{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

Voix vives de la Méditerranée dans le monde

Parution : juillet 2010

Sergio BADILLA CASTILLO

S. Badilla-Castillo et son traducteur, P. Sanchez (à droite), Sète, 2010


MEDITERRANEE DANS LE MONDE
(Chili)

 

Je ne sais pas exactement quel jour on est aujourd'hui.
Est-ce le jour de ma vie ou de ma mort?
L'Etoile Polaire et la mer d’Ikarion s’opacifient de nuages
et mon visage est triste.
Le phare de Rhodes s'éteint :
Tous sont probablement morts
étrangers et esclaves, avec leurs haillons répulsifs.
Le hamac inutile attend que quelqu'un vienne dormir ma sieste
entre deux cèdres
Les étoiles illuminent la mer Ionienne
Je ne sais pas exactement quel jour on est aujourd'hui.
Sera-t-il le jour de ma vie ou ma mort ?

 

 

Sergio Badilla Castillo est né en 1947 à Valparaiso, au Chili. Il obtient son diplôme de journaliste à l’Université du Chili en 1972 puis part à Stockholm étudier la méthodologie de l’anthropologie sociale. Journaliste culturel à Radio Suède international pendant treize ans, il est également devenu un traducteur respecté et reconnu de poésie suédoise, scandinave, anglaise et américaine. Aujourd’hui installé à Santiago, Sergio Badilla-Castillo est l’initiateur du mouvement transréaliste de poésie contemporaine.

Bilingue espagnol / français ISBN 2-978-913896-94-9
10 €

 

Parution : juillet 2012

Eduardo CHIRINOS

MEDITERRANEE DANS LE MONDE
(Pérou)

Arriver quelque part ne signifie pas
abandonner autre part.
Prendre racine
dans un pays ne guérit pas les blessures
du pays que nous abandonnons.


E. Chirinos

Balbutier d'autres langues
n'empêche pas de balbutier la nôtre.

Le mot que nous choisissons
n'efface pas le mot que nous occultons.

L’œuvre d’Eduardo Chirinos, reconnue dans toute l’Amérique latine, compte une vingtaine de recueils de poésie ainsi que des romans et des pièces de théâtre. Membre du collectif Peru’s 80’s Generation, il figure dans de nombreuses anthologies de littérature hispanophone. Docteur es lettres espagnoles et portugaises, E. Chirinos enseigne à l’Université de Missoula, dans le Montana (USA). Son recueil Breve Historia de la música a été couronné par l’American Prize for Latin American Poetry ; le XII Generation of ’27 Poetry Prize a distingué son ouvrage le plus récent, Mientras el lobo está.

ISBN 978-2-36426-019-1, 10 €



Cahiers critiques de poésie n° 26, CIPM, décembre 2013



Parution : juillet 2013

Jorge BOCCANERA

J. Boccanera, A. Gorius, E. Burgos

J. Boccanera (au centre)

MEDITERRANEE DANS LE MONDE
(Argentine)

 

 

 

Les gens ont caché leurs bruits, leurs façons de souffrir,
ont incendié leurs noms,
fusillé leurs habits,

mis en sommeil leur sang et leurs saluts.

Et comme si ça ne suffisait pas,
les chiens de la nuit
portent mon nom entre leurs dents.

 

 

Né en Argentine, Jorge Boccanera a vécu en exil au Mexique et au Costa Rica. Poète et essayiste, il a publié une dizaine de recueils de poésie et reçu de nombreux prix décernés par l’espagne, le Mexique, l’Argentine, l’italie et Cuba. ses textes ont été mis en musique et enregistrés par des artistes de différents pays. en 2007, au Mexique, il sort un CD comprenant une sélection de poèmes auxquels il prête sa propre voix.

 

ISBN 978-2-36426-026-9

10 €

 

 

 

Parution : juillet 2014

Hugo MUJICA

 

MEDITERRANEE DANS LE MONDE
(Argentine)

Entre les failles
jaillissent les possibles
et les poèmes parlent ;

entre les failles,
les siennes propres,
l’homme érige
sa vie,
donne le jour à son âme.

