 Centre Georges Pompidou, Paris. 1988 à 1997 Salon des Réalités Nouvelles, Paris. 1990 8ème Salon d'Art Contemporain de Bourg-en-Bresse. 1993 Parlement Européen, Strasbourg. 1994 The National Gallery of Fine Arts, Amman, Jordanie. 1998 " Peintres du Signe ", La Courneuve. 2000 Euroceltic Art 2000, Lorient. 5ème Triennale mondiale d'estampes petit format, Chamalières. 2001 " L'art du livre arabe : du manuscrit au livre d'artiste ", Bibliothèque nationale de France, Site Richelieu, Paris. 2002 " 10 ans d'Art Chauve ", Eragny. 2003 " Mère Algérie, couleurs du Sud ", Musée de Gajac, Villeneuve/Lot " Les Méditerranées ", Galerie La Réserve, Paris " Silence(s) ", Espace Paul Rebeyrolle à Eymoutiers. " Regards croisé ", Saint-Denis (93). 2004 " Algérie, peintres d'aujourd'hui ", Espace Cosmopolis,Nantes
Salon Comparaisons, Paris. " Tanaka/Tibouchi ", Galerie Regard Sud, Lyon. " Biennale d'arts plastiques ", Cachan (94) " 60 lions, 60 lieux, 60 artistes ", Lyon. 2005 " Signes et Traces ", La Maison des Écritures, Lyon (69). " Jardin de la mémoire ", Bibliothèque de Saint-Brès (34).


Prix du Public au Salon "Découvertes 94".
Œuvres dans des collections privées et publiques en France et à l'Étranger.
Illustrations pour de nombreux livres et revues, parmi lesquels Lions de l'Atlas, trois nouvelles de Jean-Pierre Millecam, Editions Al Manar, 2005.

Bibliographie

Publications (Poésie)

Mer ouverte, Éditions Caractères, Paris, 1973. Soleil d'herbe, Éditions Chambelland, Paris, 1974. Il manque l'amour, Éditions de l'Orycte, Sour-el-Ghozlane, 1977. Cinq dans tes yeux, sous le pseudonyme de Hamid Targui, Auto-Éditions, 1977 (cadavre exquis avec O. Abdeddaïm, D. Devigne, D. Martinez, M. Medjahed). Le jeune voyageur et le fantôme vieux-jeu, Auto-Éditions, 1978. D'ailleurs, ça ne peut plus durer, Éditions de l'Orycte, Sour-el-Ghozlane, 1978.
Parésie, Éditions de l'Orycte, Paris, 1982. La mer, livre de bibliophilie en collaboration avec Louis-Marie Catta, Adonis et Hassan Massoudy, Atelier Pons pour les lithographies et Atelier de la Cerisaie pour la typographie, Paris, 1991.
Pensées, neige et mimosas, La Tarente, Paris, 1994. Giclures (cinq encres de l'auteur), La Tarente, Paris, 1995.
Herbes rousses, Livre d'artiste en accordéon avec des gravures-monotypes de l'auteur (exemplaire unique), 1999.
Stigmates, La Tarente, Paris, 2001. Un arbre seul, La Tarente, Paris, 2001. Kémia, Le Figuier de Barbarie, Niort, 2002. Nervures, Empreintes & lavis, Rumeurs des Âges, La Rochelle, 2003. Attention fragile, La Tarente, Paris, 2004.
Nervures, Encres de l'auteur, Éditions Autres Temps, Marseille, 2004.

Textes, dessins et peintures dans diverses anthologies ainsi que dans de nombreux périodiques (Esprit, Europe, Alif, Traces, Solaire, Algérie Littérature/Action, Poésie 1, Fanal, Le Journal des Poètes, 25 Mensuel, Athanor, Écriture, La Sape, Bacchanales, Poésie/Première, Horizons Maghrébins, Artension, L'Art Aujourd'hui, Area…).

… Les peintures, dessins et monotypes de Tibouchi nous parlent par signes plus que par images - signes d’une écriture détournée qui quitte la feuille pour habiter les talismans, se couler dans une géologie mouvementée, suivre le cours des rides et des fleuves immémoriaux.Ce sont les signes d’un monde en train de se faire, d’un monde originel et placentaire qui ne s’est pas encore solidifié, qui ne parle pas encore par ses montagnes, ses déserts et ses cours d’eau, mais balbutie par phasmes et messages bactériens.

Dans ce monde des ébats libres du plaisir intense et brut, c’est l’enfance qui orchestre tout, intronisant le ludique.Tibouchi recherche le cri inaugural, les gestes premiers, les gestes gratuits comme de la femme berbère traçant sur ses poteries ces signes d’une profonde familiarité mais dont le sens lui échappe.Il recherche le monde pollinique et abyssal, éden de mucus et d’algues, vert paradis de ceux pour qui l’âge adulte (celui de l’homme et celui du monde) est une irrémédiable défaite…

Tahar DJAOUT

 


L'une des illustrations de Tibouchi pour Lions de l'Atlas, J-P. Millecam, Al Manar 05

 

Loin de tous les poncifs "trompettards", Hamid Tibouchi, poète de la simplicité même (cette simplicité qu'il sait nous rendre si riche et savoureuse), mise beaucoup plus sur le quotidien. Ses courts poèmes se caractérisent par une certaine retenue qui préfère à l'engagement-ballon-de-baudruche l'expression du sentiment essentiel. Il y a dans sa poésie un solstice grésillant.Un jaillissement abyssal que rien ne peut réprimer et qui biffe le ciel d'un large sillon de sel. Il y a surtout ce souffle qui remue les entrailles, ce souffle gros d'une léthargie solaire, ce souffle qu'on ne peut pas définir et qui est la poésie.

Tahar DJAOUT

" Pour Tibouchi tout est signe dans le monde et ce sont tous ces signes, sur lesquels à chaque instant passe le regard, qu'il s'agit d'apprendre à voir dans leur secrète et innombrable beauté. "

Michel-Georges BERNARD (Le Parti pris des Signes, 1987)