Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

Le paradis de l'oiseleur

le livre, l'auteur, le peintre, la critique

Collection "Poésie"

 

 

 

 

Tirage courant : 500 ex tirés sur bouffant ; illustration : Guy Calamusa

Tirage de luxe : vingt exemplaires uniques en forme de leporelli, rehaussés d'un dessin original de Calamusa.

 

 

 

 

 

ISBN 979-10-90836-22-8

Parution juin 2013

Le livree illustration de Baudoin pour La barque du pêcheur (section "Naplouse")

 

tu n’entends jamais quand se répète la mort dit l’iris
au cavalier de soie noire virevoltant sexuel comme un printemps au bord des chemins

tu n’entends jamais le mot mort répète l’iris au bord de la route joyeux d’un petit rien oublieux du reste
Arrive la petite : d’un mot fait un bouquet s’en va sur les chemins et la mort avec elle

 

Le Paradis de l'oiseleur ressemble à un pont, entre deuil et espérance. Le coq guérisseur rend l'espoir au matin. Si la mort, celle de la mère, est présente au long du recueil, la vie et le désir sont encore là ; la poésie de Giorgio Caproni conduit au détachement qui permet au poème d’exister. L'espérance est violente, disait Apollinaire : elle permet le mouvement de l'écriture et entraîne au voyage le lecteur, entre oubli et mémoire.

L'auteur
Sylvie Durbec est poète ; elle a reçu en 2008 le Prix Jean Follain pour Marseille éclats et quartiers (J. Brémond éd.). Les oiseaux l'occupent beaucoup, mais aussi les collines et la mer.
En 2011, elle publie La Huppe de Virginia, et Ce rouge qui brillait, Soutine. Elle est aussi traductrice et plasticienne.


Le peintre

Né au Maroc, Guy Calamusa s'est fixé en Provence. Une partie de son travail met en scène des cartes imaginaires à travers lesquelles abondent des symboles récurrents : oiseaux, échelles, barques. Le peintre semble accomplir d'une toile à l'autre un travail de tisserand, comme si à chaque coup de crayon, de pinceau, il fallait démasquer, démarquer ces "voyageurs invisibles". Il aime accompagner les poètes : pour Al Manar, V. Khoury-Ghata, J. Sacré et maintenant S. Durbec.

La critique

Le paradis de l’oiseleur de Sylvie Durbec (éditions Al Manar) est semble-t-il  (et même c’est certain) une suite à La huppe de Virginia paru aux éditions Bremond. Dans l’écriture de Sylvie Durbec (tout comme dans ses collages, dessins et broderies), il y a quelque chose de l’enfance qui demeure, et ce côté-ci côtoie une écriture tout en finesse et ciselée. Dans la huppe de Virginia, la petite Virginia s’adressait à la très vieille Virginia. Dans le paradis de l’oiseleur, l’enfant côtoie la mort, l’absence avec ce retour en arrière, ces souvenirs d’un autre temps, dans les quartiers de la mère, à Marseille. Le ton est donc plus grave et moins dans le jeu que dans le précédent recueil, la mort rôde et même le silence. Tout cela avec beaucoup d’oiseaux, du pays et de la terre. Un très beau recueil.
 
IV, l’iris
tu n’entends jamais quand se répète la mort
dit l’iris
au cavalier de soie noire virevoltant sexuel
comme un printemps au bord des chemins
 
tu n’entends jamais le mot mort répète l’iris
au bord de la route joyeux d’un petit rien
oublieux du reste
Arrive la petite : d’un mot fait un bouquet
s’en va sur les chemins et la mort avec elle

Cécile Guivarch, pour Terreaciel

 

Il est dit que Sylvie Durbec compose volontiers avec les oiseaux. Et la huppe, présente déjà dans un précédent recueil (La huppe de Virginia, 2011), réapparaît ici, plus vieille dans ce temps désormais "immobile et gris", le temps, pour l'auteur, du deuil de sa mère. "Les poètes esaient avec les mots de déplacer la langue usuelle vingt six lettres pour dire : pas une de plus." Des citations empruntées à Giogio Caproni accompagnent ce livre divisé en quatre parties et où ne pointent que quelques lueurs d'espérance transmises par "l'enfant", celui qui a trop de vie en lui pour entendre "quand se répète le mot mort". Le paradis de l'oiseleur parfois répète un vers, comme on repasserait un même pont, là où tournoie la huppe au-dessus d'un corps mort, tandis que l'enfant interroge : "Chaque fois que l'un de nous meurt, est-ce que chaque fois un petit dieu meurt aussi ?" Sylvie Durbec a trouvé les mots.

Alain Helissen, CIPM, Cahier Critique de Poésie 27, mars 2014