Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

Saison de paradis

le livre ,l'auteur, le peintre, la critique

Collection "Poésie"

 

 

ISBN 978-2-36426-031-3. 16 €

Parution janvier 2014

Publié avec le soutien du CNL

Le livre

  Chacun de tes rêves écrit en rouge
a un sens toujours noir
dans la broussaille d’épines
sa matière pourpre
dégoutte du sang de l’encre
son cœur sombre enfermé
dans le rubis de l’utopie
comme ces deux mûres
qui t’attendaient cachées
sous ton oreiller d’enfant
sœurs jumelles
l’une est perdue l’autre se niche
inconsolable dans le tiroir du Jardin.
 

 

Traduit du grec par Michel Volkovitch. Tirage courant : 1000 ex typographiés sur bouffant ; accompagnement plastique : Jean Anguera.

Tirage de tête sur BFK Rives au format 15 x 21 cm. Vingt exemplaires uniques, rehaussés de trois peintures originales de Jean Anguera.












L'auteur

Stratís Paschális ou Stratis Pascalis (grec moderne : Στρατeς Πασχaλης) est un poète et traducteur grec né en 1958 à Athènes. Sa famille est originaire de Mytilène (Lesbos).

Depuis la publication de son premier recueil de poésie, Aνακτορ?α (Anaktoria), en 1977, aux Éditions ?καρος (Ikaros), il a publié une dizaine de recueils, dont une anthologie, Στ?χοι εν?ς ?λλου (Écrits d’un autre), en 2003, aux éditions Μετα?χμιο (Metaichmio). En 2006, il a publié le roman Ο ?νθρωπος του λεωφορε?ου (L'homme de l'autobus) et en 2008 le recueil de poésie Εποχ? Παραδε?σου (Saison de Paradis) aux éditions Γαβριηλιδης (Gavriilidis).

Il a traduit et adapté de nombreux auteurs, poètes et dramaturges de la littérature française, comme Racine, Rostand, Lautréamont ou Rimbaud (dont les Illuminations (Εκλ?μψεις), en 2008).

Il a reçu de nombreux prix, dont le Prix national de traduction en 1998 et deux fois le Prix de poésie du magazine Διαβ?ζω (Diavazo), en 1999 et en 2009.

Poésie

Aνακτορ?α (Anaktoria), Athènes, Ikaros, 1977
Ανασκαφ? (Fouille), Athènes, Ikaros, 1984
Μια Ν?χτα του Ερμαφρ?διτου (Une nuit de l’Hermaphrodite), Athènes, Ikaros, 1989
Βυσσινι?ς στο σκοτ?δι, (Cerisiers dans les ténèbres), Athènes, Ikaros, 1991
?νθη του νερο? (Fleur de l’eau), Athènes, Ikaros, 1994
Μιχα?λ (Michel), Athènes, Akritas, 1996
Κωμωδ?α (Comédie), Athènes, To Rodakio, 1998
Στ?χοι εν?ς ?λλου, (Écrits d’un autre) Athènes, Métaichmio, 2003
Κοιτ?ζοντας δ?ση (En regardant les forêts), Athènes, Métaichmio, 2003
Εποχ? Παραδε?σου (Saison de Paradis), Athènes, Gavriilidis, 2008
Εκε? θα φυτ?ψω το Δ?ντρο, Garrigue urbaine, "12*2*2", Genève, Le Miel de l’Ours, 2012 (bilingue grec-français, en collaboration avec Rolf Doppenberg)
Τα εικονομ?σματα, Athènes, Gavriilidis, 2013


