Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

Saisons d'argile

le livre ,l'auteur, le peintre, la critique

Collection "Poésie"

 

 

ISBN 9-782-913896-92-5. 17 €

Parution mai 2011

 

Le livre

Tirage courant : 1000 ex typographiés au plomb sur bouffant ; illustration : Youssif Nasser.

Edition de luxe, bilingue français / anglais, tirée sur BFK Rives au format 28 x 21 cm. Trente exemplaires uniques, rehaussés de trois peintures originales de Yousif Nacer.


Ex. n° 2, frontispice


Ex. n° 2, peinture en page centrale


Ex. n° 4, frontispice



Ex. n° 4, peinture en page centrale



Ex. n° 4, colophon


Ex. n° 5, frontispice

Ex. n° 5, page centrale



n° 5, colophon

L'auteur

Salah Al Hamdani, poète, écrivain et homme de théâtre français d’origine irakienne, est né en 1951 à Bagdad. Il s’est exilé en France en 1975. Il avait commencé à écrire en prison politique en Irak vers l’âge de 20 ans. Il a été un opposant à la dictature de Saddam Hussein, à ses guerres et à l’occupation anglo-américaine de l’Irak. Acteur, il a joué au théâtre, au cinéma et à la télévision. Au théâtre, il a mis en scène ses propres textes ainsi que des poèmes d’Henri Michaux et de Yannis Ritsos. Il est aujourd’hui auteur de plusieurs ouvrages (roman, poésies, nouvelles et récits) écrits et publiés en arabe ou en français. Ses écrits ont été traduits dans plusieurs langues. Il n’est retourné en Irak qu’après la chute de la dictature en 2004.

Poésie en langue française* : Le Doute, Caractères, Paris, 1992 ; Ce qu’il reste de lumière, L’Harmattan, Paris, 1999 ; Au large de Douleur, L’Harmattan, Paris, 2000 ; Bagdad mon amour in Le cimetière des oiseaux, L’Aube, France, 2003 ; Bagdad à ciel ouvert, Ecrits des Forges et L’idée bleue, Québec, 2006 ; Bagdad mon amour, (nouvelle édition) Ecrits des Forges et L’idée bleue, Québec, 2008. Le balayeur du désert, Editions Bruno Doucey, 2010

Paru en 2010 :
La pluie de juillet, (bilingue français - italien) Edizioni Sanlorenzo
Une averse, de loin, (bilingue français - arabe) Editions la Lune bleue

Poésie en langue arabe : Promesse d’athéisme, Al Noqta n°11, Paris, 1983 ; Fugitif de ma bouche n° 1, Publications Craies, Paris, 1984 ; Fugitif de ma bouche n° 2, Publications Craies, Paris, 1984 ; Le nécrologue d’Ourouk, Publications Craies, Paris, 1986 ; Dans la sécheresse l’eau, Publications Craies, Bruxelles, 1993 ; Le Haut des jours, Al Mada, Damas-Syrie, 1996 ; J’ai vu, Maouakf, Alep-Syrie, 1997.

Poésie traduite en français** :Gorges bédouines, Le Cherche Midi, Paris, 1979 ; Les Hauts Matins, L’Escalier blanc, Paris, 1981 ; Mémoire d’eau, Caractères, Paris, 1983 ; Traces, éd Spéciales, Paris, 1985 ; Mémoire de braise, L’Harmattan, Paris, 1993 ; Au-dessus de la Table, un Ciel, L’Harmattan, Paris, 1988 et 2001 ; L’Arrogance des jours, L’Harmattan, Paris, 1997 ; J’ai vu, L’Harmattan, Paris, 2001.

Livres d’art : Poèmes de Bagdad, livre d’art (bilingue français-arabe) avec des lithographies de Danielle Loisel, Signum, Paris, 2005 ; Sables, livred’art (trilingues français arabes et hébreux) avec Marléna Braester et des encres de Robert Lobet, Editions de la Margeride, Nîmes, 2009.

Nouvelles et récits en français* : La traversée, récits, in Le cimetière des oiseaux, L’Aube, France, 2003.

Nouvelles, récits et roman en arabe : Une vie entre parenthèses, récit, Al Mada, Damas-Syrie, 2000.

Nouvelles, récits et roman traduits en français** : Le cimetière des oiseaux, nouvelles,L’Aube, France, 2003 ; Le retour à Bagdad, roman, Les points sur les i, France, 2006.

