{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

Tombeau pour sept frères

le livre , l'auteur, le peintre

Collection "Poésie du Maghreb"

10 ex de tête et 4 ex de chapelle,
l'ensemble typographié sur vélin d'Arches
par François Huin,
rehaussé par Hassan Massoudy d'une calligraphie originale
peinte par l'artiste.

 

 


600 exemplaires typographiés sur Bouffant édition


66 pp. au format 24 x 16,5 cm. Paris, octobre 2008. 16 euros.

ISBN 978-2-913896-59-8

Le livre


Calligraphie originale de H. Massoudy pour les 14 exemplaires de tête

 

Et Masilia dit
- témoins pourchassés de la vérité auxquels l'autre monde
offrait un refuge comme dans un éblouissement
nous avons franchi le seuil de la caverne au sein noir
et avons été avalés par une épaisseur
où se noyèrent nos corps d'hier
peut-être faisait-il encore jour dans le dehors du monde
peut-être faisait-il déjà nuit mais ici la nuit
au jour se mêlait et le jour à la nuit se mêlait
(...)

 

L'auteur
Amina Saïd est née en 1953 d'un père tunisien et d'une mère française à Tunis (Tunisie), où elle a commencé très jeune à écrire de la poésie en français. Après des études de littérature anglophone à la Sorbonne, elle enseigne un temps à Tunis, avant de s'installer à Paris tout en faisant de fréquents séjours dans le pays de sa naissance. Elle s'oriente ensuite vers le journalisme. La rencontre avec le grand écrivain philippin F. Sionil José l'incite à traduire de l'anglais plusieurs de ses œuvres (nouvelles et romans). Au fil du temps, elle a elle-même publié une douzaine de recueils de poèmes et deux livres rassemblant des contes de Tunisie. Ses poèmes sont traduits en plusieurs langues, dont l'espagnol et l'anglais, et sont présents dans de nombreuses anthologies et en revues. Elle a un temps animé des ateliers d'écriture et a été membre de jurys de poésie. Elle participe à des festivals de poésie et à des rencontres littéraires.

Prix littéraires
- Prix Jean Malrieu (revue Sud, Marseille, 1989) pour Feu d'oiseaux, revue Sud, Marseille, 1989
- Prix Charles Vildrac (Société des gens de lettres, Paris, 1994) pour L'Une et l'Autre Nuit, Le Dé bleu, Chaillé-sous-les-Ormeaux, 1993
- Prix international de poésie Antonio Viccaro (Marché de la poésie, Paris, 2004).

Poésie
- Paysages, nuit friable, Inéditions Barbare, Vitry-sur-Seine, 1980
- Métamorphose de l'île et de la vague, Arcantère, Paris, 1985
- Sables funambules, Arcantère/Ecrits des forges, Paris - Trois-Rivières (Québec), 1988 ; Arenas Funambulas, trad. en espagnol par Myriam Montoya, Fundacion Editorial El Perroy y La Rana, Ministerio de la Cultura, Caracas (Venezuela), 2006
- Feu d'oiseaux, revue Sud, Marseille, 1989 (prix Jean Malrieu)
- Nul Autre Lieu, Ecrits des forges, Trois-Rivières (Québec), 1992
- L'Une et l'Autre Nuit, Le Dé bleu, Chaillé-sous-les-Ormeaux, 1993 (prix Charles Vildrac, 1994)
- Marcher sur la Terre, La Différence, Paris, 1994
- Gisements de lumière, La Différence, Paris, 1998
- De décembre à la mer, La Différence, Paris, 2001
- La Douleur des seuils, La Différence, Paris, 2002
- L'horizon est toujours étranger, CD, Artalect, Paris, 2003
- Au présent du monde, La Différence, Paris, 2006
- Tombeau pour sept frères, calligraphies de Hassan Massoudy, Al Manar, Neuilly, 2008
- L'Absence l'inachevé, à paraître, La Différence, avril 2009.

Contes de Tunisie
- Le Secret (contes), Critérion, Paris, 1994
- Demi-Coq et compagnie (fables), illustrations d'Ahmed Ben Dhiab, L'Harmattan, Paris, 1997.

