{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

Ton nom de Palestine

le livre , l'auteur , l'illustrateur, la critique

Collection "Méditerranées"

 

 

Poèmes de Olivia Elias.

Couverture Rachid Koraïchi.

 

 


ISBN 978-2-36426-083-2 ; 15 euros.

Le livre

Je vous parle d’un peuple qui tambourine
sans relâche aux portes de l’avenir
d’un pays relégué aux marges de l’histoire
Dans ce pays les petites Salma ont pour Nidal
les yeux de Chimène et rêvent d’épousailles
Ils grandiront auront des enfants
qui auront des enfants jusqu’à ce qu’une balle
en plein cœur interrompe le fil du récit

A quoi rêvent les enfants de Gaza ?
(...)

L'auteur

Olivia Elias, née à Haïfa, a vécu à Beyrouth, où sa famille s’était réfugiée, puis à Montréal et à Paris, où elle s’est installée au début des années 1980. En mai 2013 paraît son premier recueil de poèmes, Je suis de cette bande de sable, suivi en 2015 par L’Espoir pour seule protection.
Dans Ton nom de Palestine l’histoire personnelle de l’auteure se mêle à l’histoire collective d’un peuple dépossédé, cheminant sur les chemins de l’exil serré sous "le manteau d’oliviers et de collines" de son pays-cœur-toujours battant.



Olivia Elias, Daniel Fournier, Rachid Koraïchi à l'Espace de l'autre livre, Paris 5è

La critique

Ton nom de Palestine, Olivia Elias, Al Manar


Poète de la diaspora palestinienne, née à Haïfa, Olivia Elias a vécu successivement à Beyrouth où sa famille s’était refugiée, puis à Montréal et à Paris. Plongée au cœur de l’expérience de l’exil, il s’agit pour elle non seulement de ne pas oublier mais de faire vivre la Palestine. Evoquer la beauté du pays natal, « Je suis née au pays de la beauté », les paysages, les odeurs et la musique. Le lecteur sent dès les premières pages que cela ne se fait pas sans douleur. Le chemin vers l’écriture de ce livre est le fruit d’une longue maturité : « j’ai longtemps cherché les mots / pour dire ta beauté ». La Palestine évoque pour nous avant tout les conflits et l’exil. Pour la famille d’Olivia Elias, il a fallu partir. Alors, l’écriture s’installe, charme et dénonce. Témoin de l’histoire vécue par les palestiniens, Olivia Elias fait le récit des exilés à bord de camions ou de trains, de ceux qui ne pourront plus cueillir les oranges de leur jardin. Elle raconte comment les frontières ont été contraintes de « bouger » et les hommes de se déplacer. Comment « les maisons des vivants » sont détruites pour construire des cimetières. « La guerre est une drogue dure / qui exige la répétition. ». Des Conquistadors à aujourd’hui, toujours la soif de l’or et de la religion. Encore et encore, cela revient : « Ce n’était pas hier mais aujourd’hui », on pourrait croire qu’on va tourner la page, mais le poids de l’histoire demeure : « c’était hier et nous sommes aujourd’hui. »
« Musiciens je vous parle d’un pays / englouti dans une faille de l’histoire. » Olivia Elias rappelle la guerre et le fait à la manière d’un conte musical, d’un long poème pensé pour être lu, chanté, joué. L’auteure évoque « un peuple magnifique », « un peuple qui tambourine / sans relâche aux portes de l’avenir / d’un pays relégué aux marges de l’histoire. » Avenir… espoir, mais les hommes sont fauchés et les corps reposent « dans cette terre crucifiée ». Espoir pourtant, car les palestiniens résistent et la Palestine ainsi « engloutie » devient « éternelle ». Même le cœur en mille morceaux, les hommes continuent de vivre et marchent. Touchée par ce livre.

Temps d’infinie tristesse
Ô Palestine de rose et de jasmin
habillée de dignité rêvant d’impossible
Ivres de puissance ils ont accroché ta dépouille
à l’arrière de leurs chars
et défilent en faisant le V de la victoire
pour parfaire ton écartèlement

Est-ce ainsi que les hommes vivent
et leurs baisers au loin les suivent ?

Cécile Guivarch, Terre à ciel juillet 17