{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

Mûrier triste dans le printemps arabe

le livre , l'auteur , le peintre, la critique

Collection "Poésie"

 

 

 

 

 

 

 


20 exemplaires tirés à part sur BFK Rives
au format 15 x 21 cm, chacun rehaussé de trois interventions originales de Jean-Michel Marchetti, sous couverture Arches 250 gr.

800 ex. typographiés sur Bouffant édition. 17 €.

ISBN 978-2-36426-064-1
DL 3ème trimestre 2016

Le livre

Le poète dans la Cité n’a que sa plume pour déjouer l’obscurité menaçante, s’opposer à l’aveuglement, élever sa voix contre la volonté de mort, la confiscation du printemps. Chants de liberté, ces poèmes disent avec gravité et mélancolie l’attachement à la vie humaine. De Paris à Tunis, de Bamako à Palmyre, de Dakar à Lampedusa, la traversée de la Nuit est habitée par le même désir de Lumières fraternelles...

 

(...)
Il est loin le vent qui apportait
Mon pollen à tes bourgeons alertes
Abri des rouges-gorges au réveil

Dis mûrier
C’est de soie vermeil qu’il s’agit
Ou de vers qui rongent la saison

Dis mûrier
C’est d’aube écarlate que tu te nourris
Ou de chenilles dévorant tous ces papillons

 

 

 

 

 

L'auteur


Tahar Bekri au Marché de la poésie, juin 2016 - avec le Dr E. Duplessis et sa fille Aliénor


Né en 1951 à Gabès (Tunisie), Tahar Bekri écrit en français et en arabe. Maître de conférences à l'Université de Paris X, il a publié une quinzaine d'ouvrages (poésie, essais, livres d'art). Saluée par la critique, sa poésie est traduite dans différentes langues (anglais, russe, italien, espagnol, turc...).
Chez Al Manar : L'Horizon incendié (avec Mohammed Kacimi), La brûlante rumeur de la mer (avec Joël Leick), Orage zéphyr (avec Mohammed Kacimi), Si la musique doit mourir (avec Francesca Brenda), Les dits du fleuve (avec Joël Leick), Je te nomme Tunisie, Poésie de Palestine, La nostalgie des rosiers sauvages... et plusieurs livres de dialogue avec des peintres.

Le peintre

Jean-Michel Marchetti, peintre et photographe, est né en 1952. Il a souvent accompagné de ses peintures les œuvres de poètes contemporains : Françoise Han, Antoine Emaz, Bernard Noël...

 

Expositions personnelles

Galerie Routes, Paris, 2015, peintures
Galerie Hervé Courtaigne, 53 rue de Seine, Paris, 2015, peintures
Galerie Omnibus, Besançon, 2015, peintures
Abbaye de Baume les Dames, 2016, peintures
Bibliothèque Nationale, La Havane, Cuba, peintures et livres, mai 2016
Alliance française, La Havane, avril 2016, Autoportraits photographiques (avec René Pena)
Musée du rhum, La Havane, avril 2016, photographies de musiciens
Chapelle romane de Molezon, Lozère, juillet-août 2016, peintures (avec Bernard Noël)
Maison Fusier, Ferney-Voltaire, octobre 2016, peintures (avec Bernard Noël)
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Illustrations

Le Café de l'Excelsior, de Philippe Claudel , 1999 (ISBN 978-2-913465-02-2)
MW, M2W, MW 3, M4W, MBW, de Robert Wyatt, 1997-2002
Flaques, d'Antoine Emaz, éd. Centrifuges, 2013 (ISBN 978-2-9544587-3-1)
Un Deuil, de Hubert Lucot, L'Attentive, 2014
Quelques Regards, de Bernard Noël, La Dragonne, 2016
Ce Pli ouvert, de Françoise Hàn, Brémond, 2016
Nombreux Livres pauvres depuis 2008 avec Bernard Noël, Michel Butor, Pierre Bergounioux, Hubert Lucot, Stéphane Branger, etc.

 

La critique

 

Ecoutez Tahar Bekri sur RMC Doualiya : cliquer ICI
Lisez un entretien avec T. Bekri sur BALLAST en cliquant ICI

 


MÛRIER TRISTE DANS LE PRINTEMPS ARABE
de Tahar Bekri


par Tanella Boni


Tahar Bekri a sorti, en avril 2016, chez Al Manar, son dernier recueil de poèmes, au titre évocateur, Mûrier triste dans le Printemps arabe, accompagné d'acryliques de Jean-Michel Marchetti.

Les poèmes de Tahar Bekri composent un chant ininterrompu avec, chaque année ou presque, un nouveau point d'orgue sur l'exil, l'errance, le voyage, mais aussi la fraternité et la liberté, la résistance à toutes formes de violences. Partout où l'humain est en péril, le poète fait entendre sa voix. Il n'a que ses mots comme armes pour combattre le mal qui croit avoir raison du vivre ensemble dans la paix. Quand le monde est à feu et à sang, la poésie a-t-elle encore son mot à dire ? Mais dire plutôt que garder le silence -autre manière de s'exprimer- c'est sans doute le rôle primordial du poète. Dire là où le bât blesse parce que la parole poétique fait partie d'une longue histoire de la pensée. Ici, elle prolonge l'intensité de ces mots accumulés depuis des siècles sur l'enfer qui attend ceux qui "ont fait violence aux autres". Ainsi, Rûmi (1207-1273) et Dante (L'Enfer, Chant XI) sont convoqués pour ouvrir Mûrier triste dans le Printemps arabe.

Ici, la marche inlassable dans la ville n'est jamais solitaire. Le poème intitulé "Place de la République", par-delà la nuit des décombres, malgré les chars et les fusils, me semble emblématique de la solidarité entre humains qui croient encore en des valeurs qui font avancer le monde :

"Frères sœurs je marche parmi vous
Doucement sur la terre
Profanée par ces vivants nourris de morts" (p. 27)

La temporalité accompagne le poète qui fait le tour du temps des saisons et d'abord de l'hiver, personnage principal qui parcourt le recueil, après son entrée en scène, sous le signe du souvenir, dès le premier poème :

"Souviens-toi hiver de cet hiver
Il s'immola par le feu qui lui brûla les lèvres la parole humiliée de mille baillons" (p. 10)

Ceci n'est pas un conte au coin du feu mais la quête du sens d'un moment tragique resté gravé dans les mémoires. Dans le poème suivant, celui qui s'immole par le feu est nommé au détour du chemin du "Retour à Tunis", en avril, au cœur du printemps pluvieux.

"Pourras-tu voir ces chariots
Sans penser à Bouazizi
Au feu qui l'emporta
Rêve et rébellion résolus" (p.12).

Quand revient le poète dans sa ville natale, restent la couleur de l'hiver et les traces des rêves avor