Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

 

Nos expos à Marrakech, novembre 2006 - décembre 2007

Ouazzani : novembre- décembre 2006

Pignon : décembre 2006 - janvier 2007

Bouhchichi : février - mars 2007

Bournazel : avril - mai 2007

Maoual : mai - juin 2007

Nord-Sud : exposition collective, été 2007, du 5 juillet au 15 octobre

Benbouchta : novembre - décembre 2007

La Parole peinte : décembre 2007 - février 2008

OUAZZANI 2006

 

"Oeuvres récentes"

 

du 10 novembre au 24 décembre 2006


On sait qu'il existe depuis plusieurs années dans le nord du Maroc (Tanger, Tétouan) une école, au moins un groupe, de peinture figurative rassemblant un certain nombre d'artistes qui travaillent, histoire oblige, dans la mouvance de l'académisme espagnol. Mais il y a aussi, dans cette région, un peintre dont le travail transcende toutes les influences reçues. Un peintre à propos de qui la notion de frontière, et même d'origine géographique, n'a vraiment aucun sens : il s'agit bien sûr d'Abdelkrim Ouazzani, dont l'influence ne cesse de grandir au Maroc - il dirige d'ailleurs, depuis plusieurs années, l'Ecole des Beaux-Arts de Tétouan. Sa peinture, et sa sculpture (parfaitement inséparables, et parfaitement originales), échappent aux classifications de routine, comme l'esprit d'enfance dont elles se réclament, dans le libre jaillissement de sa fantaisie.

Ouazzani dit souvent que sa sculpture est une peinture en trois dimensions, car il recouvre ses structures métalliques de toile, qu'il peint : tableaux-sculptures, toiles-volumes, œuvres dans lesquelles le volume complète la matière : aucun autre plasticien ne s'est aventuré aussi loin, au Maroc, dans cette direction.

L'exposition que présente la galerie Rê, Marrakech (jusqu'au 24 décembre) rassemble toiles sur châssis et peintures-sculptures, et un mobile. La fantaisie, la créativité sans brides de Ouazzani se retrouvent toutes dans l'espace du tableau. Voilà une peinture avec laquelle on aura du plaisir à vivre, avec laquelle on pourra jouer, sentir, participer, comme a pu le dire Clara Minet. Une peinture libre, poétique et gaie. Et qui augure bien des expositions à venir à la galerie Rê - laquelle conjugue l'expérience de deux galeries, chacune exemplaire en son temps, Al Manar, de Casablanca, et Tadghart, de Marrakech.

Alain GORIUS


PORTRAIT

Ouazzani pourrait annoncer que tels de ses oiseaux ou totems relèvent de l'autoportrait ! […] Mais au-delà de ces ressemblances toutes "physiques", les compositions d'Ouazzani ont encore sa simplicité, sa fantaisie, sa joie de vivre et parfois sa gravité. Souvent encore, elles ont ce mystère qu'il laisse ressentir malgré sa clarté. Le propre de l'enfance, mot qui revient toujours dans les propos de ce plasticien, serait la générosité, et en cela Ouazzani est prodigue : il parle de lui et de son travail avec prolixité, sans jamais sombrer dans le nombrilisme ni dans un didactisme de mauvais aloi, mais toujours en ponctuant son discours de cette poésie si singulière que son œuvre dégage elle aussi, comme un partage impossible à refuser.

Ph. GUIGUET-BOLOGNE

OUAZZANI : L'ART, ET LE PLAISIR…


Ouazzani crée un art pour jouer, sentir, participer. Un art à partir duquel le public peut jouir du plaisir de retrouver enfin les sentiments encore intacts, non manipulés, de son enfance.

J. Clara MINET

OUAZZANI vu par… KACIMI


Ouazzani est un artiste contemporain qui interroge les possibilités d'une écriture spatiale, intemporelle. Une rêverie. Il théâtralise des figures qui sont prêtes à jouer un rôle dans le jardin du regard, un rite de transfiguration, jeu réinventé comme poésie qui se déploie, évolue, s'écrit, dans un mouvement giratoire qui revient sans cesse à son propre centre comme point d'appui ou de référence.
Un centre à la recherche de son équilibre.

Les sculptures de Ouazzani sont sans fardeau. Elles se désaxent, se reconstruisent pour retrouver le geste initial, elles sont des ombres portées, une métaphore de la transparence ayant une existence fragile ; écriture aux gestes qui se perdent.
Le travail de Ouazzani se fait presque par une loi naturelle. Il utilise le principe d'un rythme vacillant, combinatoire, mouvement fondamental, variation autour d'un lexique simple, mais combien essentiel et poétique, qui se reproduit selon des schémas obsessionnels, une infinité de gestes, d'inventions.
La roue/cercle qui revient comme élément autour duquel se structurent des lignes, des formes, des volumes. Les sculptures de Ouazzani ont ce quelque chose d'humain, de fragile, elles sont presque transparentes. Elles prennent le caractère d'un arc-en-ciel, d'une trace.
La présence du corps, les approches d'une matérialité qui s'inscrit dans l'histoire de l'homme et de la dérision.

