{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

Marrakech, lumière sur lumière

le livre , l'auteur , la critique, le peintre

Collection "La parole peinte"

Vingt-cinq exemplaires sur Vélin d’Arches rehaussés
d’une gouache de Farid Belkahia ;

cinquante ex. comprenant une gravure originale de Belkahia;

dix ex. HC de 1 à 10.

 

 

 

 

Le livre


 

 

J’ai vu

la lune et le soleil dans une même course

au dessus des oliviers

qui ne sont ni d’Orient ni d’Occident

La lune et le soleil faire alliance dans les bassins de la Menara

Se fondre dans les eaux du Nil

le matin où Ibn Guzman chantait

Aube, Aube, voici la lumière dans un jour nouveau

L'auteur

Nicole POSTNIKOVA de PONTCHARRA a passé une partie de son enfance à Marrakech. Femme de lettres et de culture, esprit curieux de tout, et ouvert à tous, Nicole de Pontcharra, citoyenne du monde de par ses origines, son parcours et ses amitiés, est restée très proche du monde et de la culture arabes — sans renier pour autant ses liens avec la Russie et l'Europe orientale.

Conservateur-adjoint du Musée d'art contemporain de la ville de Grenoble, aux côtés de Pierre Gaudibert, elle a notamment initié en 1984 la première grande exposition collective de peinture marocaine contemporaine en France, et dirigé en 1999 le n° spécial de la Revue noire consacré au Maroc, ainsi que, avec Maâti Kabal, l'ouvrage Le Maroc en mouvement paru chez Maisonneuve et Larose. Deux ouvrages incontournables pour qui s'intéresse à la culture marocaine : ils font, avec beaucoup de précision, le point sur la situation de l'art dans ce pays.

Outre Dans le Silence et Marrakech lumière sur lumière, parus aux éditions Al Manar en 1997 et 1999, sont encore disponibles, de Nicole de Pontcharra, Cris Ecrits, éd. de Lhassa, 1991, Lettres du jour, éd. A. Die, 1994, et L'Humeur du monde, Revue noire, 1995.

La critique

à propos de la collection "la parole peinte"

Ces livres où peintres et poètes font bon ménage

(…) Mais avant d’en arriver à la réception de l’œuvre, voyons sa production intellectuelle. Retournons en amont. Nous retrouvons des complicités aux regards croisés. Entre Kacimi et son bonhomme gai, amer, dans Le Creux du corps. Le peintre y illustre sa vision poétique de la déchéance humaine. Entre les textes du critique d’art Nicole de Pontcharra et les dessins de Mohamed Abouelouakar, écrits et peints dans le livre intitulé Dans le silence, c’est bel et bien une étreinte d’amitié qui se dégage. L’écrivain est allé jusqu’à Moscou rencontrer cet artiste singulier, solitaire. Ils se disent tous deux "de la même tribu". Ceci n’est pas complètement métaphorique, puisque Nicole, d’origine russe, a vécu durant son enfance à Marrakech, ville natale du peintre. Ceci dit, son rapport à la ville ocre, et avec la Koutoubia qu’elle a pu gravir dans les années 50, alors jeune chrétienne interdite d’accès, est davantage perceptible à travers Marrakech Lumière sur lumière, livre dans lequel Farid Belkahia s’abandonne, par souci de dialogue sans doute, à des variations de formes et de couleurs qui rendent bien le tourbillon de l’escalade à laquelle s’était livrée la poétesse.

Entre Alain Gorius, poète et responsable de la galerie Al Manar, et Mohamed Kacimi, le rapport est étroit également. Ces poèmes dépouillés, écrits de Rabat à Marrakech, ont été accompagnés, dans Ombre portée, par des silhouettes et des symboles signifiant le parcours, sans lyrisme, avec détachement. Ce même Alain Gorius se retrouve en échange esthétique avec le jeune peintre Yamou dans Stellaires dans la nuit des rêves. Enfin, Approche du désertique permet aux poèmes de Mostafa Nissabouri de donner du volume au vide que créent les sérigraphies de Miloudi. D’une rencontre à l’autre, le credo est clair : "parallélisme du langage plastique et du langage poétique".Aucun des deux n’est au service de l’autre.Les deux se tiennent par la main et nous invitent au voyage.Le temps d’un livre.

Driss Ksikès, Le Journal, 20-2-1999


Marrakech, lumière sur lumière : pyrogravure sur cuir de chameau, par F. Belkahia

une heureuse cohabitation entre peintres et poètes

(…) Les années 50 et 60, les peintres et les écrivains se sont regardés de loin, pour ne pas trop confirmer l’absurdité du monde. L’abstraction des deux côtés a été cette sorte de repli sur les ustensiles des arts : les mots et les couleurs.

Ce sont les éditeurs qui viendront ranimer la flamme de cette ancienne amitié et trouveront les complicités entre des individualités, dans une sorte d’intimité, sans prétention, pour que des livres-images, dans toutes sortes de formats, puissent voir le jour.

(…) Le travail d’Alain Gorius, éditeur d’art, s’inscrit dans cette logique, même si la cohabitation entre nos poètes et nos peintres a été dès le début le stimulant nécessaire, pour les uns et les autres, pour que naisse chez nous le projet d’une création contemporaine. Il est bien vrai que depuis quelques années les porte-folios se font très rares, et cette nouvelle entreprise de la Galerie Al Manar vient redonner un nouveau souffle à cette collaboration des sensibilités. Les titres proposés sont : Dans le silence, qui réunit les poèmes de Nicole de Pontcharra et les dessins de Mohamed Abouelouakar ; Marrakech Lumière sur lumière, poème de Nicole de Pontcharra et peintures de Farid Belkahia ; Ismaël et le chien noir, nouvelle de Jean-Pierre Millecam et peintures de Mohamed Azouzi ; Le creux du corps, un ensemble de poèmes de Kacimi et de ses propres gravures ; La malle de Sidi Maâchou, texte d’Edmond Amran El Maleh et gravures de Tibari Kantour ; Approche du désertique, huit chants de Mostafa Nissabouri et peintures de Houssein Miloudi ; Stellaires dans la nuit des rêves, poème d’Alain Gorius et gravure d’Abderrahim Yamou ; Ombre portée, enfin, poèmes d’Alain Gorius et gravure de Kacimi.

Deux raisons nous semblent motiver la production de ces œuvres à deux mains, l’une économique, et l’autre esthétique. En effet, les tableaux de nos peintres sont devenus de plus en plus chers, et les acquérir est devenu l’affaire de quelques riches collectionneurs ou d’institutions ; les intellectuels et les amateurs d’art se retrouvent spectateurs frustrés de cette aventure de notre art, de laquelle ils se sentent rejetés pour raison économique. Un livre fait de poèmes et de peintures est un substitut convenable pour élargir le cercle des gens concernés par notre art contemporain. La deuxième raison est dans un sens parallèle à la première, purement matérielle. Notre peinture, comme notre poésie, dans le sillage des grands courants des créations contemporaines, sont difficiles d’accès et résistent à l’œil qui voudrait les absorber instantanément. Trop de références derrière chaque tableau et chaque poème, et ceux qui s’y aventurent ensemble sont, peut-être, capables d’imposer une attention plus grande à leur assimilation, et pour que le monde qu’ils reflètent soit plus dense émotionnellement à tous.

Azzouz TNIFASS, Le Temps du Maroc n° 174, 26-2-1999


Le peintre

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