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{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

Diane et les tiges du ciel

le livre , l'auteur, le peintre , la critique

Collection "Poésie"

 

600 ex. courants, rehaussés de multiples reproductions d'œuvres de D. de Bournazel
20 ex de tête enrichis d'un papier découpé et peint par Diane de Bournazel

 

 

 

 

 

 

 

 
ISBN 978-2-36426-044-3
Neuilly, septembre 2014

Le livre

?

?C'est souvent que lutin rime avec dimanche.
La saison des pommes fait pousser le thym.
Il grogne sous le cerisier.
Sa langue de bœuf lèche le nez des gnomes
qui se roulent dans le sainfoin.
C'est le jour échelle pour la belle,
le jour de mirabelle,
et l'admirable jour des jours sans fin.
C'est lundi
et Diane peint.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'un des 20 exemplaires de tête. En frontispice, un papier découpé et peint par D. de Bournazel.

 

L'auteur

Anne-Marie Beeckman est née à Vic-en-Bigorre (Hautes-Pyrénées) le 24 novembre 1952. Elle vit dans le Lot. De 1994 à 1998, elle a été membre du comité de rédaction de l’excellente revue française Le Cerceau. Elle anime les éditions de poésie françaises La Morale merveilleuse et la revue Le Grand I vert.


DU MÊME AUTEUR

aux éditions Atelier de l'Agneau

Rue Cloître des menthes
Le Vestiaire des vagues
Les boîtes trembleuses

chez Pierre Mainard :

Les peintures
Molasse Candy
Vespérale
Présages

chez Carré d'encre :
La leçon mélancolie

Au Cadran Ligné :
La mémoire de l'eau

A l'Oie de Cravan :
Serviteurs, les princesses !


A-M. Beeckman, par Jan Vermeer

Le peintre

Diane de Bournazel est l'un des peintres tutélaires des éditions Al Manar. Artiste du livre, elle expose également : sa production artistique se partage entre création de livres d'artiste, uniques par définition, illustration littéraire et accompagnement plastique, et peinture (essentiellement sur papier). Elle vit et travaille entre Brive et Tulle, en Corrèze.

Le travail de Diane de Bournazel pourrait évoquer celui de Paul Klee. Mais c'est un univers bien personnel qu'elle crée sur toiles ou sur ardoises rustiques, et parfois sur du bois de récupération. Indifférente au règne de l'ephémère, elle fait, même sur grands formats, un travail minutieux de miniaturiste : « J'aime peindre au pinceau à trois poils et à l'huile ; pas d'acrylique, ça manque de sensualité. » « A sept ans, dit-elle, je savais déjà que je serais peintre. » Formation autodidacte, cours en dilettante dans des écoles d'art en France et en Italie, et beaucoup de travail personnel : « Je peins huit heures par jour. » Diane de Bournazel a une passion pour les livres d'artiste : elle découpe, enlumine, assemble avec une patience d'artisan des mots de Robert Desnos, Henri Michaux, Jorge Luis Borges dans de petits ouvrages précieux, qu'elle expose à Paris, Marseille, Londres et ailleurs.

Georges Châtain et Hélène Pommier


Diane de Bournazel dans son atelier de Marliac, Corrèze.

La critique

Anne-Marie Beeckman et Diane de Bournazel : « Diane et les tiges de ciel »
Dans une collection, qui associe poèmes et belles illustrations, paraît « Diane et les tiges du ciel » : des poèmes d’Anne-Marie et les somptueuses peintures de Diane. L’association nous vaut de vrais voyages en orient profond, dans le tissage des langues inventives, des contes style « Les Mille et une nuits » , un véritable travail de jumelles créatives, qui tirent parti de leur collaboration pour exercer une vraie fascination auprès du lecteur, par le feu des inventions langagières et des ornementations picturales, couleurs, feux d’imagination, magie d’une véritable poésie.
Cette édition – papier fort, pages entières de couleurs riches, soin extrême de la présentation – honore la poésie et en matière d’inventive poésie, le lecteur est servi : feu d’artifice d’images, de néologismes, de récriture d’expressions idiomatiques et proverbes, calembours, contrepèteries de haut vol, tant la fluidité créative semble aller de soi :
4
Noir a laissé son loup sur la blancheur des nacres.
Amour brise ses éperons aux flancs des filles.

Univers de contes, de comptines et de métamorphoses – dignes de nos contes d’enfance -, « Diane et les tiges du ciel » explore toutes les potentialités d’une langue qui crée ses propres codes :
9
Comme ça foisonne dans les paniers !
On est content que le bât blesse.

La réécriture de phrases-types et d’expressions joue ici un rôle moteur pour l’entame de chaque poème :
6
Diane, quelquefois, se pique à son rouet.
Elle dort cent ans dans toutes les chambres.

Que dire, d’une « petite fille aux amulettes » ou de « Diane met les bouchées doubles à la reine », dignes de Devos ou d’un Prévert survolté ?
Les trouvailles sont à l’aune des splendides illustrations :
Le pourquoi des enfants curieux offre par exemple :
23
Pourquoi les chansons viennent-elles aux lèvres ?
Pourquoi le limaçon ?
Quand nous poussent-ils des ailes ?
Pourquoi les feuilles ont-elles deux faces ?

La vraie poésie affleure partout, au-delà des jeux de mots, des calembredaines :
18
La lune prend son bain de lune.
Ses seins tiédissent doucement.

Un beau livre, fécond et partageable.

(Anne-Marie Beeckman et Diane de Bournazel : « Diane et les tiges de ciel », Al Manar, 2014, 48p., 20€.)

Notes critiques
Lectures de Philippe Leuckx, revue "Texture", 2015