Mohammed KACIMI


LA PEINTURE, LA POESIE

" Ceci est la couleur de mes rêves ", disait Miro à propos de ses tableaux. La formule pourrait s'appliquer également aux compositions de Ouazzani, tant son univers formel nous ramène aux marges de l'enfance et de l'inconscient. Ici, la peinture n'est pas seulement une technique : elle est aussi une représentation du monde contenant à la fois un sujet, la réalité extérieure, le psychisme de l'artiste et les désirs inconscients du récepteur. On aboutit ainsi à un univers topologique et onirique où l'espace et les formes sont perçus du dedans, depuis un esprit supposé vierge.

Cependant il est un paradoxe que l'on aimerait ici défendre : Ouazzani est un " classique qui s'ignore " et perpétue la tradition du classicisme dans le champ de la modernité. Classique par l'importance qu'il attache à la ligne : sa " manière " est linéaire. La ligne est une frontière qui délimite nettement la forme de l'espace pictural qui l'entoure. Classique par la stabilité de ses compositions : la netteté du contour et le rappel d'un même élément y contribuent. Classique par sa conception du monde : il recherche l'essence des choses et n'en retient qu'une structure abstraite. Ce faisant, il nous rappelle que la peinture est cosa mentale. On s'éloigne donc de la naïveté affichée et on prend subitement conscience qu'il s'agit d'une naïveté cultivée. Ne nous y trompons pas : n'est pas naïf qui veut. La sensibilité première de l'artiste est ici dépassée par le savoir et une pratique assidue qui l'incitent à rechercher une forme idéale. Les formes sont d'autant plus signifiantes d'un point de vue poétique qu'elles traduisent l'essence des choses.

Ainsi, sous des allures " bon enfant ", la peinture de Ouazzani nous rappelle les méandres du processus créatif. La profondeur n'implique pas forcément le pensum. Encore plus dur est de l'exprimer avec légèreté et de la dépasser par la poésie. Le pari est réussi : l'artiste nous comble de sa grâce sereine et optimiste.


Yvon LE BRAS



Abdelkrim Ouazzani, Tétouan, 2006

10 novembre 2006

 


Ouazzani installe...


...et tout de suite le public se bouscule, faisant de cette expo un vrai succès.


Artistes-peintres, gens de lettres et amateurs d'art ont trouvé le chemin d'un lieu qui leur sera, un temps, familier...
Ici, A. Khatibi et T. Kantour.


Khatibi, qui a frayé tous les chemins de la création littéraire, n'avait guère encore pratiqué la photographie...
C'est maintenant chose faite. Dans son objectif, F. Belkahia et A. Gorius.


Ouazzani, photographe...


M'bark Bouhchichi, Alain Gorius, une amie, devant le coin des livres...


Mahi Binebine, toujours très entouré...


Henri-Michel Boccara et M. Orsel conversent...


Trois heures plus tard. Happy end.

Sébastien Pignon

 

Les larmes de Schéhérazade

exposition du 28 décembre au 4 février 2007

Des œuvres de Sébastien Pignon, c'est peu dire qu'elle sont saisissantes : ce peintre à la forte personnalité, anticonformiste par nature et par passion, fuit la peinture dès qu'elle touche au décoratif. Depuis son premier recueil de dessins, Devant-derrière, érotique comme il convient, fort, aux antipodes de la pornographie, jusqu'à ses expositions récentes de " Pisseurs " et de " Pendus ", Pignon traite bien du " Moment actuel "… Le regard qu'il porte sur ses contemporains est acide, sans complaisance ; avouons que l'époque n'est pas toujours reluisante. On pense à Bacon - pour le traitement libre de la figuration, la précision du trait, l'intérêt porté à ce que la norme écarte. Que l'on ne s'attende donc à rien de " joli " dans cette exposition de la galerie Rê : dans cet Orient imaginaire d'une Shéhérazade assistant impuissante au spectacle de notre temps il n'y a pas de place pour l'orientalisme. D'étranges scènes reflétées/contenues dans les larmes du personnage éponyme forment une sorte de condensé de violence ; violence dont Les mille et Une nuits ne sont évidemment pas exemptes… Une exposition attachante, révélant au Maroc un artiste hors norme, dessinateur incisif, coloriste par nature, peintre parce qu'il faut bien démonter les apparences pour pouvoir comprendre et montrer l'humain. Trop humain.

Alain GORIUS

Sébastien Pignon est né en 1972. Il vit et travaille à Paris, et expose pour la première fois à Marrakech. (On a pu voir certaines de ses encres et de ses aquarelles au dernier Salon du Livre de Tanger, et plusieurs de ses livres d'artiste à la galerie Delacroix (Tanger, février 06, L'art et le livre).
1988-90 : Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.
2005-2006 : Séjourne un an à la Villa Medicis, Rome.


Les larmes de Schéhérazade (détail) ; huile sur toile


Les larmes de Schéhérazade 2 (détail)


Attachés, encre de chine, 50 x 65 cm


Attachés, encre de chine, 50 x 65 cm (ensemble de douze dessins, vendus séparément)


Attachés, encre de chine, 50 x 65 cm


S. Pignon installe son expo ...


Passage sur 2M...


Interview 2M, quelques minutes avant le vernissage.