Traductions de l'anglais (Philippines) d'œuvres de F. Sionil José
- Le Dieu volé, nouvelles, préface, coédition Critérion/Unesco, Paris, 1996 ; 2e édition, 2004
- Viajero, le Chant de l'errant, roman, préface, Critérion, Paris, 1997 ; 2e édition, 2004
La " saga de Rosales ", cinq romans, aux éditions Fayard (Paris) :
- Po-on, 2001
- A l'ombre du balete, 2002
- Mon frère, mon bourreau, 2003
- Les Prétendants, 2005
- José Samson, 2007

Le peintre

Les créations d'Hassan Massoudy sont le fruit d'une rencontre entre le passé et le présent, entre l'art oriental et l'art occidental, entre la tradition et la modernité. Il perpétue la tradition de la calligraphie tout en rompant avec elle. Il épure son trait, tend vers une grande simplicité de la ligne. Le contenu : les mots, les phrases qu'il calligraphie, ont été écrits par des poètes, des écrivains du monde entier, ou dits simplement par la sagesse populaire. Son oeuvre est traversée par une culture humaniste. L'émotion ressentie à la vue de ses calligraphies est procurée par le mouvement des lignes, leur légèreté, leur transparence, le rapport entre le noir et le blanc, le plein et le vide, le concret et l'abstrait.

Hassan Massoudy a gardé de sa formation de calligraphe, en Irak, l'esprit noble de l'artisan qui fabrique ou invente ses outils et prépare lui-même ses encres à partir de liants et de pigments colorés.

Il expose ses calligraphies régulièrement et a déjà publié une vingtaine de livres.

Hassan MASSOUDY est né en 1944 à Najef, une ville du sud de l'Irak. Il grandit dans une société traditionnelle marquée par la rigueur de la religion et la brûlure du désert, mais aussi par la joie collective des grandes fêtes et l'esprit de solidarité. Très jeune, dans cette ville où toute image est prohibée, il investit sa passion de l'art dans le dessin et la calligraphie et consacre toute son énergie à se procurer papiers et pigments. En 1961, il part pour Bagdad comme apprenti chez différents calligraphes. Il y apprend son métier. Il visite des expositions d'art moderne qui l'émerveillent et rêve de faire des études d'art. Mais il se trouve pris au coeur de la tourmente politique qui conduira à l'avènement de la dictature. Après de multiples séjours en prison, il quitte l'Irak pour la France en 1969, libre mais déchiré.
Il entre à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris. Là, il fait de la peinture figurative. Il n'abandonne néanmoins pas la calligraphie, elle lui sert à financer ses études en réalisant des titres pour des revues arabes. Petit à petit, la calligraphie va s'infiltrer dans sa peinture figurative, pour, à la fin, prendre sa place et la faire disparaître.
En 1972, avec le comédien Guy Jacquet, puis rejoint quelques années plus tard par le musicien Fawzy Al Aïedy, il créé le spectacle Arabesque et commence à faire des créations publiques de calligraphie arabe projetée sur grand écran. Avec ce spectacle, mêlant musique, poésie et calligraphie, durant treize années, ils vont tous trois sillonner la France et l'Europe. Par cette pratique, Hassan Massoudy est à la recherche de la spontanéité du geste et de l'instantanéité de l'expression. Cette expérience marque un tournant dans son travail.
Le tracé de sa calligraphie devient plus rapide et son geste plus large. Traditionnellement la calligraphie arabe se réalise principalement en couleur noire. Afin de mieux exprimer ses sensations, il va introduire la couleur dans ses oeuvres de grand format sur papier.
Parallèlement à ses créations picturales, seul, il va continuer à faire des créations/improvisations en public, intitulées Calligraphie d'ombre et de lumière (voir la programmation éventuelle dans expositions et événements). La calligraphie naît sous nos yeux. Les signes noirs s'inscrivent dans la lumière. Les phrases, les mots, les lettres, sont projetés sur l'écran. Avec lenteur, se déploient les pleins et les déliés qui évoluent librement dans l'espace. Puis le geste s'accélère, le mot se charge d'énergie pour mieux maîtriser son équilibre. L'esthétique de la calligraphie, sa géométrie, ses rythmes, se dévoilent. Les compositions se construisent. La gestuelle dynamique donne vie à la poésie.
En 1995, il participe au décor du ballet Selim, avec Kader Belarbi danseur étoile de l'Opéra de Paris et Houria Aïchi chanteuse, sur une chorégraphie de Michel Kalemenis.
En 2005 il rencontre la danseuse et chorégraphe Carolyn Carlson ainsi que le musicien et joueur de ney Kudsi Erguner. Tous trois, accompagnés de trois danseurs et trois musiciens, vont créer le spectacle Métaphore où musique, danse et calligraphie vont vivre en harmonie. Ce spectacle fut créé au festival d'Istanbul en juin 2005, puis il fut interprété en 2006 en France à Dijon, Perpignan, Roubaix, Châlons en Champagne, et en Italie à Rome au Teatro Valle.
Les créations d'Hassan Massoudy sont le fruit d'une rencontre entre le passé et le présent, entre l'art oriental et l'art occidental, entre la tradition et la modernité. Il perpétue la tradition de la calligraphie tout en rompant avec elle. Il épure son trait, tend vers une grande simplicité de la ligne. Le contenu : les mots, les phrases qu'il calligraphie, ont été écrits par des poètes, des écrivains du monde entier, ou dits simplement par la sagesse populaire. Son oeuvre est traversée par une culture humaniste. L'émotion ressentie à la vue de ses calligraphies est procurée par le mouvement des lignes, leur légèreté, leur transparence, le rapport entre le noir et le blanc, le plein et le vide, le concret et l'abstrait.
Hassan Massoudy a gardé de sa formation de calligraphe, en Irak, l'esprit noble de l'artisan qui fabrique ou invente ses outils et prépare lui-même ses encres à partir de liants et de pigments colorés.
Il expose ses calligraphies régulièrement et a déjà publié une vingtaine de livres.

