{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen
Eloge de l'imperfection

le livre , l'auteur , l'illustrateur

Collection "Poésie"



poèmes inédits de
Hassan Wahbi
tirés sur
Bouffant édition à 1000 exemplaires

20 exemplaires de tête tirés sur Vergé, rehaussés d'un dessin original de Farid Belkahia

 

ISBN 978-2-36426-021-4

 

 

 

publié avec le soutien du





 


Eloge de l'imperfection, dessin de Belkahia en frontispice. Tirage de tête, ex 2/20

 

Le livre

 

D’un désir l’autre
rien n’est achevé

l’abîme est là
au sein du souffle.

 

“Je me suis permis d’allumer une simple bougie pour que l’on puisse lire à sa tendre lueur l’Eloge de l’imperfection de Hassan Wahbi car, par les temps qui courent, il fait sombre, il fait noir tout autour de nous. Et dans cette nuit sans rivages, le poète est là qui nous parle à voix basse, nous tient la main si besoin est, fidèle à son antique et si actuel office, celui de nous rappeler encore et encore les exigences de notre métier d’homme : ne pas baisser les bras, rester éveillé, ne jamais désespérer de l’aube.”

Abdellatif Laâbi

>“Une poésie douée de lucidité qui ne compense rien, qui abolit la sécurité métaphysique et libère le regard sur le monde, sur les signes de son propre séjour, procédant par questionnements, par périples, par pensées rêveuses, par inflexion des voies ; dans une espérance sans appui, mais soucieuse de la beauté des incertitudes, de l’intranquillité combien humaine. Il subsiste constamment et finalement une grande imperfection et c’est là où recommence l’existence, ses actes poétiques, son essor éclairé."

>H. Wahbi

 

L'auteur

Hassan Wahbi enseigne la littérature française et l’histoire des idées et des questions interculturelles et d’esthétique à la Faculté des Lettres d’Agadir (Maroc).

Il a publié deux monographies critiques sur l’écrivain Abdelkébir Khatibi : les Mots du monde et la Fable de l’aimance, un livre d’entretiens avec le même écrivain : La Beauté de l’absent et deux recueils de poésie, Ici et La Part de Lumière (l’Harmattan, 2009 et 2010).


Le peintre

On ne peut aujourd'hui d'évoquer la peinture contemporaine au Maroc sans se référer à Belkahia, dont l'oeuvre est devenu l'un des repères essentiels des arts plastiques maghrébins. Ce peintreau graphisme élégant a collaboré avec différents poètes ; on retiendra : A tours autours, poèmes de Natacha Pavel, treize lithographies rehaussées à la main (1980) ; Andalousies, texte de Abdelkébir Khatibi, une sérigraphie (1984) ; Universidad Al Mu'tamid, texte de Tahar Benjelloun, une gravure (1986) ; Aube, treize sérigraphies et treize poèmes de Mostapha Nissaboury ; Marrakech, lumière sur lumière, poème de Nicole de Pontcharra, Ed. Al Manar, Neuilly / Seine, 1998, une pyrogravure, trois peintures ; Ayn, poème de Jean-Clarence Lambert, Ed. Al Manar, Neuilly / Seine, 2001, une peinture sur peau contrecollée sur le vélin, une pyrogravure ; La mise à feu de la bibliothèque de Bagdad, poème en prose de Etel Adnan et peinture de Belkahia, Ed. Al Manar, 2004; Matière, poème en treize fragments de Salah Stétié, Ed. Al Manar,2005 ...


Eloge de l'imperfection, dessin de Belkahia en frontispice. Tirage de tête, ex 13/20

Pour consulter la page de Farid Belkahia, CLIQUEZ ICI

La critique

OÙ EST LA POÉSIE QUI SAUVERA LE MONDE ?

Tahar Ben Jelloun : "C'est la poésie qui sauvera le monde."

"(...) Pourtant c’est la poésie qui sauvera le monde. J’en suis mille fois persuadé. Revenons aux poètes, les anciens et les contemporains, lisons-les, relisons-les, méditons leur musique, leur chant, leur colère. Il est temps de quitter le cercle vicieux de la malveillance nourrie de plus en plus par le racisme et la haine programmée qui nous préparent des lendemains encore plus cruels que ce que nous venons de vivre. Bref, la poésie est menacée, elle s’exile, se retire devant tant de bruits malsains, devant l’injure, la diarrhée où le verbe est pauvre, limité, nauséabond.

C’est le moment de signaler la parution de «Eloge de l’imperfection»* un recueil du poète marocain qui écrit en français Hassan Wahbi. Il vit à Agadir et enseigne à la faculté des lettres «l’histoire des idées et des questions interculturelles et d’esthétique». C’est un homme discret, travailleur, attaché à sa ville qu’il ne quitte qu’une à deux fois par an. Le reste du temps il lit et écrit. Mais son écriture est rare. Il ne cesse de revenir sur le texte et le travaille comme un artisan. Il sait que la poésie se réfugie dans une minorité menacée. Ses vers sont brefs, précis, sans fioriture. On dirait qu’ils sont juste murmurés dans l’oreille d’un mendiant ou d’un mourant. La poésie de Hassan Wahbi tient de la lucidité qui ne négocie rien : «On n’entend que le bruit / que fait l’habitude de vivre» dans l’évidence du jour, dans la clarté de ce «désir imparfait» qui rôde autour de la vie. Dépouillé à l’extrême, il rêve de ne plus être encombré, malmené, interpellé par ce qui tient lieu de réussite. Il est à la recherche de cette part maudite du tapage que fait l’imposture pour enfin trouver une petite place dans «la géographie intime du silence». Il le dit autrement : «S’absenter de soi-même / se reposer de sa propre maison / de sa propre peau, un peu, / quitter sa parole… / mais pour aller où».

Conscient que ses vers l’isoleront un peu plus, il avance lentement et cultive cette parcimonie de l’écriture qui a horreur des excédents. Sa poésie est dans la logique du vivant et ancrée dans quelques blessures:
« Je ne vis de poésie /
en elle peu de sillage. /
elle tombe sur soi et nous pense /
quand tout le monde est parti. /
Il faut attendre longtemps /
Pour qu’elle revienne par le partage /
Ou par le silence. »

*Editions Al Manar - www.editmanar.com

T. Ben Jelloun, Le Point, 26/31/01/2015