{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

IKKEN

oeuvres , expositions personnelles , expositions collectives , critique

Aïssa Ikken, né en 1937 à Khenchela, vit et travaille à Rabat.

Quelques oeuvres


Expositions personnelles

1974

Festival panafricain de la Jeunesse, Tunis ; Galerie La Découverte, Rabat

1976

Galerie de l’Alliance française, Rabat

1978

Galerie La Découverte, Rabat

1979

Participation à la décoration de l’aéroport international de Djeddah

1984

Hôtel Safir, Marrakech

1985

Bab Rouah, Rabat

1993

Bab Rouah, Rabat

1997

Galerie Al Manar, Casablanca.

Expositions collectives

1975

Festival de la Jeunesse arabe, Tripoli

1977

Faculté des Lettres, Fès

1978

Aspects de la peinture marocaine, Marrakech

1979

Aspects de la peinture marocaine, Essaouira

1980

Semaine culturelle marocaine, Tunis ; Manifestation des Oudayas

1981

Le dessin, Yougoslavie

1983

Semaine culturelle marocaine aux Etats-Unis d’Amérique ; Jeux méditerranéens, Casablanca

1985

Jeux panarabes, Casablanca

1991

Exposition-vente au profit du peuple irakien

1992

Association marocaine des Arts plastiques, Bab Rouah, Rabat

Critique

Il y a dans les grands formats d’Aïssa Ikken, comme dans la collection de bijoux qu’il a créée, toute la sérénité d’un univers de signes qui, d’inspiration berbère, tend à l’universalité.Les petits formats quant à eux, dans leur dramatisation, témoignent de la tourmente traversée ces dernières années par l’artiste, que la mort a frôlé — et touché en la personne d’un être cher.Peinture et poésie sont indissociables chez Ikken , un peintre-poète que les vicissitudes de l’existence ont longtemps tenu à l’écart de la scène artistique marocaine.

A. G.

"Quand j’étais enfant j’habitais dans une région de montagnes, mon père me disait des contes et les femmes, après les travaux quotidiens, préparaient la laine dans une pièce tandis que dans l’autre on tissait. Elles chantaient comme chantent toutes les femmes du monde issues d’anciennes civilisations. Dans ce berceau de l’enfance je voyais des dessins sur les tapis et déjà la sensibilité du signe me nourrissait. Les signes berbères ont été mes premières empreintes, ils m’ont donné l’amour du dessin. Tout territoire porte un héritage qui ne meurt pas mais évolue pour donner d’autres héritages. Tout se tient, tout est en un. C’est peut-être le sens de mon œuvre."

Aïssa IKKEN

Aïssa Ikken, le ciseleur

Plusieurs approches sont possibles et méritent d’être tentées, voire approfondies. Car le monde de Aïssa Ikken est fait d’inter-faces, de va-et-vient entre le fantastique sublimé, mais combien maîtrisé, et l’interpellation de la mémoire, de la souvenance.Où trouve-t-on le point de départ, la ligne d’arrivée ?Peut-être nulle part.Sinon dans les zones embrouillées, les pourtours négligemment empreintes, les formes à la fois humano-bestiaires et familières qui semblent nous dire : "Veux-tu me posséder, alors creuse, creuse et creuse ailleurs".

[…]

Il taille, cisèle, agence, sculpte… Il aime façonner, pétrir, sentir ses mains entremêlant les lignes et les reliefs et border ses signes après avoir laissé la mémoire vagabonder à sa guise.

Mohamed LOAKIRA

Ikken : une démarche raisonnée

Ses premières œuvres se nourrissaient de motifs inscrits dans la mémoire visuelle de l’enfance : graphèmes et pictogrammes issus de la culture berbère, disséminés dans l’espace du tableau par un principe de turbulence cosmique ou végétal. […] On pouvait y déchiffrer, dans l’affrontement des signes, une sorte de désarroi du sens.

Aujourd’hui, sa démarche s’est approfondie, entraînant une modification dans la technique de production des formes. Avec le passage du petit au grand format et de l’encre à l’acrylique, les signes identifiables liés à la culture locale se sont dissouts pour renaître sous forme de symboles obscurcis par leur remontée à travers l’inconscient. Cette évolution singulière résulte en fait d’une double opération.

Une opération d’écrasement qui sort le signe de la mémoire d’enfance et le refoule vers les contrées obscures de l’inconscient où il entre en métamorphose.

Une opération de grossissement où le signe défiguré se trouve pris dans une combinatoire nouvelle qui déploie une forme aléatoire pouvant envahir à elle seule l’espace du tableau. Cette forme autonome qui n’est plus signe, au sens propre du terme, mais simplement figure, peut aussi constituer avec d’autres un territoire où le polymorphisme est contraint par une distribution géométrique : cercle, spirale, damier, souvent perturbée elle-même par les flux de la couleur. Parfois les figures se trouvent organisées selon une scénographie zoomorphe ou anthropomorphe où l’on voit surgir un monstre en profil ou un titan dans un déferlement de signes régressant jusqu’à l’indice.

Marc GONTARD