Rencontre S. Pignon - H-M. Boccara, de qui nous venons de publier Tunis-Goulette-Marsa, illustré par Pignon.


H-M. Boccara signe pour Mme Lartigue.


Ph. Schmitt-Kummerlee, de qui paraîtra bientôt, chez Al Manar, Max Jacob et ses amis à l'hôtel Nollet...


Hamid Triki, historien, amateur d'art... L'une des voix essentielles du Maroc contemporain.


On reconnaît, à l'arrière-plan, Brigitte Roux (Monum).


Le coin des livres... Et les six aquarelles de Pignon figurant dans cette expo.


M. Benoît Yvert, directeur du CNL, et Madame, devant les livres d'Al Manar.


M. et Mme de Barros-Conti ; Christine Gorius von Kant...

M'barkBOUHCHICHI

 

Travaux récents

exposition du 17 février au 21 mars 2007


Sans titre, technique mixte sur toile, 120 x 100, 2006

 

Il fut un temps, pas si lointain, où l'on se posait la question de savoir si dans la peinture contemporaine marocaine la relève serait assurée : après les grands aînés, Belkahia, Kacimi, Bellamine, et la seconde génération qui les a suivis, Kantour, Nabili, Binebine..., quelques autres encore, que nous réserverait l'avenir ? L'élan semblait arrêté ; peu de jeunes talents émergeaient vraiment... Aujourd'hui la question ne se pose plus. Bouhchichi, surgi du fond d'une province saharienne, atteint d'emblée cette maîtrise de la composition et du geste qui définit la grande peinture. A trente ans, et après quelques expositions seulement, ce peintre témoigne d'un métier et d'une imagination plastique qui laissent entrevoir une belle carrière. La galerie Rê, à Marrakech, ne s'y est pas trompée, qui expose aujourd'hui son travail le plus récent. Tous les formats y sont rassemblés, jusqu'aux compositions monumentales - plusieurs diptyques et quadriptyques, immenses, irradient aux cimaises de la galerie. Couleurs assourdies, chaudes, où dominent les transparences de violet, de gris, de vert, en apesanteur semble-t-il, tant les formes investissent naturellement l'espace de la toile. Les compositions sont décalées, centrées dans la partie supérieure du tableau, et laissent presque vide et blanche la partie inférieure de l'œuvre. Espace propice à la rêverie... Rothko, Nicolas de Staël furent ses intercesseurs dans le monde de la peinture. Aujourd'hui Bouhchichi invente un monde bien à lui : il y a dans sa démarche artistique de la cohérence, et un véritable univers intérieur. " Chaque artiste, déclare M'barek Bouhchichi, a deux parts : la sienne propre, et une autre ouverte au partage et aux interprétations. " Voilà une peinture, abstraite, qui enfin de nouveau parle. Avec Bouhchichi s'ouvrent de nouveaux horizons.

Alain GORIUS


Diptyque 02, 200 x 120 cm, 2006

M'barek Bouhchichi, né en 1975 à Akka, vit et travaille à Tiznit
et Paris.


P. Fayne et Ch. Gorius, encadrés par les Barros-Conti


M. et Mme Lartigue


Le peintre et l'une de ses admiratrices


Pendant ce temps, à l'extérieur, on fume...


Et la jeunesse, imperturbable, continue sa lecture de Coeur à coeur...


La fête du vernissage bat son plein... S. Wade félicite l'artiste...

Diane de BOURNAZEL

 

Travaux récents

 


Sans titre, technique mixte sur papier et écorce (détail)

 

exposition du 20 avril au 17 mai 2007

 

Une exposition de Diane de Bournazel est toujours un moment de bonheur. Cette artiste vient de France : elle dessine, peint, encolle, enlumine… et dit, d'un trait de plume, d'une touche d'encre, les rêves qui, gardant la saveur douce-amère de l'enfance, habitent toutes les saisons de la vie. Chez Bournazel l'élégance, le lyrisme du dessin suffisent à suggérer notre rapport au monde. L'image chez elle est poésie ; elle évoque le chemin menant de l'ombre à la lumière - et du jour à la nuit. Et ainsi, donne une représentation poétique du monde.

Alain GORIUS


Sans titre, huile sur toile, 130 x 100 cm

Le travail de Diane de Bournazel pourrait évoquer celui de Paul Klee. Mais c'est un univers bien personnel qu'elle crée sur toiles ou sur ardoises rustiques, et parfois sur du bois de récupération. Indifférente au règne de l'éphémère, elle fait, même sur grands formats, un travail minutieux de miniaturiste : " J'aime peindre au pinceau à trois poils et à l'huile ; pas d'acrylique, ça manque de sensualité. " " A sept ans, dit-elle, je savais déjà que je serais peintre. " Formation autodidacte, cours en dilettante dans des écoles d'art en France et en Italie, et beaucoup de travail personnel : " Je peins huit heures par jour. " Diane de Bournazel a une passion pour les livres d'artiste : elle découpe, enlumine, assemble avec une patience d'artisan des mots de Robert Desnos, Henri Michaux, Jorge Luis Borges dans des petits ouvrages précieux, qu'elle expose à Paris, Marseille, Londres et, aujourd'hui, Marrakech.

