{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

Chants à la nourrice folle

le livre , l'auteur, le peintre, la critique

Collection "Ultramarines"

600 ex sur Bouffant édition,
l'ensemble imprimé par Christophe Bonnet de "La Gutenberg",
rehaussé par Mohamed Lekleti de cinq dessins.

20 exemplaires tirés à part, au plomb, en forme de leporello (31,5 x 90 cm) reeprenant au verso le premier des neuf Chants,
avec au recto une peinture originale de Lekleti

 

 

 




100 pp. au format 21 x 15 cm. Paris, avril 2013.

ISBN 979-10-90836-23-5

 


Le livre

 

Nourrice
pour mes amis dispersés
pour la beauté en survie
pour la pensée oubliée
souffle sur le feuillage en flammes
de mon berceau
imite la brise marine
que nous aimons tous deux
touche mes lèvres avec
le sel de tes doigts

 

L'auteur

Luis Mizón est né en 1942 à Valparaiso. Son œuvre poétique est découvert et traduit par Roger Caillois, puis par Claude Couffon. Parmi la trentaine de titres publiés : Poèmes du Sud, Gallimard, 1982 ; Terre Brûlée, Obsidiane, 1989 ; Ammonite, Folle Avoine, 2008 ; Poèmes d’eau et de lumière, Al Manar, 2008 ; L’oreiller d’argile, Al Manar, 2010 ; Dans le Grand silence Indigo, Folle Avoine, 2012 ; Marée Basse, Aencrage, 2012.

Il a publié également un roman, La Mort de l'Inca, Le Seuil, 1992 ; avec Zéno Bianu, une anthologie de poésie précolombienne, Les Poèmes d' El Dorado, Le Seuil, 2000, de nombreux essais et plusieurs livres de dialogue avec des peintres (chez Al Manar : Pêcheur de lune, avec Jean Cortot, et La Maison des sirènes, avec Fassianos).



Luis Mizon au Marché de la poésie, Paris, 2013

Le peintre

Le peintre Mohamed Lekleti, né à Taza au Maroc en 1965, vit et travaille à Montpellier. Il expose régulièrement en France et à l’étranger (Maroc, USA, Corée, Allemagne, Belgique, Suisse...).

 


La promesse de l'aube, 2010, 100 x 100 cm


La critique

Chants à la nourrice folle
Parlons un peu poésie, celle de Luis Mizón (1942 -), écrivain argentin, auteur des Chants à la nourrice folle édités par Al Manar et splendidement illustrés par Mohamed Lekleti qui parvient à en retranscrire la beauté enlacée d'étrangetés.

Le poème rebondit
dans ton ventre
Nourrice enceinte de mes rêves
le poème est déjà dans ton corps
et donne des petits coups de pied
pour se faire entendre
tu le berces dans ton sang
de pays en pays
il est déjà en flammes
comme le bateau qui a jeté l'ancre
sur la mer de lave
immobile sur son reflet
il a croisé les jambes
il imite sans le savoir un petit scribe
qui a pris la position du lotus
Je, c'est un enfant, puis un homme, et/ou, tout du long, une parole.
"Je" dit l'instant, l'absence, l'abandon, l'inachevé, l'errance, l'ailleurs, l'évasion miroir d'une captivité — captivé.
"Je" s'adresse à sa mère de substitution, magicienne aux petits seins pourvoyant à la nutrition — à l'élévation — de son âme meurtrie.
Ensemble, nourrice & nourrisson, femme & homme, ils donnent vie à la ville, à l'île, à la mer, au ciel, la montagne, l'aigle… suspendus.

Le poème conte un esprit en quête d'une vérité, d'un corps en lequel se lover et s'incarner :

Amie j'ai besoin de ton corps
pour donner un sens à ma quête de musique
ton corps est un captif
comme le mien
il a consenti à sa mort
j'ai besoin de lui pour porter
ce poème inachevé
qui revient de la frontière
blessé à la tête et aux yeux
j'ai besoin de ton corps de femme
couchée sur le ventre
pour trouver des forces
et marcher dans la main du soleil

Et… :

quand le corps disparaît dans la caresse
il devient voix

Une œuvre pour s'égarer & se ressourcer.

Julie Curien,
http://notesvagabondes.wordpress.com/2014/01/20/chants-a-la-nourrice-folle/

 


Luis Mizón, lauréat du prix Benjamin Fondane 2014

Cahiers critiques de poésie, n° 28

 


Est-il encore besoin de présenter le Chilien Luis Mizón (né en 1942) depuis si longtemps acclimaté dans le paysage poétique français, autrefois traduit par Roger Caillois puis par Claude Couffon ? La bibliographie est imposante : pas moins de trente titres parus. C’est à une célébration de la mémoire dans l’effet de spontanéité obtenu par l’art musical certain d’un chant rythmé à laquelle nous convie aujourd’hui le poète : Je vous déchiffre à chaque fois / fruits de la tempête que le mer rejette / voix des choses qui refusent de mourir […]. La poésie s’adresse à une « nourrice » identifiée à une poésie nourricière, à la mère, l’aimée et au temps évidemment perdu et retrouvé par un poète tout à la fois adulte et enfant. L’ensemble compose un recueil unitaire dans lequel chaque poème répond et se superpose à tous les autres avec un bel aplomb. La construction et la matière symbolique, si dense et si sensuelle, séduisent d’emblée. Soulignons également le remarquable travail d’édition.


PHILIPPE DI MEO, CCP n° 28