{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

Sur la haute tour elle était nue

le livre , les auteurs, le peintre , la critique

Collection "Méditerranées"

Etel ADNAN
Alain GORIUS

dessins de Diane de BOURNAZEL


Méditerranées
Al Manar

 

 

20 ex de tête rehaussés de peintures par Diane de Bournazel : 450 e

1.000 ex. courants, rehaussés de deux encres de D. de Bournazel : 12 euros.

 

 

Neuilly, mars 2008, ISBN 2-913896-56-7

Le livre

Deux voix ici se croisent, l'une récitative, l'autre de plain-chant : Etel Adnan accompagne Alain Gorius "dans sa quête hallucinée d'images premières" ( Salah Stétié).


page de titre, rehaussée par Diane de Bournazel


Une double page du même exemplaire


Une autre double page du même exemplaire

La Préface de Salah Stétié

EXORCISME
Il y a, chez Alain Gorius, un rêve du Moyen-Age comme un conte d'enfance. Ce rêve est nourri, comme il se doit, de chevaliers morts et de mystérieuses dames à palefroi, avec tout ce qui tourne autour d'eux, de l'évocation de la croisade lointaine à la chasse haletante et qu'on dirait hallucinée. Herbages, marais, arbres, ténèbres, meutes et tournoiements légendaires ou alors, à l'inverse, le grand calme venu de la mort, - la mort tombée sur ces images anciennes et folles pour apaiser leur délire et leur communiquer la seule étincelle de vérité qui vaille. Toute vérité, en effet, tient dans la réalité de la mort, à laquelle les vivants que nous sommes n'arrivent pas à croire. J'irai même jusqu'à dire que l'homme ne délire si bien quand il délire (que ce soit en poésie ou en peinture) que pour mieux escamoter l'image finale - qui n'est justement pas une image - d'un pieu dirigé contre son coeur et qui, le moment venu, réduira ce coeur à néant.
Ce court récit, comme le précédent intitulé Stèle pour l'absent, paru l'année dernière, est l'histoire torturée d'une rencontre avec la mort. Pour Stèle pour l'absent, Alain Gorius avait demandé à une romancière, Vénus Khoury-Ghata, de rêver à ses côtés sur les pierres historiées laissées derrière eux par les croisés, retour de Terre Sainte. Pour Sur la haute tour elle était nue, le présent récit, l'auteur demande à une poétesse mâtinée de philosophe, Etel Adnan, de dégager, de temps en temps, par un bref commentaire intercalé, la morale du film en train d'obséder sa conscience tout enténébrée d'un inconscient agissant, et en quête d'images premières. D'ores et déjà, on peut prévoir qu'il y aura une suite à cet exercice de psychanalyse par la poésie, qui tient de l'exorcisme.

Salah Stétié

Les auteurs

Etel Adnan, née en 1925 au Liban, suit des études de littérature à la Sorbonne, puis obtient une maîtrise de poésie à Harvard. Elle a publié différents ouvrages (citons notamment Sitt Marie Rose, roman mettant en scène la guerre civile libanaise, traduit en plusieurs langues) et de nombreux recueils de poésie, en français et en anglais. Artiste autodidacte, elle découvre la peinture en s'intéressant aux tapisseries et aux céramiques ; elle commence à peindre à l'âge de 33 ans. Elle a souvent exposé aux Etats-Unis, et tout particulièrement à San-Francisco, mais également au Maroc et au Liban.
Born in 1925 in Beirut to a Muslim Syrian father and a Christian Greek mother, Etel Adnan worked for the French Information Bureau at 16 years of age. She Attended Ecole Superieure des Lettres and taught at the Ahliya School for Girls.
Etel Adnan then studied philosophy at the Sorbonne in Paris, the University of California, Berkeley, and Harvard. She taught philosophy of art at Dominican College of San Rafael, California, and has presented courses, classes, and lectures at over forty universities and colleges throughout the United States.
Adnan creates oils, ceramics, and tapestry. She has also written more than ten books of poetry and fiction, including Sitt Marie-Rose, which has been translated into six languages.
Since 1964, Etel Adnan has been making "artist's books" : folding rolls of Japanese paper onto which she brings together poems and paintings with inks, pastels, and/or watercolors. On these folded "books," poetry becomes handwriting and drawing, and the accompanying paintings create a visual reading of the poems.
Adnan writes in both French and English. She has published an enormous range of works including the internationally recognized novel about the Lebanese Civil War, Sitt Marie Rose.
She lives in Sausalito, California, Paris, and Lebanon.

Expositions personnelles (sélection)
Marin County Civic Center, San Rafael, CA ; Galerie Samy Kinge, Paris ; Kufa Gallery, London ; Gallery 50 x 70, Beirut, Lebanon.