Roman

Ο ?νθρωπος του λεωφορε?ου (L'homme de l'autobus), Gavriilidis, 2006


Traductions


Jeffrey Carso, 49 Σχ?λια στην πο?ηση του Οδυσσ?α Ελ?τη, Ypsilon, 1983, réédité en 2011
Claude Mossé, Η Αρχα?κ? Ελλ?δα (La Grèce archaïque), Μορφωτικ? ?δρυμα Εθνικ?ς Τρ?πεζας, 1986
Guy de Maupassant, Ο Οξαποδ?ς και ?λλες ιστορ?ες τρ?μου και τρ?λας (Le Horla), Ikaros, 1991
Jean Racine, Ανδρομ?χη (Andromaque), Μ?γαρο Μουσικ?ς Αθην?ν, 1992
Jean Racine, Βερεν?κη (Bérénice), Institut Français d’Athènes, 1994
Jean Racine, Φα?δρα (Phèdre), Institut Français d’Athènes, 1997
Pierre Campion, Μαλλαρμ? (Mallarmé), Pataki, 1998
Tony Kushner, Φρεναπ?τη (L'Illusion), Dolichos, 1999
Edmond Rostand, Οι ρομαντικο? (Les Romanesques), Δημοτικ? Περιφερειακ? Θ?ατρο Π?τρας (Théâtre de Patras), 2000
Gérard Bras, Ο Χ?γκελ και η τ?χνη, (Hegel et l’Art), Pataki, 2000
Yi Mun-yol, Ο ποιητ?ς (Le poète), Métaichmio, 2000
Arthur Rimbaud, ?να πο?ημα και π?ντε επιστολ?ς, Αυτ? που λεν στον ποιητ? μιλ?ντας για λουλο?δια (Ce qu'on dit au poète à propos des fleurs), Gavriilidis, 2000.
Dom André Louf, Η ταπε?νωση, Akritas, 2000
Collectif, Georg Friedrich Händel: Ιεφθ?ε, (Jephté) Μ?γαρο Μουσικ?ς Αθην?ν (2001)
William Shakespeare, Αγ?πης αγ?νας ?γονος, Métaichmio, 2002
Peter Brook, The Man Who, Dolichos, 2003
Jean Racine, Βερεν?κη (Bérénice), Néféli, 2005
Arthur Rimbaud, Το μεθυσμ?νο καρ?βι (Le bateau ivre), Gavriilidis, 2006
Arthur Rimbaud, Εκλ?μψεις (Les Illuminations), Gavriilidis, 2008
Euripide, Ορeστης (Oreste), Néféli, 2008
Lautréamont, Μαλντορoρ (Les Chants de Maldoror), Néféli, 2010


Le peintre

Jean Anguera est né à Paris en 1953. Il s’oriente d’abord vers des études d’architecture qu’il poursuit jusqu’en 1978. Entre temps, il a fréquenté l’atelier du sculpteur César à l’ENSBA.
Il est marqué particulièrement par l’enseignement de Jacques Bosson, architecte et scénographe, et les cours de Jacques Lecoq et Gérard Koch.
Lauréat en 2012 du Prix Simone et Cino del DUCA de Sculpture pour l’ensemble de son œuvre.
Il est élu le 27 février 2013 membre de l’Académie des Beaux-Arts au fauteuil du sculpteur François Stahly.

 

EXPOSITIONS PERSONNELLES

2013 L’inconnu dans l’atelier, La Ferme Ornée, Propriété CAILLEBOTTE, Yerres (91330) ; 2012 Le paysage sculpture//Jean Anguera, Musée LE COMPA, Chartre s; 2011
L’homme jusqu’à la plaine, Galerie Michèle BROUTTA, Paris XV. L’argile est éternelle, Musée GOYA, Castres. 2010 Le paysage à travers l’homme, Yèvre Le Chatel ;. 2008
Dan Barichasse - Jean Anguera, Espace Culturel André Malraux, Le Kremlin-Bicêtre 94270 ; L’échelle placée devant soi, Musée des Beaux-Arts d’Orléans ; Mairie de Briarres sur Essonne ; 2007 Gargallo - Anguera, Espace Simiane de l’Hôtel de Ville, Gordes 84220 ; 2006 Terre d’appui, Galerie Marwan HOSS, Paris I ; Islas de memorias, Sala de Exposiciones Ibercaja Valencia, Valence, Espagne ; 2005 Galerie AROYA, Saragosse, Espagne avec Yvon LE BOZEC et Mercedez GOMEZ PABLO ; Fondation Elsa Triolet-Aragon, St Arnoult en Yvelines, avec le sculpteur Martine BOILEAU ; 2004 L’intime Dehors , Galerie Lina DAVIDOV, Paris VII ; 2003 Portraits de Gallifa la Menuiserie, Rodez. 2002 Portraits de Gallifa Château de Bellecour, Pithiviers ; Instant à la lisière, Centre d’Etudes Catalanes, Paris IV ; 2001 Le dessin de la Sculpture, Galerie Lina DAVIDOV, Paris VII ; 2000 Pour Cyclope, Présentation de Sculptures, Dessins et Livres originaux autour du manuscrit de René QUINON ; 1999 Pensée du Paysage, Galerie Marwan HOSS, Bruxelles ; 1997 De la présence et du Lieu, Galerie Lina DAVIDOV, Paris VII ; 1996 Caminos inversos , Fondation GUINOVART à Agramunt, Espagne ; Exposition galerie Lina DAVIDOV, Paris VII ; 1995 Caminos inversos Musée Pablo GARGALLO de Saragosse, Espagne ; 1994 Figures du Paysage Galerie Lina DAVIDOV, Paris VII ; 1993 Exposition itinéraire 5 Portraits-5 Villages avec les concours du Conseil Général du Loiret et de la Ville de Puiseaux ; Galerie Lina DAVIDOV, Paris VII ; SAGA à Paris, stand Galerie Lina DAVIDOV, avec le peintre Suzanne RAUCH ; 1988 Galerie Marwan HOSS, Paris I ; 1987 Voyageurs en délire, Musée Bourdelle, Paris XV, exposition réalisée avec Laure de RIBIER et Marc BABARIT ; 1980 Galerie Carmen MARTINEZ, Paris IV, avec le peintre Renaat IVENS.

