{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

Le voyageur amoureux

le livre , l'auteur , le peintre, la critique

Collection "Poésie"

 

 

 

 

 

 


20 exemplaires tirés à part sur vergé
au format 1
5 x 21 cm, chacun rehaussé de l'une aquarelle de Liliane Klapisch, sous couverture Arches 250 gr.

600 ex. typographiés sur Bouffant. 16 €.

ISBN 979-10-90836-30-3
DL 2ème trimestre 2014

Le livre

 

Voilà, je reviens de là-bas
Le café est froid et cette larme figée dans mon oeil ne veut pas couler
J’abandonne les mots
Je bois de la folie
Je veux raconter deux ou trois choses
Peu m’importe qui me lira et quand
Le parfum du corps bien-aimé s’est dissipé
C’est un corps qui mûrira bien
Comme une vigne chargée du meilleur muscat
Un corps au pied duquel je serai poussière
Et désir de poussière

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L'auteur


Emmanuel Moses au Marché de la poésie, stand Al Manar, juin 2014

Emmanuel Moses est né à Casablanca en 1959. Il a passé ses premières années à Cachan (Val-de-Marne) et Paris. Sa famille quitte la France pour Jérusalem en 1969. Depuis 1986 il vit et travaille à Paris.

    Bibliographie  

Poésie

Le repas du soir,  éditions du Titre, Paris, 1988
Métiers, éditions Obsidiane, Paris, 1989  (Prix de la Vocation)
Les bâtiments de la Compagnie Asiatique, éditions Obsidiane, Paris, 1993 (Prix Max-Jacob)
Opus 100, Flammarion, Paris, 1996
Le présent, Flammarion, 1999
Dernières nouvelles de monsieur Néant, éditions Obsidiane, 2003
Figure rose, Flammarion, 2006 (Prix Ploquin-Caunan de l’Académie Française)
D’un perpétuel hiver, Gallimard, La blanche, 2009
L’animal,  Flammarion, 2010
Préludes et fugues, Belin, 2011
Ce qu’il y a à vivre, Atelier La Feugraie, 2012
Comment trouver comment chercher, Obsidiane, 2012
Sombre comme le temps, Gallimard, La blanche 2104

Fiction

Un homme est parti, nouvelles, Gallimard, Paris, 1989
Papernik, roman, Grasset, Paris, 1992 (Folio n°3451)
La danse de la poussière dans les rayons du soleil, roman, Grasset, 1999
Valse noire, roman, Denoël, 2000 (Folio n°3721)
Adieu Lewinter, nouvelles, Denoël, 2000
La vie rêvée de Paul Averroès, roman, Denoël, 2001
Les Tabor, roman, Stock, 2006
Martebelle, roman, Le seuil, 2008
Le rêve passe, roman, Gallimard, 2010
Le théâtre juif et autres textes, nouvelles, Gallimard, 2012
Ce jour-là, roman, Gallimard, 2013

Le peintre

Liliane Klapisch


    Liliane Klapisch dans son atelier parisien

 

Liliane Klapisch est une artiste franco-israélienne née à Cachan en 1933. Elle suit les cours de l'Académie Ranson, à Paris, en 1948 - 49.Elle vit au Maroc en 1958 - 1959, et immigre en Israël en 1969.
Elle vit et travaille aujourd'hui à Jerusalem et Paris.

Son oeuvre  est présent dans de nombreux musées et collections particulières.

Expositions récentes

Galerie Protée, Paris, 2009
Galerie Gordon, Tel Aviv, 2012
Galerie Christine Virmaux/Robert Lévy, Paris, 2014
Galerie Gordon, Tel Aviv, 2014

 

 

 

La critique

Emmanuel Moses : LE VOYAGEUR AMOUREUX (Al Manar)

C’est un traité d’amour. Poèmes sur le bonheur. L’écriture est simple et fluide. Parce que parler d’amour est apparemment simple aussi. Surtout lorsqu’on est heureux. La difficulté, le danger presque, c’est d’en parler d’une façon mièvre ou banale. Emmanuel Moses évite ce travers Nous disons : « Viens ! «  à la bien aimée / Dans les rues éclatantes d’amour Il y a de la lumière sous chaque mot. Le recueil témoigne avant tout du temps qui passe sur lequel s’interroge sans cesse le poète, en filigrane d’une poésie en quête de félicité vaguement mêlée d’inquiétude. Les rondes, soleil et lune, rythmées par le tabac et davantage encore le vin, comme gage de la présence au monde et du plaisir et de l’ivresse. La chambre des rêves se remplit de plumes de cygnes le matin / Et de plumes de corbeaux le soir Quelquefois on reste dans l’inventaire de la journée, très proche du journal. A d’autres moments, des références nettes reviennent à l’auteur qui a longtemps vécu en Israël : L’idiot a un cœur gros comme une pastèque de Jaffa ou bien : pour tes cils / Semblables […] A des lames de cimeterres Le temps est d’autant mieux saisi dans son passage opaque que la poésie d’Emmanuel Moses peigne son écoulement continu sur la plupart de ses pages. Mais l’essentiel est consacré au sentiment amoureux, axe central d’un recueil au fond optimiste et salvateur Tu sais que si j’avais deux âmes / Elles t’appartiendraient l’une et l’autre  avec en arrière-plan la philosophie d’un homme vivant pleinement les sensations heureuses, et sachant les apprécier dans leur fugacité. S’il y a conflit, c’est forcément entre ce bonheur approprié, revendiqué et le temps qui use et fatigue toute chose. Cette lutte infinie entre l’éphémère et l’éternel qui se cognent chaque jour et toute une vie durant. Tout le matin, mon amour, nous avons traversé le monde / Qu’importe le chagrin et l’impermanence des choses ? Emmanuel Moses sait capter l’instant : un paysage, nature morte qu’il ressuscite, une harmonie définitive, et un sentiment comme une écume d’être. Le voyageur amoureux peut en écrire à chaque page de sa vie amoureuse, aventurière. L’étoile tracée sur la vitre du bus, où file-t-elle ?

Jacques Morin, Décharge n°163, septembre 2014.

16 € www.editmanar.com (Dessin : Liliane Klapisch).

Emmanuel MOSES : Le Voyageur amoureux,
Dessins de Liliane Klapisch – Ed. Al Manar, 84 pages, 16 €

Prix Max Jacob 1993, Emmanuel Moses est à la fois romancier, poète et traducteur. Son dernier recueil mêle gravité et fantaisie dans des poèmes ponctués d’ellipses, tissés de notations faussement naïves,  voire décalées, sur le mode du survol et de l’effleurement. Un rapport brouillé mais sensuel au monde se dessine dans des évocations impressionnistes qui échappent à la mémoire, perdent tout signe de reconnaissance, dérivent vers l’effacement : « je bois de la folie / […] Le parfum du corps bien aimé s’est dissipé / Un corps au pied duquel je serai poussière / Et désir de poussière. » La tentation du merveilleux perce parfois, avec une distanciation ironique, attire la complicité du lecteur : « Une étoile peut chanter / Je le sais / Il suffit de lui demander.» Certains de ces poèmes adoptent une structure de sonnets en vers libres, tel celui sur le cimetière de Roscoff dont le tercet final produit avec humour un effet de chute en trois aphorismes radicaux : « Le silence est la plus belle des langues / L’éternité est le plus beau des temps /  Et le trou est le plus bel infini. » Le recueil s’achève sur une prose insolite sur le refus de mourir, énigmatique, inspirée de Rilke et de la mythologie grecque…

                                                                                                   Michel MÉNACHÉ

CCP n° 29, cipM