G. CHÄTAIN et Hélène POMMIER


Sans titre, technique mixte sur papier

 

Bournazel, ou l'envol des oiseaux


" Monde du rêve, d'un Orient et d'une enfance, de l'étrange et du simple, tapis de prière et de décor, entre aventure et illusion, arabesque et apparition " (Jan Laurens Siesling)
Diane de Bournazel dessine et peint depuis l'enfance, depuis toujours, d'élégantes miniatures, paysages avec des maisons-champignons aux paupières baissées ou aux yeux bien ouverts, habités d'une multitude de visages, de personnages suspendus entre ciel et terre, d'animaux, petits et grands, tous égaux - le papillon est aussi grand que le loup - qui vivent dans une nature amie : l'arbre (l'arbre cosmique) abrite les chagrins comme les joies, il suit du regard et de la main la feuille qui se détache de lui et chante l'envol de tous ses oiseaux au soleil ou à la lune, nos frère et soeur lumineux. Le monde est un, pacifié. Le chat et l'oiseau entretiennent des relations de bon voisinage. Les fleurs jalonnent le chemin, penchés vers les humains de toute leur bonté.
On retrouve dans son œuvre la douceur des contes - cruels - qui ont accompagné notre découverte du monde, et des comptines qui nous ont bercés.
Le monde de Diane de Bournazel, c'est comme une tapisserie, des bannières au vent, dont chaque centimètre est décoré. Il faut remplir l'espace de toutes ses forces vives, de toute son énergie, car le vide c'est la solitude, la mort. La pointe fine de sa plume, trempée dans l'encre de Chine ou la peinture, court infatigable, gracieuse et légère, précise, ne laissant aucun vide sur la toile, le carton ou le papier
Cet espace, elle le clôt, de frises rituelles - mais elle y ouvre des fenêtres, pour que s'envolent des mots échappés de notre mémoire.


Sans titre, technique mixte sur papier


Puis elle prend son pinceau, un pinceau fin, et applique la couleur : aquarelle, huile, gouache, acrylique, selon la nécessité du dessin.
Les couleurs se marient harmonieusement, gris bleu ardoise et beige, le gris de la mélancolie, des brumes légères ou épaisses, le bleu céleste dans tous ses états, avec les variations des nuages, le rouge rose framboise, l'ocre jaune, le roux, la terre de sienne, des couleurs douces et rassurantes. Rêve et réalité se fondent.
Finesse, attention à chacun, à chaque détail, sensibilité et poésie, lyrisme délicat, caractérisent son travail, travail de brodeuse au sens où dans certaines cultures la brodeuse est considérée comme une magicienne.
Diane de Bournazel est un peintre rare, dont l'œuvre, comme toute grande œuvre, recèle des temporalités différentes, contenant l'éternel passé du présent : elle raconte notre éternelle histoire, la même depuis l'origine, qui existait déjà avant l'écriture, pour la restituer au futur en la dessinant et la peignant de façon délicate, à sa manière singulière et avec le perfectionnement des techniques actuelles.

P-M. DUQUESNOY


Sans titre, technique mixte sur papier



Parcours

Diane de Bournazel expose régulièrement en France, en Belgique, à Londres. Ses livres d'artiste figurent dans de nombreuses collections publiques et privées à travers le monde.



Sans titre, technique mixte sur papier


Sans titre, technique mixte sur papier


Diane de B., dans ses oeuvres...

Le vernissage

Beaucoup de monde -et du meilleur - à la galerie le soir du vernissage de Diane de Bournazel. Bournazel, Bournazel... ce nom n'est pas inconnu au Maroc. Il y a même un quartier Bournazel à Casablanca... Mais c'est la peinture de Diane qui aimante la foule. Peinture d'une grande finesse, élégante à l'extrême, rêveuse, romantique dans ses grands formats sur toile, rappelant l'enluminure médiévale et les compositions de la Renaissance dans ses petits formats sur papier... Un monde s'ouvre devant notre public émerveillé.

 



De jolies visiteuses arrivées de Paris pour le vernissage...

Le coin des livres...
Suite de l'expo, à l'étage...

BouchaïbMaoual

 

Tatouages multiples

Travaux récents

exposition du 18 mai au 1er juillet 2007


Le marathonien, technique mixte sur toile, 80 x 80 cm, 2007

Maoual, peintre et graveur, natif d'Essaouira, vit à Marseille depuis bientôt trente ans. Depuis trois ans il revient au Maroc. Il a, là-bas, travaillé, bâti une réputation, une carrière. On découvre, ici, maintenant, un travail authentique. Il n'y a que deux graveurs / plasticiens de cette force au Maroc : l'un s'appelle Tibari Kantour ; l'autre, Bouchaïb Maoual. L'un comme l'autre renouvellent les techniques et les fins de leur art, en travaillant dans les marges de la peinture et de la gravure. La réputation de Kantour n'est plus à faire ; celle de Maoual, apprécié dans le sud de la France, s'affirme au Maroc. Sa production est inventive, au carrefour de plusieurs techniques (peinture, gravure, sculpture ; recours aux matériaux de récupération), et aux confins de la tradition artistique africaine et de l'art contemporain occidental.Ce travail est à découvrir, ou à redécouvrir, bien présent aux cimaises de la galerie Rê. Maoual est en relation profonde avec la terre africaine, ses mythes, ses couleurs, sa puissance onirique. Voilà pourquoi sans doute ses symboles, ses images, ses tatouages, dans leur unité et leur multiplicité, ne peuvent laisser indifférent.


