{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen
Lettres et dessins à Paul Huin

le livre , l'auteur , l'illustrateur , la critique

Collection "Bibliophilie contemporaine"

Max Jacob


Lettres et dessins
à Paul Huin



1928 - 1932









Bibliophilie

Al Manar



Lettres, dessins, poème inédits de Max Jacob
présentés par Philippe Schmitt-Kummerlee
composés en caractères mobiles
et tirés à cent exemplaires
sur vélin d'Arches
au format 30 x 22,5 cm.

 

 


Paris, 2006
280 euros

Le livre

           
Les Editions AL MANAR proposent une correspondance inédite, enrichie de dessins, de Max Jacob à Paul Huin (1900- 1944), présentée par l'historien Philippe Schmitt-Kummerlee, grand connaisseur de l'oeuvre et de la vie de Max Jacob.

Cette correspondance, si elle est assez courte, fait surgir l'univers qui fut celui de Max Jacob, des années 1928 à 1932.

Max Jacob, qui a alors cinquante-deux ans, consacre Paul Huin poète, puis marchand de tableaux, en lui confiant un lot de ses oeuvres. Huin, familier de l'Hôtel Nollet, y rencontre Picasso, Charles-Albert Cingria, Jules Supervielle, Pierre Colle, André Ostier, Jacques Bonjean et Christian Dior...

Les lettres (reproduites en fac simile) sont accompagnées de diverses oeuvres graphiques de Max Jacob provenant de la collection Huin : une tête de Christ - Souvenir de l'Hôtel Nollet ; un dessin-dédicace au frontispice du Sacrifice impérial (Emile Paul frères, 1929), une dédicace à celui de Bourgeois de France et d'ailleurs (Gallimard, 1932) et une méditation ornée d'un dessin, signée C. Max Jacob, souvenir du baptème de celui qui était devenu Cyprien Max Jacob à Notre-Dame de Sion en 1915, avec Picasso pour parrain.

L'auteur
Max Jacob (Quimper, 1876 - Drancy, 1944)

Fils d'un tailleur établi à Quimper, Max Jacob entreprend, après de brillantes études secondaires, des études à l'Ecole coloniale à Paris. Il les abandonne au profit de la critique d'art, écrivant sous le pseudonyme de Léon David dans le Moniteur des Arts. La fréquentation des ateliers et des expositions lui permet de rencontrer Picasso en 1901. Le peintre catalan habitera chez Max Jacob à partir de 1902, avant que ce dernier aille rejoindre en 1907 la rue Ravignan à Montmartre, peu après l'installation du peintre au Bateau-Lavoir.

Max Jacob est alors le témoin privilégié de la naissance du cubisme, assistant en particulier à la genèse des Demoiselles d'Avignon. Il se lie alors avec Juan Gris, Apollinaire, Braque ou André Salmon. Après des contes pour enfants, Max Jacob entreprend de réinventer la poésie en prose : Saint-Matorel (1911) et le Siège de Jérusalem (1914), illustrés par Picasso et les Œuvres burlesques et mystiques du frère Matorel (1912) avec des dessins de Derain, tous trois édités par Kahnweiler, précèdent le célèbre Cornet à dés (1917) édité à compte d'auteur.

Jusqu'en 1921, Max Jacob fréquente la bohème montmartroise et se lie avec la plupart des écrivains et artistes du moment. L'amitié de Cocteau sera indéfectible ; Modigliani fera de lui des portraits émouvants.

Deux apparitions du Christ (la première sur le mur de sa chambre en 1909, la seconde en 1914) le convainquent d'abandonner la religion juive pour la foi catholique. Le baptême aura lieu l'année suivante sous le regard de son parrain Picasso. Sa vie sera désormais différente.

De 1921 à 1928, il s'installe dans l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, où il demeurera de nouveau à partir de 1935, et jusqu'à sa mort en 1944. Il écrit d'innombrables méditations religieuses et dessine des scènes inspirées par la Bible.
Parallèlement à son œuvre d'écrivain, essentiellement des poésies où il démontre son incomparable talent de jongleur de mots (La Défense de Tartuffe, 1919, Cinematoma, 1920, Le Laboratoire central et le Roi de Béotie, 1921, L'Art poétique et Le Cabinet noir, 1922, Filibuth ou la montre en or et La Couronne de Vulcain, 1923, etc...). Max Jacob, qui s'était essayé à la peinture à son arrivée à Paris, va se consacrer de plus en plus à cet art.

A partir de 1919, il exposera régulièrement ses gouaches qui lui procureront les ressources que l'écriture ne lui apporte pas. Elles sont inspirées par des paysages de Bretagne, de Paris ou du Val de Loire, par les fresques romanes qu'il admire ou par les scènes de cirque qu'il affectionne particulièrement.

Durant la période du Bateau-Lavoir, il avait adopté une technique faite de formes géométriques, qui n'était pas sans relations avec le cubisme. Il la reprendra dans les dernières années. Son art se partage alors entre des gouaches à l'expression spontanée et d'autres copiées d'après des cartes postales, plus alimentaires et plus banales.
Durant toute sa vie, Max Jacob a par ailleurs été un "découvreur" de talents, encourageant peintres, écrivains et musiciens, écrivant des préfaces ou servant d'intermédiaire avec ses amis et relations. André Malraux, Paul Dubuffet, Roger Toulouse, Josep de Togorès, Francis Poulenc, Henri Sauguet, Christopher Wood ou Giovanni Leonardi lui sont tous plus ou moins redevables.

De 1928 à 1935, de retour à Paris, Max Jacob s'abandonnera aux mondanités et au dandysme, entouré de toute une génération de jeunes poètes comme Marcel Béalu, Michel Manoll ou René-Guy Cadou, qui voient en lui, à travers Le Cornet à dés, l'un des inventeurs de la modernité. Sa correspondance est considérable. C'est à cette époque que Paul Huin, jeune poète et marchand d'art, lui est présenté ; il négociera différentes oeuvres de Max, et d'autres de ses amis, comme Christian Dior.

Max Jacob va consacrer ses dernières années, particulièrement douloureuses, à prophétiser la catastrophe qui s'annonce. Bien qu'authentiquement chrétien, il est contraint de porter l'étoile jaune.

En 1942, sa sœur Julie-Delphine meurt, anéantie par la peur. L'année suivante, son frère Gaston, puis en janvier 1944, sa sœur chérie Myrté-Léa sont déportés à Auschwitz, dont ni l'un ni l'autre ne reviendront. Max Jacob est finalement arrêté le 24 février 1944, emprisonné à la prison d'Orléans, puis déporté quatre jours plus tard au camp de Drancy d'où partaient les convois vers l'Allemagne.
Il y meurt d'une pneumonie le 5 mars 1944.

L'illustrateur

Max Jacob lui-même, grand dessinateur comme on sait devant l'Eternel.

La critique


Les Cahiers Max Jacob n° 7, Paris, octobre 2007, p. 122