 

Hugo Mujica est né à Buenos Aires en 1942. Il a étudié les Beaux-Arts, la philosophie, l’anthropologie philosophique et la théologie. Plasticien dans les années 60 à Greenwich Village (New York), il a vécu pendant sept années dans le silence de la vie monastique de l’ordre de la Trappe, où il a commencé à écrire.
Il a publié des essais, notamment Poéticas del vacío (2002), Lo naciente (2007), et La pasión según Georg Trakl (2009), et deux contes, Solemne y mesurado (1990) et Bajo toda la lluvia del mundo (2008).
Son plus récent recueil de poèmes, Cuando todo calla, est paru en 2013.

ISBN 978-2-36426-034-4, 12 €

 

Hugo Mujica : Vent dans le vent (Viento en el viento) éditions Al Manar/12 euros

Poète de grande ampleur, Hugo Mujica est loin d’être connu en France. Pourtant son œuvre poétique qui débute en 1983 est largement diffusée dans le monde. Ses ouvrages sont édités en Argentine, Espagne, Italie, Mexique, Brésil, Etats-Unis, Chili, Colombie, Uruguay, Equateur, Costa Rica, Venezuela, Slovénie, Grèce et Bulgarie. A cela, encore faut-il ne point négliger tout un travail théorique où s’entrecroisent les questions d’ordre esthétique, philosophique, anthropologique voire théologique. Parmi ses principaux essais on compte "Origen y destino" (1987), "La palabra inicial" (1995), "Flecha en la niebla" (1997), "Poéticas del vacío" (2002), "Lo naciente" (2007), "La casa y otros ensayos" (2008) et "La pasión según Georg Trakl" (2009). "Solemne y mesurado" (1990).
Quelques indices biographiques nous aident à saisir le personnage. Il est né à Buenos Aires en 1942. En tant que plasticien, il fréquente le Montparnasse ou le Montmartre new-yorkais, le Greenwich Village dans les années 60. Entre temps, il devient moine et se conforme à son vœu de silence pendant sept années au sein d’un monastère appartenant à l’ordre de La Trappe.
Les éditions Al Manar ont eu la riche idée de nous présenter un recueil d’une vingtaine de poèmes. Les poèmes originaux côtoient les textes français. La traduction est due à Rodolphe Larrain et Annie Salager.
D’emblée, l’encre dont se sert ce poète fort singulier semble trempée dans du silence et c’est à ce plus que silence que les mots vont devoir s’affronter. Leur teneur, leur exigence, leur raison de déborder du néant, témoigneront déjà d’une attention rigoureuse en se dépouillant de toute prétention orgueilleuse. On a affaire à un grain de parole, à un frottement du mot sur les choses et non à une simple captation où le langage aurait raison à cause de sa plasticité étonnante et de sa prétention à coloniser le moindre évènement. Chez Hugo Mujica, il existe une matière du mot comme il existe une matière du vide que promulgue chaque moment du monde que ce soit à travers la manifestation d’une absence, d’un silence, ce vide étant à la fois le révélateur et l’essence même des choses.
En effet, avant d’être métaphysique, cette sensation du vide a le pouvoir de décaper la simple mémoire émotive à travers laquelle transfigure ce qui nous apparaît. Le vide joue le rôle d’abîme et de révélateur. Il déconnecte le monde de la connaissance que nous en avons et nous le révèle comme si nous le percevions pour la première fois.


« Il pleut
et le jardin a le parfum d’une enfance,

proche de tous les miracles
en l’absence de toutes les mémoires. »

Ce n’est pas le moindre des paradoxes que d’affirmer que la poésie d’Hugo Mujica s’apparente plus à la philosophie chinoise plutôt qu’elle ne s’attache aux canons de la théologie chrétienne. Les choses s’emplissent de vide ou de plein et le vide porte aussi son propre poids. Elles répondent à un principe de réversibilité. Le regard, notre intériorité, le paysage, n’échappent pas à cela. Chaque objet déterminé par notre attention propose son envers, désarme notre savoir immédiat. Il émet d’autres propositions comme s’il portait en lui le paisible déséquilibre du monde.