Nouvelles, récits, roman et poésies traduits en anglais*** : Baghdad mon amour, Curbstone Press, New York, 2008.
*Les écrits de Salah Al Hamdani en français ont été relus et corrigés par Isabelle Lagny
**Plusieurs traductions de l’arabe (Irak) en français sont de l’auteur et d’Isabelle Lagny
***Traduction en anglais à partir du français par Sonia Alland

En 2008, Emmanuèle Lagrange a réalisé un film sur Salah Al Hamdani, "Bagdad-Paris, itinéraire d’un poète", durée : 52mn, produit par LAHUIT productions, Paris.

Par ailleurs, Salah AL HAMDANI est l’auteur de poèmes et d’articles dans des journaux, des revues et des sites culturels, en français et en arabe.


Lecture au Festival "Voix vives de Méditerranée en Méditerranée", Sète, 2012

Le peintre

Yousif Naser est né en 1952 à Amara, Irak.

Formation :

1979 BA en peinture à l'Académie des Beaux-Arts de Bagdad, Iraq
1987 Formation en graphisme au Graphiques International Workshop, à Dresde, Allemagne
1994 Etudes dans le domaine du Multimédia au London Polytechnique,
Londres, UK
2006     MA dans les arts et la théorie des arts, Université du Middlesex, Londres, UK.

Expositions personnelles :

1977 Bagdad, Iraq
1981 Beyrouth, Liban
1989 Oslo, Norvège
1996 Londres, UK
1997 Bruxelles, Belgique
1998, 1999, 2002 Londres, UK
2004 Damas, Syrie
2006 Londres, UK
2008 La Rochelle, France
2010      Florence , Italy

Expositions collectives

De 1977 à aujourd’hui, il a participé à des expositions collectives dans plusieurs pays d’Europe, d’Asie, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

En particulier :

1986 L’Art Arabe Moderne, Nicosie, Chypre
1988 Le Graphisme Arabe "Atelier et démonstration" Dresde, Allemagne
1989 La Triennale de l'Editeur Norvégien, Friedrichstaat, Norvège
1996 Sous un ciel différent, Copenhague, Danemark
2003 Pluie noire, Réflexions sur la guerre, Simunye Gallery, Sheffield, UK
2004 Pluie noire, Réflexions sur la guerre, Charnwood Museum, Loughborough, UK

Fondations d’associations et projets artistiques :

AIU

En 1993 il a fondé l’Union des Artistes Irakiens au Royaume-Uni (AIU).
Il s’agissait d’une association créée pour des artistes irakiens alors exilés, vivant et travaillant au Royaume-Uni. Par ses actions elle se distingue radicalement des organisations irakiennes soutenues par le régime irakien dictatorial aujourd’hui déchu. L’AIU a organisé des expositions, des manifestations culturelles, des ateliers, des conférences, des concerts de musique, des lectures, des performances afin de faire la promotion de l’art irakien, de ses mouvements et de sa culture en général.

ARK Gallery

En 1997 il a fondé et dirige actuellement "l'Arche Studio Gallery" dans un des  quartiers de l’ouest de Londres. Il s'agit d'un lieu d'art géré par des artistes bénévoles, un espace culturel conçu pour fournir une plate-forme de création artistique, favorisant les idées innovantes et fondé sur la question des différentes formes d'art. Il vise ainsi à promouvoir un large éventail de formes artistiques grâce auxquelles se rencontrent des musiciens, chanteurs et instrumentistes, des photographes, des cinéastes, des écrivains, des poètes ainsi que des artistes plasticiens. Son but consiste également à faire connaître et à aider des artistes réellement créateurs dont l’art s’écarte des circuits commerciaux et des modes. L'Arche est par ailleurs l'atelier de peinture de Yousif Naser. Jusqu'à aujourd'hui, l'Arche a favorisé et a organisé elle-même des centaines d'activités concernant différentes réalisations artistiques et culturelles.