Alain GORIUS

Le vernissage

 


Jean-Denis Dupuy, son épouse, ses filles, avec Christine G.

Et la fête continue !... Bonne chance, M. Maoual.

 

Exposition collective d'été, 2007

Nord-Sud : le Maroc en mouvement

 

du 5 juillet au 15 septembre

Onze peintres marocains - d'eux d'entre eux vivent et travaillent en France ; l'un est décédé, et demeure parmi les plus grands -, cinq français, un algérien : une exposition témoignant des choix de la galerie Rê dans la voie de l'art contemporain. Sans exclusive - si ce n'est le parti-pris de l'exigence ; sans éclectisme ni complaisance : Peinture, peinture. Et quelques sculptures.


Mohammed Azouzi

Né à Casablanca vers 1946 ; vit et travaille à Paris depuis 1970.

(…) On avait eu raison de miser sur Azouzi. Déjà il tient ses promesses. Loin de le stériliser, l'enseignement occidental (encore fallait-il tomber sur de bons maîtres) lui a fait pleinement prendre conscience de ses origines, l'a poussé à les revendiquer. Peut-on traiter d'abstraites ses compositions où les symboles, voire les caractères arabes, consciemment sollicités, s'incarnent en des harmonies colorées chaudes et subtiles ? Des ardeurs rougeoyantes aux délicatesses de la grisaille.

Jean-Marie DUNOYER, Le Monde

Sybille Baltzer

Née en1973 à Paris, France. Vit et travaille à Londres. Diplômée de la Slade School of Fine Art, a notamment exposé au Centro de Arte Moderno, à Madrid, et à la Galerie Parvi, à Paris. Nombreuses expositions de groupe en Angleterre et en France, depuis 1995.

"La notion de fond est capitale dans ces tableaux. Comment les choses peuvent s’élever du, disparaître dans, ou être recouvertes par le fond, devient, au dela de la composition physique du tableau et de la matière mouvante plutôt que « solide », une analogie urbaine, architecturale, philosophique. Dans un sens, c’est un écran qui permet aux choses de passer au travers et, momentanément, de se réaliser. "

David Ryan

Claude Bellegarde

Né en 1925 à Paris ; vit et travaille à Paris.


"Bellegarde est sans doute l'un des derniers coloristes, dans le sens, véritablement philosophique du mot et de l'expression..."

Pierre Restany, Paris, janvier 2003

"Bellegarde est avant tout un artiste, un chercheur, un explorateur des limites entre la vie et l'art, la peinture et les autres arts (la musique en particulier), l'art et la technique, la technique et ses virtualités formelles et sensitives."

Abdelkébir Khatibi

Amina Benbouchta

Amina Benbouchta, née en décembre 1963, vit et travaille à Casablanca. Elle expose depuis 1986.

Benbouchta peint, sur toile et sur papier, un monde allusif. Elle privilégie la recherche de l'empreinte, de la trace, de tout ce qui demeure invisible au regard superficiel et parle à qui sait le voir et l'entendre.

"Plusieurs moments picturaux rapprochent le travail de A. Benbouchta de celui de Bellamine. Tout d'abord, ces émergences lumineuses dans l'opacité que la toile s'offre à elle-même. Ensuite une certaine obsession de l'épuration de la couleur par un travail infatigable sur la surface qu'offre la scène finale du tableau. Et qui dit scène dit mise en scène de ce qui dans l'oeuvre s'offre doublement à la lecture voyante, à savoir le signe objectal (formes qui invitent à une symbolisation de l'espace du tableau par le regard) ainsi que par l'ouverture de ce même espace à une certaine présence voilée du sens."

Farid ZAHI

M'barek Bouhchichi

Né en 1975 à Akka (Maroc) ; vit et travaille au Maroc et en France.

Aujourd'hui Bouhchichi invente un monde bien à lui : il y a dans sa démarche artistique de la cohérence, et un véritable univers intérieur. " Chaque artiste, déclare M'barek Bouhchichi, a deux parts : la sienne propre, et une autre ouverte au partage et aux interprétations. " Voilà une peinture, abstraite, qui enfin de nouveau parle. Avec Bouhchichi s'ouvrent de nouveaux horizons.

A. G

Diane de Bournazel

Diane de Bournazel naît en 1956. Après une jeunesse parisienne et toulousaine, elle s'installe à Brive-la-Gaillarde et à Marliac, puis, en 2007, à Limoges. Elle expose pour la première fois à Marrakech en avril 2007.

Bournazel dessine, peint, encolle, enlumine… et dit, d'un trait de plume, d'une touche d'encre, les rêves qui, gardant la saveur douce-amère de l'enfance, habitent toutes les saisons de la vie. Chez Bournazel l'élégance, le lyrisme du dessin suffisent à suggérer notre rapport au monde. L'image chez elle est poésie ; elle évoque le chemin menant de l'ombre à la lumière - et du jour à la nuit.