La critique

Tombeau pour sept frères, de Amina Saïd
Les Sept Dormants : «Entre le visible et l'invisible»
Par Cécile OUMHANI


Gens de la Caverne, les Ahl el Kahf de la 18e sourate du Coran où Sept Dormants d'Éphèse, persécutés par Dèce en 250 après J.-C., sont évoqués lors d'un pèlerinage réunissant chrétiens et musulmans qui fut initié en Bretagne au début des années 1950 par Louis Massignon.
On retrouve leur trace jusqu'en Finlande et en Chine, si grande a été la fascination suscitée par l'histoire de ces Jeunes Dormants, tirés de leur sommeil dans leur caverne après 309 années lunaires, dont Jacques de Voragine raconte qu'un maçon les découvrit en 418 après J.-C.
Avec Tombeau pour sept frères, Amina Saïd rend hommage aux Sept Dormants en choisissant une forme poétique qui prend ici un écho tout particulier. Si le tombeau poétique est un hommage traversé par une dialectique de l'absence et de la présence, destiner un tombeau aux Sept Dormants emmurés dans leur caverne, c'est aussi transmuer le lieu de leur réclusion en poème. Loin de la clameur d'un monde voué à la finitude, la poétesse restitue la trajectoire d'une quête symbolique et interpelle les habitants de la cité terrestre d'aujourd'hui, les invitant à interroger en eux l'énigme de toute chose. La caverne est ainsi érigée en lieu poétique, en refuge pour la méditation. Le poème devient la caverne des Sept Dormants, incarnant le lieu de leur parole. «Une nuit, nous nous glissâmes hors de la cité terrestre/fuyant la persécution, la mort et l'étroite prison du temps». Et le lecteur de fuir lui aussi, avec ce premier dit de Masilya, sa prison moderne vers une autre perception du monde et des choses en découvrant les huit voix qui se succèdent dans ce livre. Car huit voix parlent les unes après les autres, usant toutes d'un même pluriel, scandant un «nous» empreint d'une universalité qui transcende temps et espace.

La caverne pour méditer

Au-delà des couleurs du monde, leurs regards se préparent à une autre dimension de l'être et du monde : «. Les étoiles de cieux plus lumineux/que nos cieux scintilleront derrière nos paupières de chair». Car c'est l'intériorité à laquelle nous invite ce tombeau, celle où s'estompe toute séparation. C'est à la recherche de cet envers des choses que nous convient les Sept Dormants, un envers baigné d'une autre lumière, dont les parois sont précieuses comme la pierre philosophale ou la montagne du Qâf. Maksilmina évoque ainsi ce dont s'éclaira pour eux l'intérieur de la caverne : «Les éboulis ébauchaient les
nuages d'un ciel nouveau/les récifs contournés de rivages vierges/ des reflets d'astres frémissaient sur d'imaginaires étendues d'eau». Nombre d'images de
miroir et de reflet rappellent constamment le lecteur vers un prisme où il ne se sent pas étranger mais est au contraire invité à chercher, toujours plus loin.
Amina Saïd inscrit les voix des sept frères et leurs visions dans l'intemporalité de ce qui relève aussi du paysage dépouillé et envoûtant de
l'icône appelant à la méditation et la présence aux subtiles nuances des choses. Le poème ainsi porté hors du temps interpelle plus puissamment encore le
lecteur. Si la peinture des icônes était proche de la méditation dont elles devenaient ensuite l'objet, sans doute en est-il ainsi pour le poème ?
Des calligraphies de Hassan Massoudy ponctuent le livre avec de très belles variations sur l'ombre et la lumière, «entre le visible et l'invisible».

