{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

EL ALJ

expositions personnelles , expositions collectives , critique

Meryem El Alj, née en 1964 à Rabat, vit et travaille à Casablanca.

1983 : Diplôme de l'Ecole Nationale des Beaux Arts de Tétouan

1983 : Certificat d'Art visuel de l'Etat de New York

1986 : Diplôme National Supérieur d'Expression Plastique (DNSEP), Ecole de Nîmes, France.

Expositions personnelles

1986

Galerie "B" de l'Ecole de Nîmes

1988

Centre culturel, Tan-Tan

1992

Centre culturel de Ben M'sik, Casablanca

1994

Galerie Al Wacetey

1996

Galerie Bab Rouah, Rabat

1997

Institut français, Tétouan

1998

Galerie Al Manar, Casablanca

Expositions collectives

1981
Bibliothèque espagnole, Tanger
1983
Galerie Bab Rouah, Rabat
1985
Boulv'art, Nîmes ; Exposition maghrébine, Marseille ; Vision du Maghreb, Montpellier
1986
Boulv'art, Nîmes ; Trois de Nîmes, Hôtel particulier de Bernis
1997
Galerie Bab Rouah, Rabat ; Rencontre interarabe et méditerranéenne, Bab Kebir, Rabat ; La jeune peinture marocaine, Institut français, Rabat ; Moussem d'Asilah ; Galerie Ibn Khaldoun, Tunis, Tunisie
1998
Peintres du Maroc, L'Atelier, Busigny, Le Furet du Nord, Lille (France)

Critique

Meryem El Alj vue par… Fouad Bellamine

En ces temps où le nombre de pseudo peintres ne cesse de croître, où une peinture figurative de bon aloi envahit notre paysage pictural, Meryem El Alj arrive par la grande porte pour nous assurer qu’une relève dynamique et prometteuse existe bien au Maroc.

Riche de ses acquis à l’Ecole des Beaux Arts de Nîmes auprès d’artistes professeurs comme Alain Clément ou Claude Viallat, notre jeune artiste étonne déjà par le nombre de peintures qu’elle a exécutées depuis son retour au Maroc.

C’est avec une délectation sans pareille qu’elle s’empare de l’acte de peindre pour se mesurer au vide de grandes toiles et au questionnement que la peinture pose en cette fin de siècle.

Les toiles de Meryem El Alj s’organisent en grands pans de couleurs, fragments d’un espace universel où apparaît une silhouette à peine reconnaissable, palimpseste dont seule l’artiste a le secret et que sa mémoire fait resurgir de son passé pour le refouler sous des recouvrements de couches transparentes de peinture.

Meryem El Alj élabore, lentement, prudemment même, avec un souci constant de cette apparente contradiction, entre le visible et l’invisible, entre le signe et l’espace, un univers personnel tumultueux et fragile.

Fouad Bellamine

Meryem El Alj ou la liberté des grands espaces

Avec Meryem El Alj, nous assistons avec étonnement à ce que l’on pourrait appeler en langage des arts plastiques les "nouvelles réalités" de la peinture marocaine moderne. (…) Les toiles de Meryem El Alj s’organisent en grands pans de couleurs, fragments d’un espace universel où une silhouette à peine reconnaissable, palimpseste dont seule l’artiste a le secret et que sa mémoire fait ressurgir de son passé pour le refouler sous des recouvrements de couches transparentes de peinture. (…)

Hassan Megri, Le Matin du Sahara, nov.1996

El Alj la sacrificatrice

(…) Une forme obsédante et récurrente habite toutes les toiles de cette artiste ; une sorte d’hécatombe : libations à quelque divinité, immense geste sacrificiel.Quand on interroge l’artiste, elle répond que cette forme s’est imposée à elle et qu’elle ne veut pas encore la quitter, "et tant qu’elle s’accroche, je n’y peux rien !", dit-elle d’un air mi-espiègle, mi-désolé.

Deux agneaux écorchés, et dans notre mémoire collective c’est la strate matrice de notre affectivité qu’ils interrogent.Jamais exhibés, tout juste suggérés, recouverts d’une peinture vive, riche et bien composée.Nous savons — et là toute la création marocaine se love — que l’étude et la fréquentation de la forme en fève de Viallat, son professeur, sont redistribuées, mais arrimées au sacré, qu’elle a reçu dès les premiers balbutiements.Cherkaoui, Melehi, Belkahia ont montré la voie, chacun à sa manière.

A Meryem El Alj, avec le peu de légitimité que nous nous octroyons, nous souhaitons la bienvenue dans le cercle exigeant de l’art contemporain marocain.

Azzouz Tnifass, Le Temps du Maroc, nov.1996

Un regard neuf sur l’abstrait

A l’actif de Meryem El Alj, d’abord, sa jeunesse et sa disposition à progresser et à accompagner les développements qui s’opèrent sans cesse dans le monde de la peinture abstraite à travers le monde.Et puisque la valeur n’attend pas le nombre des années, tous ceux qui ont approché ses œuvres affirment qu’ils ont été agréablement surpris."Cette jeune femme exprime assurément un talent précoce.Un imaginaire fertile qui ne tardera pas à s’approfondir, à se développer.Une capacité d’anticipation par des outils peu compréhensibles, et de fascination par des moyens peu orthodoxes." Pour paraphraser encore Fouad Bellamine, disons que ses toiles sont des infinités d’objets voilés non identifiés.Des ovnis sous forme de couches de peinture qui se chevauchent et se superposent pour aller constamment et régulièrement vers l’infini..(…) Des toiles, des voiles, une étoile qui montent. Meryem El Alj a de quoi séduire.Et épater.

O.A., La Gazette du Maroc, avril 1998

L’infinité des voiles d’une œuvre habitée

(…) Toute la démarche de Meryem El Alj consiste en ce travail par couches de peinture qui se superposent, ou plutôt se recouvrent, s’enveloppent.Voiles de transparences frémissant au vent d’un "univers personnel tumultueux et fragile", selon le regard du peintre Fouad Bellamine, un espace qui absorbe "toutes les formes qui flottent dans mon univers", dit Meryem El Alj."Une confrontation de matières, poursuit-elle, qui suscite un mouvement ouvrant une perspective, une profondeur.La dernière couche qui semble s’en aller flotte à l’infini." C’est la toile qui arrête l’acte de peindre, autrement Meryem El Alj pourrait continuer indéfiniment ; c’est pourquoi sa peinture elle-même brise ces frontières, multipliant ces voiles, fougueuse par la vivacité des couleurs qu’elle confronte.En fait, toutes ces toiles ne sont que les parties d’un tout qui ne cesse de grandir dans son imaginaire.Pour cette jeune artiste dont les aînés estiment qu’elle fait partie de ceux qui peuvent donner un nouveau souffle à la peinture marocaine, sa peinture à elle est une grande œuvre, entière dans son esprit, qui s’enfante par fragments, voilée.

Bouchra Lahbabi, Le Matin du Sahara, avril 1998