A. G

Ahmed Hajoubi

Né à Guercif en 1972 ; vit et travaille à Rabat. Après l'Ecole des Beaux-Arts de Tetouan, Hajoubi est devenu directeur artistique d'une Agence de communication à Rabat. Nombreuses expositions au Maroc depuis 1993.

Mohammed Kacimi

Né à Meknès en 1942 ; décédé en 2003. L'un des plus importants créateurs du Maroc contemporain. La galerie Rê présente quelques-unes des toiles de sa meilleure période (des années 90, à sa mort), issues de diverses collections privées.

Voyageur, nomade dans l'âme, Kacimi n'a pas seulement été l'un des créateurs considérables qui ont vu le jour au Maroc au vingtième siècle : il est, aussi, il demeure un témoin. Son œuvre interroge les profondeurs - et ce faisant efface les limites entre styles et tendances. Travaillant sur de très grandes surfaces "pour libérer son corps", le peintre déposait sur la toile pigments naturels et poudres denses, noires ou colorées ; parfois il intègrait dans sa composition des fragments de poèmes (comme matières), prolongeant la force de l'expression. Il n'y a pas d' "école Kacimi" - mais l'artiste a généré un nouveau courant. Plusieurs plasticiens marocains, et non des moindres, n'hésitaient pas, de son vivant déjà, à évoquer son influence décisive.

A. G

Tibari Kantour

Né en 1954 à Casablanca ; vit et travaille à Sidi Maâchou, entre Azemmour et Casablanca.

Une chose belle est joie pour l’éternité, a dit le poète anglais. Tibari Kantour, peintre et poète matière, souffle de vie, étincelle créatrice parmi les pierres sèches.

Edmond Amran EL MALEH


de gauche à droite : Amina Benbouchta, Mbark Bouhchichi, Christine Gorius, une amie...

Rachid Koraïchi

Rachid Koraïchi, né en 1947 à Aïn Beïda (Algérie), vit actuellement à Paris, tout en intervenant dans de nombreux pays du pourtour méditerranéen.

Diplômé de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts d'Alger, de l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, de l'Institut d'Urbanisme de l'Académie de Paris, il expose depuis 1970 dans différents musées et fondations à travers le monde.

" La vie, c’est l’art " disait simplement Koraïchi dans le livre qui lui est consacré. En effet, la vie n’est jamais belle, seules ses images le sont, une fois transfigurées par le miroir de l’art et de la métaphysique. Cette leçon de Schopenhauer, Koraïchi l’embrasse pleinement ; pour que notre vie soit digne d’être vécue ou pour ne pas périr, il nous faut la beauté salvatrice d’une transcendance se penchant sur nous ou la belle illusion vitale qui, par la fascination qu’elle exerce, nous arrache au monde profane. Démiurge talentueux, Rachid Koraïchi crée lui-même cette beauté qui lui est essentielle, afin d’enchanter, l’espace d’un instant, notre sensibilité esthétique. Nos yeux s’attachent aux signes de son univers, la musique nous enveloppe, les rythmes de la danse nous conduisent. (…)

Un instant de cet hymne esthétique par lequel nous échappons à la pesanteur de nos existences, est un instant d’éternité.

Maryline LOSTIA

Rahma Laâroussi

Née dans les années 40 dans le Nord du Maroc, Rahma Laâroussi, autodidacte, peint des paysages et des scènes populaires ; elle parvient à suggérer poétiquement le mystère des êtres et des lieux. Un peintre rare ; l'un des derniers vrais naïfs marocains.

Mohamed Lagzouli

Né en 1937 à Salé. Autodidacte. Successivement jardinier, coiffeur, cafetier, il est actuellement brocanteur. Découvre la peinture et commence à peindre en 1959. Plusieurs de ses œuvres figurent au musée de l’Art brut de Lausanne.


Le travail de Lagzouli a certes valeur documentaire (il est clair que dans quelques dizaines d’années, quand aura fini de disparaître le Maroc du vingtième siècle, qui par bien des aspects est encore celui du dix-neuvième, on s’arrachera ces dessins témoignant pour les temps à venir de ce qu’aura été la saveur d’exister en ce pays et en cette époque de mutations bien tangibles et d’avancées lentes). Mais ce n’en est pas le seul attrait : l’artiste évoque, de façon jubilatoire, les us et les coutumes, les fêtes et les cafés, les aspects divers et multiples de son pays. Il apporte à la peinture la fraîcheur d’un regard qui puise toutes ses forces dans le désir et l’urgence de dire le monde tel qu’il est.

A.G

Bouchaïb Maoual

Né en 1959 à Essaouira. Vit et travaille à Marseille.


