Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

La Malle de Sidi Maâchou

le livre , l'auteur , la critique

Collection "Approches et Rencontres"

Vingt exemplaires de tête sur Vélin d'Arches
rehaussés d'une composition originale et d'une gravure
de Tibari Kantour;

cinquante ex. comprenant deux gravures originales ;

dix ex. HC.

 

Epuisé.

Le livre

"Dimanche. Il pleut sans cesse sur la Porte de Vanves, la terre assoiffée se meurt de sécheresse à Sidi Maâchou. Brocante. Brocante des objets et des hommes. Là à même le sol, le trottoir, une valise, plus noblement, une malle en raison de l’événement futur. Une malle de toute façon, en toile rude, grossière, ne l’oubliez pas. Personne n’y aurait prêté attention, objet sans valeur même pour la brocante, la brocante des choses et des hommes. Vous savez ce que l’on dit. Elle est voyageuse : c’est elle qui tient le voyageur par la main, le jette sur tous les chemins, le leste de tout le poids de la vie. Elle l’enferme, elle se ferme paupières closes sur l’émerveillement du regard, elle le boucle à double tour, serrure fermée sur la faim du monde, les paysages de l’amitié, la chair douce de l’aimée. On dit, vous vous en souvenez, fabuleusement, elle toujours elle, recelant or et diamants, perles et souvenirs précieux, l’odyssée de toutes les conquêtes. On dit aussi, vous le savez aussi…"


Intervention originale, exemplaire I/XX


Les deux gravures originales de La Malle de Sidi Maâchou

L'auteur

Edmond AMRAN EL MALEH, écrivain marocain né en 1917 à Essaouira, s'est installé à Paris au début des années 60. Il n'a cessé, depuis lors, de revenir au Maroc, à l'affût de tout ce qui s'y créait dans le champ de la peinture et de la littérature ; il s'est réinstallé à Rabat fin 1999. Il a publié sept romans (Maspéro et La Pensée sauvage) et une étude sur la peinture de Cherkaoui (Shoof éd.). Décédé à Rabat en décembre 2010, il repose au cimetière juif d'Essaouira.

Après La maIle de Sidi Maâchou (Al Manar 1998) est paru, en 1999, Le café bleu, à La Pensée sauvage.

Les écrits d' Edmond Amran El Maleh sur la peinture marocaine font autorité au Maroc.


Edmond Amaran El Maleh signe La malle de Sidi Maâchou, à Paris

La critique

Regards croisés

L’initiative vient de la galerie casablancaise Al Manar, animée par un connaisseur et amoureux du Maroc, Alain Gorius, qui multiplie les initiatives pour faire exposer des œuvres de peintres marocains en France, mais aussi, dans l’autre sens, faire découvrir au Maroc des œuvres de peintres originaux français et européens.

(…) Mais l’initiative la plus originale que Gorius vient de mener à terme est la réalisation d’un joli livre à quatre mains, dans la collection "Approches et Rencontres" si bien nommée.Il s’agit en effet d’une rencontre, d’un dialogue, d’une mise en regard d’un texte de l’écrivain Edmond Amran El Maleh, avec des œuvres originales, peintures et gravures, de Tibari Kantour.

Livre peu volumineux, au tirage très limité, l’ouvrage n’en demeure pas moins une réelle performance esthétique et artisanale, dans la mesure où la réalisation est essentiellement manuelle, tant en ce qui concerne le choix de la typographie traditionnelle et du type de papier, le vélin d’Arches que la main de Tibari a dû particulièrement apprécier, qu’en ce qui concerne la conception du livre — celui-ci tient davantage du folio à cahiers libres que du volume relié.Ceci pour la forme.Et elle n’est nullement accessoire.Il s’agit bien du plaisir du regard, du toucher, de cette réhabilitation du geste premier, d’avant la mécanisation intégrale, d’avant la simple duplication uniforme et du cliché réducteur.

Mais, lorsque le fond, le contenu, par sa densité, sa profondeur, vient sous-tendre cette forme, l’incarner, donnant chair aux formes et aux esquisses, le plaisir est total, et la performance devient délice, rare, dont la brièveté même renforce la beauté et la fraîcheur sensuelle. (…)

Bouchra Lahbabi, Le Matin du Sahara et du Maghreb, 13-6-98