Pluie noire - Black Rain

Il s’agit d’une entreprise artistique qui a commencé par un projet de peinture de Yousif Naser contemporain du début de l'invasion militaire de l'Irak en 2003. Ce projet a rapidement acquis une grande dynamique, a suscité l’intérêt des médias et enthousiasmé de nombreux artistes. Bien que le thème central du projet reste dans les peintures, dessins, collages réalisés par Yousif Naser, de nombreuses voies se sont ouvertes vers la musique, le cinéma et la littérature, et se sont construites autour de lui avec d'autres artistes. Plusieurs films ont été produits à partir de ce projet. La dernière réalisation a été un film de 35 minutes sur Yousif Naser et Pluie noire.


Tree, technique mixte


Dark walls, technique mixte sur papier, 100 x 250 cm

La critique

« Saisons d’argile » de Salah Al Hamdani. Illustrations de Youssif Naser.
Al Hamdani, Salah, Al Manar 30 juin 2012 by Librairie Ptyx

Poète irakien, d’abord prisonnier politique puis exilé en France dès l’âge de 24 ans, Salah Al Hamdani, opposant de toujours au régime de Saddam Hussein, nous livre ici un recueil traversé du souffle de l’exil. Mais ce souffle n’est pas démarche. La poésie n’est pas ici moyen d’expression. Elle est résultat. C’est le franchissement de la frontière, l’impossible retour qui déclenche la parole. Il ne s’agit pas de trouver le mot juste, catharsique, pour exprimer la douleur de l’exil. C’est l’exil qui ouvre la vanne des mots.
Mère, à quoi le néant s’accroche-t’il? L’espoir de te revoir est une blessure qui donne sur une avalanche de mots.
Et ces mots, puisqu’ils sont là, autant les utiliser, non pour chanter ce monde, lieu étroit où seul l’amour fissure les frontières, ni pour rêver au retour de l’exil. Mais bien pour creuser les tombes de ceux dont le rôle est de clore le monde.
Ecrire pour éclairer une forêt de pins dévastée et élargir la fosse d’un tyran
La poésie de Salah Al Hamdani est toute de rage contenue. Sous le drapé fluide des mots, on entend les dents qui crissent.
Je vous hais. Oui je vous hais, hommes sans envergure glaneurs de vacarme sur cette terre de migration qui piégez mon crépuscule argenté comme une blessure contre une autre blessure.

Salah Al Hamdani, Saisons d’argile, 2011, Al Manar. Illustrations de Youssif Naser.

 


Salah al Hamdani, à la rencontre poétique Tiasci Paalam, en avril 2013

Un poète ne se résume pas à sa biographie. Mais comment parler de Salah Al Hamdani sans dire qu’il est né en Irak, qu’il a connu la prison et qu’il a rencontré, en prison, la poésie. La poésie, chacun peut l’écrire, c’était la première leçon, en prison. La seconde, c’est que tu es responsable de ce que tu écris. Cette responsabilité, Salah en fait une ligne de conduite mettant ses pas dans ceux d’Albert Camus, cet Etranger. Cette soirée d’avril avec Salah Al Hamdani nous a laissé une forte impression. Un homme était là, devant nous, avec nous, et nous disait que la France est un pays de poésie, qu’il avait pu, en y arrivant dans les années 70, aller à l’Université (c’était à Vincennes) : « Cette Université était faite pour moi, qui n’étais pas allé à l’école dans mon pays parce que mon père ne pensait pas que c’était utile ». Un homme qui vit en exil, qui porte en lui son pays d’origine bien sûr, ce pays, la Mésopotamie, où est née l’écriture (sur l'argile la plus ancienne), et dont la culture européenne a largement hérité. Un homme qui vit en France parce qu’il a lu autour de ses vingt ans, déchiffrant l’arabe littéraire, les textes d’Albert Camus, en arabe. Et en France, il a rencontré des Justes. Ce soir-là, il nous a parlé aussi de sa mère (ma mère monte la garde sur l'autre rive), et de l’image qui se fige du pays que tu quittes quand il te faut partir, tandis que pour ceux qui y restent, l’image continue de bouger : on ne fait pas coïncider ces deux images, c’est douleur et joie quand même, c’est toucher, pleurer et rire, ensemble. Et vivre, c’est l’avenir (ne regarde pas en arrière), c’est l’amour partagé, ce sont les enfants, c’est la parole échangée, l’amitié (pour que nos cœurs continuent à battre).

... ne déambule plus dans ce monde
mais avance !

Les citations de cet article sont extraites du recueil Saisons d'argile, publié par Al Manar.

Marc Verhaverbeke