Sur les parois du métal émaillé, Maoual grave de manière instinctive et l'acte de graver s'avère pour lui ce qui catalyse le déploiement mnésique. La mémoire des parois ancestrales se révèle dans ses œuvres en interférences avec le fourmillement graphique qui dessine outils modernes et autres appareils de la technologie actuelle. Diverses spatialités et temporalités, aussi bien mythiques que réelles, s'y entremêlent. La Préhistoire, l'Antiquité grecque ou égyptienne et d’autres périodes civilisationnelles y côtoient la réalité actuelle. Maints signes provenant d'époques et de territoires divers s'affrontent et s'entrecroisent dans les espaces de ses œuvres, tatouent différents corps qui y évoluent, trament entre fonds et formes qui les animent, jusqu'à y produire de singuliers accords plastiques et sémantiques fondés sur l'harmonie des contrastes tant graphiques que chromatiques.

Mohamed RACHDI

Houssein Miloudi

Houssein MILOUDI vit et travaille à Essaouira.


Travail subtil, réfléchi, grand raffinement de la composition et de l'exécution : la peinture de Miloudi n'est pas de celles-là, hâtives et hasardeuses, qui se cherchent une raison d'être ; et qu'on oublie. Ce beau travail de peintre laisse sa marque en qui l'a, un jour, regardé vraiment.

Cette peinture a des racines profondes ; nombre de ses motifs viennent des arts traditionnels, telles ces fibules retravaillées avec une belle fantaisie qui évoluent dans l'espace en satellites joueurs. Une peinture maîtrisée, ludique et grave à la fois. Le regard que porte Miloudi sur le monde semble lavé de toutes les compromissions de l'âge d'homme ; le désir joue dans sa peinture comme un défi souriant - non sans angoisse parfois - à l'anéantissement à venir, qu'il domine de sa tension.

Loin de l'esbrouffe dont résonne sa ville, à l'écart des foules qui y déambulent, l'œil vide, Houssein Miloudi poursuit son chemin. Son œuvre, frémissante et belle, constitue l'un des sommets de l'art contemporain au Maroc.

A. G


de gauche à droite, Kantour, Bellegarde, Bouhchichi, Othman, Taïoni, Baltzer

 

Abdelkrim Ouazzani

Né en 1954, vit et travaille à Tétouan. Actuellement Directeur de l'Ecole des Beaux-Arts de Tetouan.




Ouazzani : un peintre à propos de qui la notion de frontière, et même d’origine géographique, n’a vraiment aucun sens. Sa peinture, et sa sculpture, parfaitement originales, échappent aux classifications de routine, comme l’esprit d’enfance dont elles se réclament, dans le libre jaillissement de sa fantaisie.

A. G

Touria Othman

Vit et travaille à Marrakech. Sculpteur sur bronze ; a longtemps vécu en Extrême-Orient.

Sébastien Pignon

Né le 17 février 1972 à Paris ; vit et travaille à Paris.

Un artiste hors norme, dessinateur incisif, coloriste par nature, peintre parce qu'il faut bien démonter les apparences pour pouvoir comprendre et montrer l'humain. Trop humain.

A.G


de gauche à droite : Pignon, Bouhchichi, Ouazzani


Edith Taïoni
Née en 1962, vit et travaille à Marrakech.



Michel Tyszblat

Né à Paris en 1936 ; vit et travaille à Paris.

"Enchevêtrements, contrastes, contradictions aussi, mouvements, unité des contraires, chaos organisés, refus des normes, recherche permanente, regard lucide et teinté d'humour sur la ville, la technique, les machines, "si polies dans leur apparence et si complexes dans leur ventre. On y retrouve l'ambivalence, la complétude ou les deux."

Robert Bonaccorsi

"La peinture de Tyszblat, comme celle de Mondrian, apparaît comme une synthèse plastique d'éléments inspirés par l'univers urbain et l'industrie. Comme Mondrian, Tyszblat ne procède pas par abstraction à partir du réel, mais il inscrit sur sa toile des utopies formelles dont l'observation de son environnement lui a seulement donné de fragiles points de départ."

Jean-Luc Chalumeau

 


Et toujours, le coin des livres aimante les amateurs de belles éditions...

AminaBenbouchta

 

Espaces et miroirs

 


Sans titre, acrylique et technique mixte sur toile (diptyque), 1 m 35 x 2 m 60, 2007

 

exposition du 9 novembre au 23 décembre 2007

 

Amina Benbouchta expose depuis 1986 ; depuis quelques années son travail prend une densité nouvelle, dans des teintes sombres qui confèrent une profondeur accrue à sa peinture. Elle continue de privilégier l'empreinte, la trace de ce qui demeure invisible au regard pressé (mais parle à qui sait prendre le temps de voir). Certains de ses oeuvres se situent dans le sillage du travail de Bellamine ; d'autres, plus spontanées, témoignent d'une recherche intransigeante.

Quelques installations aussi, dans cette exposition ; elles suggèrent, dans leur épure, un univers touffu de liens et de lianes qui occupent l'espace - en le laissant encore respirer.

Amina Benbouchta expose en fait, à la galerie Rê, le cheminement d'une création en phase avec la recherche contemporaine. La perfection du trait, l'élégance de la ligne ou l'illusion figurative et réaliste ne sont plus de mise. La spontanéité, l'urgence du geste qui cherche et parfois trouve s'imposent. Ce travail présente une cohérence de bon aloi ; cette peinture atteint aujourd'hui sa pleine maturité.

