{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

L'oreiller d'argile

le livre , l'auteur, le peintre, la critique

Collection "Ultramarines"

20 ex de tête, suivis de 600 ex sur Bouffant édition,
l'ensemble typographié sur vélin d'Arches
par François Huin,
rehaussé par Jean Cortot de trois dessins reproduits en typographie
et d'une peinture originale truffant le tirage de tête.

 




66 pp. au format 22 x 16 cm. Paris, mai 2010.

ISBN 978-2-913896-85-7

Le livre

Si la poésie de Mizon est souvent celle des grands espaces et de la richesse de l'image, L'oreiller d'argile, comme déjà Poèmes d'eau et de lumière, se situe dans le registre plus intime du poème d'amour.

Bienvenue sois-tu comète intime
lumière de l'âme
pluie
cascade d'eau rêveuse
collier de musique et de silence
ta matière d'un autre monde
lavera mon visage
mes mains deviennent nids
pour recevoir ton souffle
rosée de la nuit
brisée par notre étreinte

L'auteur

Né en 1942 à Valparaiso, au Chili. Fils de marin, Mizon passa son enfance à Chillan ; il habite Paris depuis que le coup d'Etat de Pinochet l'a chassé de son pays, en 1974. Poète, il a également écrit des romans ; il peint à ses heures. Nombreux recueils de poésie, articles et oeuvres radiophoniques.


Luis Mizon
lit L'oreiller d'argile au Festival Voix vives de la Méditerranée, à Sète (juillet 2010)

Le peintre

Jean Cortot est né à Alexandrie en 1925. Elève d'Othon Friesz à la Grande Chaumière, il fait partie dès 1943 du groupe l'Echelle qu'il a contribué à fonder avec Busses, Calmettes, Patrix et quelques autres camarades d'atelier en 1948. A cette date lui est attribué le Prix de la Jeune Peinture, suivi en 1954 du Prix de l'Union Méditerranéenne pour l'Art moderne de Menton.
Son oeuvre est riche d'un demi-siècle de peinture ; elle aborde des thèmes à travers lesquels le peintre décline les variations d'une invention graphique exceptionnelle. Après les oeuvres de jeunesse d'inspirations diverses, Jean Cortot crée des variations sur le chantier naval de la Ciotat (1947-1950), les paysages de l'Ardèche, Natures mortes (1955-1956), des variations sur La table du peintre, la Série des Villes (1957-1958), la Série d'Antiques (1962), la Série des Combat, d'où découle celle des Ecritures (1967) qui se poursuit pendant une longue période. A partir de 1974, les écritures se font lisibles ; c'est la Série des Tableaux-poèmes et des Poèmes épars.

La curiosité de l'artiste l'amène également à faire des incursions dans d'autres domaines que la peinture, et à dépasser certaines frontières entre les arts.
De 1951 à 1956, huit tapisseries sont tissées à Aubusson sur ses cartons, en 1988 deux tapis. Il exécute quelques travaux graphiques, notamment des télécartes et tableaux-téléphones, affiches, etc. Il réalise aussi plusieurs décorations murales entre autres à Toulouse, Bordeaux, Libourne, Paris.
Son goût prononcé pour les lettres et la philosophie le conduit à illustrer de nombreux ouvrages littéraires parmi lesquels en 1965, son premier livre édité chez Maeght, La charge du roi de Jean Giono ; en 1989, Ouest-Est de Michel Déon ou encore des oeuvres poétiques de Jean Tardieu, Louise Labé, Vents et bien d'autres encore. Plus de cent soixante-dix ouvrages, livres manuscrits, manuscrits, peints, imprimés ou gravés : au fil des années une oeuvre unique s'est créée, fondée sur une étonnante symbiose écriture-peinture. Pour Al Manar il a déjà accompagné Luis Mizon (voir Pêcheur de lune).


Jean Cortot dans son atelier du Lot (juillet 2010), avec Christine Gorius et Diane de Bournazel

La critique

"Lumière caressée / blessure qui murmure", déclare, à l'orée d'un poème, Luis Mizon. L'Oreiller d'argile, écrit en français, dit cela : les corps qui se cherchent, qui se trouvent, se pénètrent, qui s'entrevoient. La lumière, qui découvre tout, les corps et les ombres, et les corps devinés au-dedans des ombres, avec — pour seul guide — les mains, pour pensée le toucher, la chair, et le contact des corps nus pour seul vivre, pour seul regard. Ici, les images disent le sexe sans le dire, le font passer au travers de mots si concrets, quotidiens, si courants parfois, qu'on peine à saisir si l'image érotique y figure en creux. Des gestes simples. Tout toujours dans l'oscillation des corps et du sens dans l'amour, et dans l'ombre d'une langue simple, pour que l'oreiller ouvre, alors, un paysage, ou comme un jardin de mystères, une lampe, un refuge où vivre, avec la ténue vérité d'un miroir, d'un miroir en miettes.

Christian Travaux,
Cahiers Critiques de Poésie Marseille