C. Oumhani
La Presse,Tunis, 27/10/08

Quelques commentaires sur l'œuvre d'Amina Saïd

" Tombeau pour sept frères est un texte de très haute volée et un beau livre. Renouant avec un genre ancien, apparenté à l'épos légendaire, ce long poème est porté par une langue très pure où les accents lyriques ne brisent jamais le mouvement d'une fascinante méditation métaphysique. Il m'est arrivé plus d'une fois d'avoir envie de dire le texte à haute voix. " Max Genève

" Une dialectique constante des complémentarités et des séparations hante cette poésie, dont l'une des composantes est l'attachement inquiet aux deux rives de la Méditerranée. L'errance est une origine et un destin. Prise de vertige, la parole funambule oscille sur le fil des mots. La double appartenance légitime la quête du lieu, comme elle génère la prolifération du double et des oppositions. Cette poésie, toute d'alliances et de métamorphoses, acquiert une dimension cosmique tant l'être y est en symbiose avec les éléments. […] Une parole intense, dictée par l'absolue nécessité, une œuvre mouvante et émouvante qui atteint à l'universel. " Ghislain Ripault

" Il faut croire Amina Saïd sur parole. Elle est l'enfant du verbe labouré par l'insondable mystère des choses, la complexité des astres, la faille entre le désir et la vécu, la tentation du silence. Elle se bâtit un corps avec la chaux vive des illuminations. Mise à nu, mise à mort, mais aussi naissance au plus profond du ventre maritime de la parole, mordue par la terreur et l'extase. " André Laude

" Ce poète interroge la place de l'être au monde à partir des profondeurs cosmiques qui l'entourent. […] Une telle parole cherche à nous ramener vers la symbiose du vertige créateur. " David Cantin (Le Devoir, Montréal)

" Amina Saïd écrit à mi-voix un hymne empreint de la résolution et de la mélancolie antiques, allant sans faillir sur un "sentier de lumière". " Claude Michel Cluny (Lire, Paris)

" Une indépendance ombrageuse caractérise cette poésie. Le souci d'une intégrité également. Un verbe concis et sobre, travaillé par autant d'exigence que de permanente inquiétude, nous entraîne toujours plus loin vers le gouffre innommé de notre intériorité… " Tahar Djaout (Algérie-Actualité)

" Entre extase et philosophie, [Amina Saïd] a sa rigueur propre. " Alain Bosquet (Le Figaro, Paris)

" Amina Saïd a le secret de conduire son lecteur à la lisière d'un monde où les mots se transforment en perles de lumière, car il s'agit là d'un voyage initiatique… " (Le Temps, Tunis)

" Pur, sobre, limpide, le verbe d'Amina Saïd est de ceux qui confèrent aux lettres françaises du Maghreb leur importance. " (Libération, Paris)

" De grandes constantes traversent cette poésie : une voix parle de l'intérieur… " (Sindbad, Maroc)

" Une clarté apparaît au fil des pages, lumière d'un partage qui est une opération physique de la générosité, une incarnation des phrases en acte de sens. " (Esprit, Paris)

" Une poésie juste qui ne se contente pas de paraphraser la vie. Elle est la vie… " Le Renouveau (Tunis)

Travaux académiques sur la poésie d'Amina Saïd

- Convergences et fractures de deux mondes : l'Orient et l'Occident chez Amina Saïd, par Grazia Rita Salonna (université de Bari, Italie, 1995)
- Du berceau méditerranéen à l'esthétique de l'hybridation, le cas d'Amina Saïd et de Chams Nadir, par Ilaria Bruno (université de Bologne et université Lumière-Lyon 2, 2008)
- Le Paysage dans l'œuvre d'Amina Saïd, par Ines Moatamri (université François Rabelais, Tours, 2008).

Peintures
Et le jour se fait femme, 27 tableaux du peintre Nichole Ouellette (Québec) à partir d'extraits de Sables funambules (exposition salle J. A.-Thompson, Trois-Rivières, Québec, 1er octobre-1er novembre 1993).