Expositions collectives (sélection)
UNESCO, Paris ; Médiathèque, Les Mureaux, France ; L'Atelier, Rabat, Morocco ; Musée de L'Institut du Monde Arabe, Paris ; Forces of Change : Artists of the Arab World, The National Museum of Women in the Arts, Washington, DC.

Publications
Sitt Marie Rose, Etel Adnan, Georgina Kleege, ISBN: 094299633X
The Arab Apocalypse, ISBN: 0942996097
Paris, When It's Naked, ISBN: 0942996208
Here Lies David Gilbert, Karl Roeseler, Etel Adnan, Lydia Davis, Charlotte Carter, Adrian Dannatt, Deborah Levy, James Kelman, A.L. Kennedy, ZZ Packer, ISBN: 0963919253
The Indian Never Had a Horse and Other Poems, ISBN: 0942996046
Forces of Change: Artists of the Arab World (Salwa Mikdadi Nashashibi, Laura Nader, Etel Adnan), International Council for Women in the Arts, National Museum of Women in the Arts, 01 Février 1994, ISBN: 0940979268
Journey to Mount Tamalpais: An Essay, ISBN: 0942996011
Of Cities & Women (Letters to Fawwaz), ISBN: 0942996216
In/Somnia, ISBN: 0942996488
From A to Z, Poetry, ISBN: 0942996003
The Spring Flowers Own and the Manifestations of the Voyage, ISBN: 0942996143
There: In the Light and the Darkness of the Self and of the Other, ISBN: 0942996283
Where the Rocks Started, Marc Atherton, Etel Adnan, ISBN: 0942996437
Going deep into the world, ISBN: B0006R2MTY
Maroc : L'artisanat créateur, ISBN: 2249274215

Alain GORIUS a longtemps vécu à Casablanca ; il travaille aujourd'hui à Paris. Responsable des Editions Al Manar, il s'est ouvert un chemin au carrefour de l'enseignement, du journalisme et de l'action culturelle. Il a publié deux recueils (éd. Polder/Décharge) : Au creux du monde et Sang noir ; chez Al Manar, Ombre portée (dessins et gravure de Mohammed Kacimi), L'Ombre la brûlure, un ensemble de six nouvelles accompagnées par six peintres, arabes et français ; ce livre est publié, en un seul volume, par l'Atelier Vis-à-Vis (Marseille), en octobre 2006 ; et plusieurs livres d'artiste (avec Christiane Vielle, Yamou, Mohen, Anne Slacik). Ses chroniques ont paru, pour l'essentiel, dans deux revues culturelles très présentes dans le Maroc de la première moitié des années 90 : Vision et Rivages.
Sur la haute tour elle était nue s'inscrit dans la continuité d'un travail commencé avec Vénus-Khoury-Ghata (Stèle pour l'absent), et qui s'est achevé avec la publication du troisième volet de ce triptyque, La fontaine, écrit cette fois avec Aïcha Arnaout.

Le peintre

Le travail de Diane de Bournazel pourrait évoquer celui de Paul Klee. Mais c'est un univers bien personnel qu'elle crée sur toiles ou sur ardoises rustiques, et parfois sur du bois de récupération. Indifférente au règne de l'ephémère, elle fait, même sur grands formats, un travail minutieux de miniaturiste : « J'aime peindre au pinceau à trois poils et à l'huile ; pas d'acrylique, ça manque de sensualité. » « A 7 ans, dit-elle, je savais déjà que je serais peintre. » Formation autodidacte, cours en dilettante dans des écoles d'art en France et en Italie, et beaucoup de travail personnel : « Je peins huit heures par jour. » Diane de Bournazel a une passion pour les livres d'artiste : elle découpe, enlumine, assemble avec une patience d'artisan des mots de Robert Desnos, Henri Michaux, Jorge Luis Borges dans de petits ouvrages précieux, qu'elle expose à Paris, Marseille, Londres et ailleurs.

Georges Châtain et Hélène Pommier


2008. Diane de Bournazel au Carré d'Art, Nîmes (8è Salon du livre d'artiste)

La critique

Alain Gorius a composé une prose onirique dont le fantastique pour ainsi dire surréaliste nous situe à la lisière d'un monde médiéval ruiné et du présent d'une campagne orageuse où rodent des hantises immémoriales. Sa vision est celle d'une cavalière, ancienne châtelaine chevauchant dans la forêt avec sa meute de chiens, qui l'entraîne dans un mystère érotique. En contrepoint du récit, Etel Adnan apporte ses réflexions, une méditation sur l'ailleurs rêvé dont nous privent les conditions d'existence contemporaines et sur le besoin d'une magie qui serait le lieu d'invention de l'écriture : "Le monde spirituel est fait de ces résidus d'expériences qui s'accumulent dans un monde parallèle que certains visitent plus souvent que d'autres."

Stéphane Baquey
Cahier critique de poésie Marseille