Alain GORIUS


Benbouchta : la peinture comme sujet

A regarder avec insistance les travaux d'Amina Benbouchta, on s'aperçoit très vite que ce qui compte pour elle, c'est la peinture. Non le prétexte que constitue le sujet à peindre mais bel et bien l'immersion totale de ce sujet dans l'acte de peindre.

Le motif choisi aurait souvent pu faire les délices d'un spécialiste en natures mortes. Ici, il devient autre. Il se situe en combinatoire d'objets, présents dans un espace voué entièrement au temps. Il fusionne avec l'acte pictural en train de l'entraîner à être signe. Tandis qu'il se dévoile peu ou prou, selon les circonstances de la matière et du pinceau en train de l'appliquer.


Michel VOITURIER

Principales expositions personnelles :

2004 -Foundouk Bachko, atelier Hassani Casablanca
1997 -Espace ''au 9''.CIL, Casablanca
1996 -Galerie Al Manar, Casablanca
1995 -Centre culturel français, Casablanca
1994 -Galerie Winance-Sabbe, Bruxelles
1992 -Galerie Al Manar, Casablanca
1991 -Galerie Arcane, Rabat

Expositions collectives récentes

2007

-"27 artistes pour un projet", espace actua,Casablanca. Passerelle artistique avec la Source du lion.

-"Mujer y artes en Marruecos", Fundacion Colegio del Rey.Septembre

2006 - Arte contemporaneo de Marruecos, sala de arte contemporaneo, Canarias

2005 Cathédrale du Sacré Coeur, Casa ; - Collectif 212, ''30 par 30'' Le cube, Centre autrichien, Rabat

2004 - Maroc-France, expériences croisées avec :
Viallat, Buraglio, Garcier, Favier, Erruas, Lamrani, S'himi Marrakech
-''Visions actuelles'' Université Al Akhawayn, Ifrane
- Espace CDG pour Transparency Maroc Rabat
- Traits Gravures, Salle Bahnini, ministère de la culture, Rabat
- Parcours d'artistes, Rabat

 


Amina Benbouchta dans son atelier, été 2007...

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La Parole peinte

 

de l'image à la poésie

 


exposition du 28 décembre au 15 février 2008



Que partagent le peintre et le poète ? L'image. Qu'elle soit plastique ou poétique, l'image fait vibrer l'émotion, suscite l'angoisse ou la révolte, nous fait rêver, vivre, aimer. Ecrire. Peindre.

Le livre, comme tous les objets d'usage courant, peut aussi être utilisé à des fins artistiques - et pas seulement pour les plus recherchés, les plus raffinés, les plus coûteux d'entre eux. Il est des "livres pauvres" qui sont de vraies merveilles.

Cette exposition, " La Parole peinte ", présente, aux cimaises de la galerie Rê, de nombreuses œuvres (de très grand format parfois) sur toile ou sur papier, réalisées par des artistes-peintres, arabes ou européens, parmi les plus réputés (Kacimi, Kantour, Koraïchi, Bouhchichi, Anne Slacik, Joël Leick, Gérard Titus-Carmel). Elle les met en relation avec les livres que les mêmes peintres ont accompagnés ou illustrés de leur peinture et/ou de leurs dessins, gravures, lithographies. Des livres dont les auteurs sont européens (français, belges, catalans...) ou arabes (marocains, algériens, tunisiens, libanais, syriens...) : croisements d'écritures, d'origines ; rencontres multiples.

De tels rapprochements, de techniques, de formats, de désirs, montrent à l'évidence que ni la taille de l'œuvre, ni le support sur lequel elle est réalisée, ne sont déterminants. Et que ce sont bien l'image, poétique et plastique, et l'Idée, présentes en tant que principes dynamiques au cœur du travail du poète et du peintre, qui permettent à ceux-ci de se retrouver, complices, en terrain de connaissance.

Les livres rassemblés1 ici privilégient l'image, sous toutes ses formes. N'hésitant pas à affirmer leur différence, ils sont recherchés par les amateurs et, plus précisément, par ceux qui portent un égal intérêt à la création littéraire et à la création plastique.


Pendant le vernissage M'barek Bouhchichi et une comédienne ont réalisé, autour du travail - remarquable - que le peintre a effectué avec l'écrivain-poète syro-américaine Etel Adnan2, une performance qui a permis à l'assistance d'assister en direct au travail de création.

Alain GORIUS

1. Un panorama de la production récente des éditions Al Manar.
2. Cinq sens pour une mort, livre de dialogue en treize exemplaires, tous uniques, manuscrits par l'auteur et peints par l'artiste, au format 25 x 75 cm (leporello), présentés sous étui-chemise ; éd. Al Manar, nov. 2007.

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Le coin des livres, habité par les oeuvres de Joël Leick

 


De peinture, de littérature, on cause...

 


Visites

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Et vint enfin la performance de Bouhchichi, devant l'assemblée attentive et les oeuvres de Titus-Carmel...

 


La création artistique, en direct.

L'expo continue, avec des oeuvres de Bournazel, Koraïchi, Sadouk, J. Rothchild, Tiszblat...


et Kacimi, dont les travaux, de petit format mais de grand intérêt, focalisent les regards...

 

Plus d'infos sur les éditions Al Manar ?