Poèmes mis en musique
Sous le titre Le Livre de sable, le pianiste et compositeur Thierry Machuel a choisi un ensemble de poèmes d'Amina Saïd pour le chœur de chambre mixte Mikrokosmos, vidéo d'Antonella Bussanich (création : Cité de la musique, Paris, 2003).
Raphaël Terreau, compositeur, a mis en musique deux poèmes pour Alphabet des nuages (CD, Vocations Records, 2007).

 


Nuevas del Aire
nº 58, Madrid, mayo 2009, pp. 22-25.

Amina Saïd, Tombeau pour sept frères

Rehaussé de magnifiques calligraphies d'Hassan Massoudy, ce récit est une variation sur le thème des sept dormants, dont la littérature arabe classique et moderne a fourni maintes versions. A la fois conte, légende, récit mythologique, initiatique, métaphysique, c'est avant tout une aventure poétique. Huit récits en vers (les sept frères et un soldat) racontent l'histoire de ces hommes qui, "préférant la liberté à la tyrannie", sont obligés de fuir le monde et se réfugient dans une grotte. Là, dans l'obscurité ambiguë d'une lumière inconnue, ils s'endorment, rêvent le même rêve, croient se réveiller le lendemain et redescendent dans la vallée où ils s'aperçoivent que trois cents ans ont passé sans altérer leurs propres traits. Voilà pour l'histoire. Mais cette grotte est bien plus que cela : frontière de la vie et de la mort, de l'ombre et de la lumière, des mots et du silence, elle est le lieu de l'épure, de l'ascèse, celui où les yeux s'ouvrent sur une autre lumière, celui où le temps se suspend et où les rêves prennent le pas sur la réalité. Lieu, en somme, d'images et de mots nouveaux, inédits, où le rêveur se rencontre lui-même mais avec les autres, surtout pas contre eux, lieu de la re-création, du poétique par excellence. Entre Belle au bois dormant et résurrection du Christ, traversée du désert et descente d'Orphée aux enfers, la légende avait épuisé tous les symboles. Amina Saïd lui donne un nouveau souffle, troublant : celui des mots.

Alain Kewes
Décharge
n°142, p.106

Tombeau pour sept frères, Amina Saïd

(...) Je me suis recueilli avec Alighieri devant le Tombeau pour sept frères d'Amina Saïd. Vous en restituer le troublant du récit de voyage dans la nuit des temps, je ne puis, tant "ingrats étaient les chemins tranchantes les pierres". Récit d'une cavale à sept, au crime de témoins de la vérité, d'emmurés rêvant dans une "caverne au sein noir", Lascaux d'éblouissements à la flamme vibrante et fumante, vaisseaux d'yeux éclatés à force de voir dans le noir, huit dits de l'Autre Côté, ouï-dire calligraphiés par Hassan Massoudy, retour d'un endormissement de trois siècles, le temps que n'ait plus cours la monnaie des singes.

Christian Désagulier
Cahiers Critiques de Poésie n° 18, octobre 2009

« Tombeau pour sept frères est un textede très haute volée et un beau livre. Renouant avec un genre ancien, apparenté à l’épos légendaire, ce long poème est porté par une langue très pure où les accents lyriques ne brisent jamais le mouvement d’une fascinante méditation métaphysique. »


Max Genève, écrivain (Paris)

 

« Dans Tombeau pour sept frères, le tombeau utérin est parfait, à l’image de tous les paradis… L’écriture est impressionnante de puissance et de simplicité à la fois ; donne l’impression de porter, d’être portée par un souffle littéraire qui vient de loin, par la légende originelle peut-être, et tout ce que l’auteure a déjà pensé de la mort/vie, des rapports humains. Ce texte est à la fois classique et contemporain, il me paraît d’une perfection ! L’écriture en versets permet de marier les dimensions du merveilleux poétique, du récit dramatique, de la parole intime, avec souplesse et rigueur. Voici Amina Saïd installée au ciel de la Littérature ! Je crois qu’on peut l’admirer pour une telle réussite. »


Mathias Lair, écrivain et psychanalyste (Paris)

 

« Tombeau pour sept frères est un hymne à la sagesse et à l’intemporel songe d’être de la Terre comme du Ciel, compagnon humain avec la Lumière dans l’âme qui remue et évolue parmi les anges. Ce qui me frappe de nouveau dans l’écriture, c’est sa singulière limpidité et comment elle fait naître la lumière. L’harmonie innée qui agit sur le glissement des mots m’approche d’une certaine parole qui me devance. »


Moncef Ghachem, écrivain (Tunisie)