« Quand le lointain
bat au-dedans
c’est que le dedans
est dehors déjà ; »

A certains moments, les éléments de la vie s’objectivent et trouvent leurs formes pures ou neutres en dehors de toute prétention sensible, une vérité sans éclats qui se débarrasse de sa magnificence ou des signes dont on l’aurait chargé. Bizarrement cette pureté et ce dénuement n’amènent aucune exaltation et semblent voués à tracer des lignes exactes, à se conformer à une expression mathématique du monde où les affects n’auront pas de rôles à jouer. Nous sommes donc loin d’une poésie impressionniste où l’individu et le monde établissent des lois fusionnelles, troublant la pensée et le regard, les convertissant au gré de la magnificence de la lumière et de ses reflets.

« Toujours une lumière brille
qui se voit seulement
quand elle n’éclaire rien,

comme une nudité
qui se révèlerait en elle-même,
non dans les yeux de qui la regarde. »

Cependant, il ne s’agit pas de s’en tenir à une vision, de proclamer une hiérarchie quelconque dans la manière de voir et de sentir en proposant d’autres perspectives de la réalité comme le proposerait un peintre, il s’agit de délimiter une forme, la plus précise possible, et d’en définir des lignes de fracture ou de fuite en mesurant « le pas irrémédiable / d’une vie vers son néant ».
Pour Hugo Mujica, si l’on devait parodier un poète célèbre, la lucidité serait la blessure la plus rapprochée du silence, une sorte de faille car entre celles-ci,  " les siennes propres, /l’homme érige/sa vie/ donne le jour à son âme."
L’étrangeté consisterait à dire que la vie, la mort, l’immensité possèdent un poids sachant qu,e quelle que soit leur teneu,r chacune passe par un trou d’aiguille. Le fait d’exister consisterait alors à s’approprier un monde exact et consentir à le voir à travers la plus infime de ses fêlures.

Christian Viguié

Parution : juillet 2015

Rodolfo ALONSO

 

MEDITERRANEE DANS LE MONDE
(Argentine)

 

ma voix vit d´accords
de lumières vibrantes
de mains qui se connaissent

lorsqu´elle roule au loin
aux rives de la soif
mon cœur s´incline
comme le vent plus haut


Poète, traducteur de poésie, Rodolfo Alonso est aussi critique et essayiste. A côté de son œuvre poétique proprement dit, publié tant en Argentine qu’à l’étranger, ses traductions de grands poètes (Pessoa, Ungaretti, Pavese, Eluard, Montale, Baudelaire, Apollinaire et tant d’autres) font référence. L’ensemble de son œuvre a été distingué à maintes reprises, en Argentine, au Vénézuela, au Brésil… Son recueil « El arte de callar » (L’art de se taire) a reçu le Prix du Festival international de Poésie de Medellín, en Colombie.

 

Parution : juillet 2016

Victor RODRIGUEZ NUÑEZ

MEDITERRANEE d’outre atlantique
(Cuba)

 

 

Je ne fais qu’invoquer mon ombre sans cœur
pour que peut-être elle te sauve
Je me cherche dans le miroir de la nuit
où je n’ai pas de visage
ni d’envies à dissimuler
Il y a trop de brumes
dans la lune de la salle de bain

Víctor Rodríguez Núñez (La Havane, Cuba, 1955) est poète, journaliste, critique, traducteur et professeur universitaire. Il a publié quatorze livres de poésie presque tous primés dans son pays, en Argentine, en Colombie, au Costa Rica, en Equateur, en Espagne, et au Mexique, et a été traduit dans plus de vingt langues. Pendant les années 1980 il a été le rédacteur en chef de la revue culturelle cubaine El Caimán Barbudo. Il a vécu au Nicaragua et en Colombie avant de s’installer aux États-Unis ; il est actuellement professeur de Littératures hispaniques au Kenyon College. En 2012 a paru en français L’Étrange Odeur du Monde/ Con raro olor a mundo : Anthologie poétique, dans la traduction de Jean Portante.


ISBN 978-2-36426-072-6
12 €