 


Jean Anguera signe le tirage de tête dans son atelier (mars 2014)

 

La critique

Une interview de Stratis Pascalis

L’ivrEscQ : Natif de l’une des plus belles îles de la Grèce, l’île de Lesbos, qu’est donc la Méditerranée pour vous ?
Stratis Pascàlis : La mer méditerranée est la mer matrice des anciennes civilisations ; elle est un lieu où la nature trouve son équilibre idéal et l’homme lui-même sa plus profonde identité : celle de son vrai soi-même. Pour tous les pays qui composent cette partie du monde qui s’étend de l’Asie Mineure jusqu’au détroit du Gibraltar, autour de ce qui ressemble à un lac d’eau salée, George Séféris, le grand poète moderniste grec, Nobel du siècle dernier (et qui a aussi été ambassadeur), les nommait les «Pays du Soleil». Mais d’un soleil qui resplendit d’une lumière claire et en même temps noire… Une lueur à la fois angélique et tragique. Je crois que cette lumière purifiante et aveuglante est précisément la lumière opaque du midi algérien dont Albert Camus disait : «Une énigme heureuse m’aide à tout comprendre… la lumière du soleil, à force d’épaisseur, coagule l’univers et ses formes dans un éblouissement obscur…. cette clarté blanche et noire, pour moi, a toujours été celle de la vérité…».

L. : Enigme, beauté, tragédie, il y a là tant d’extrêmes…
S.P. : Oui, parce que la Méditerranée est aussi le lieu des grands amalgames. Amalgames de peuples, de races et de civilisations multiples et impressionnantes. La Méditerranée est le lieu de ce mélange (krama en grec) dont le célèbre poète Cavafy a parlé dans ses poèmes en nous révélant sa pluralité, ses atmosphères et son climat toujours complexe, multiforme, imprégné par le mystère d’une condition formée d’une multitude de différences et de contradictions. Une réalité en mouvement qui a abouti finalement à une unité compacte et solide, porteuse dans ses flancs du germe des grandes traditions du monde antique. Naguib Mahfouz a dit, lors de son discours de réception à l’Académie Nobel, qu’il ressentait et vivait l’ingrédient actif de l’amalgame des quatre composants de la substance génératrice de son pays d’aujourd’hui : la civilisation pharaonique, la gréco-romaine, la byzantine, l’islamique.

L. : Méditerranéen de naissance sans conteste, mais vous êtes d’abord Européen par culture et par le socle des intérêts partagés entre citoyens des pays qui composent l’Union européenne…
S.P. : C’est vrai que nous autres habitants de l’Europe du Sud nous sommes sans cesse tournés vers les pays de l’ Europe occidentale et nordique ; des pays qui par leur force et leur prospérité deviennent « normalement » le centre de notre intérêt politique, matériel et culturel jusqu’à ce que nous en oubliions très souvent, trop souvent même, que nous appartenons de fait à la grande famille des pays de la Méditerranée qui nous sont beaucoup plus proches et plus familiers. En réalité, nous sommes beaucoup plus attachés à cette famille, je dirais par des liens presque charnels. Il est vrai, cet «oubli» nous a au fur et à mesure conquis… et éloigné de notre vraie descendance qui est l’osmose entre l’Occident et l’Orient ; un magique et mystérieux mariage de la culture chrétienne et islamique à la lumière d’un esprit qui nous impose à tous une mentalité de vie quotidienne presque commune, que ce soit notre attitude envers la vie ou envers la mort. Ainsi, des notions de l’éphémère, du respect du destin, du souci de ne pas dépasser la mesure, du sens de l’humain dans sa plus simple et profonde expression… Cette réalité qui fait qu’ont est à la fois innocent et coupable sans le savoir, heureux et tragique, libre et condamné, ouvert à la vie et à la perte, à chaque instant comme un enfant qui existe sans y penser, croyant seulement aux mythes et à la poésie de ses fantaisies, primitif et profondément noble…

Par Abderrahmane Djelfaoui

 



Le Journal de Strasbourg
, novembre 2014