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{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

Les cerises ne sont pas des lèvres

le livre , l'auteur, le peintre , la critique

Collection "Poésie"

 

600 ex. courants, rehaussés de sept monotypes de D. de Bournazel
20 ex de tête enrichis d'un monotype original de Diane de Bournazel

 

 

 
 
ISBN 979-10-90836-29-7
Neuilly, mai 2014

Le livre

?

  dans le douceâtre sucré des premiers petits pois
qui cuisent sous l’eau s’usant
il y a l’intérieur velouté tendre
du sexe ébulli aux coudes
à force d’être porté jusqu’aux larmes
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'un des 20 exemplaires de tête sur BFK Rives. En frontispice, un monotype original de D. de Bournazel.

 

 

 

L'auteur

Amandine Marembert est née en 1977 à Clermont-Ferrand. Elle a publié à ce jour une vingtaine de recueils de poèmes chez différents éditeurs - citons L'ombre des arbres diminue à certaines heures du jour, chez Wigwam, Toboggans des maisons, chez L'idée bleue / Cadex, Mon cœur coupé au sécateur, aux Ecrits du Nord / Editions Henry, Coquelillages, au Chat qui tousse, Du baume stick dans la douceur, éditions La Yaourtière (mai 2009, illustrations de Valérie Linder), et anime la revue et les éditions Contre-allées. Elle a bénéficié de bourses d'écriture accordées par le CNL en 2005 et 2009.Al Manar a publié en 2010 son Un petit garçon un peu silencieux.

Amandine Marembert signe, au Marché de la poésie - juin 2014 -
avec James Sacré

Le peintre

Diane de Bournazel est l'un des peintres tutélaires des éditions Al Manar. Artiste du livre, elle expose également : sa production artistique se partage entre création de livres d'artiste, uniques par définition, illustration littéraire et accompagnement plastique, et peinture (essentiellement sur papier). Elle vit et travaille entre Brive et Tulle, en Corrèze.

Le travail de Diane de Bournazel pourrait évoquer celui de Paul Klee. Mais c'est un univers bien personnel qu'elle crée sur toiles ou sur ardoises rustiques, et parfois sur du bois de récupération. Indifférente au règne de l'ephémère, elle fait, même sur grands formats, un travail minutieux de miniaturiste : « J'aime peindre au pinceau à trois poils et à l'huile ; pas d'acrylique, ça manque de sensualité. » « A 7 ans, dit-elle, je savais déjà que je serais peintre. » Formation autodidacte, cours en dilettante dans des écoles d'art en France et en Italie, et beaucoup de travail personnel : « Je peins huit heures par jour. » Diane de Bournazel a une passion pour les livres d'artiste : elle découpe, enlumine, assemble avec une patience d'artisan des mots de Robert Desnos, Henri Michaux, Jorge Luis Borges dans de petits ouvrages précieux, qu'elle expose à Paris, Marseille, Londres et ailleurs.

Georges Châtain et Hélène Pommier


Diane de Bournazel dans son atelier de Marliac, Corrèze.

La critique

Amandine Marembert : LES CERISES NE SONT PAS DES LÈVRES (Al Manar)

Amandine Marembert est coutumière du fait : elle mélange subtilement jardinage et sensualité, charnel et botanique. Le titre tend à faire de l’antiphrase, contrairement à ce qu’il affiche, lèvres et cerises sont bel et bien de la même chair, de la même consistance, jus et sang correspondent et la couleur les réunit de fait. Fruit à bouche, et vice-versa. La métaphore est dépassée, l’image fonctionne dans les deux sens, aller-retour entre deux entités qui finissent par se confondre dans leur relatif éloignement ou leur rapprochement souple. Les équivalences marchent d’un thème à l’autre : mon cœur gros des pivoines effeuillées… et quel que soit le sens : la figue-sexe... (Ici, le trait d’union joue son office strict). Le corps est un verger… La femme capte par toutes ses parties érogènes fleurs et végétaux qu’elle plante, cultive et cueille. C’est bien désir le maître-mot, qui allume les sens et tresse les sensations : l’odeur blanche orange du chèvrefeuille, ou bien le nom lui-même évoque autre chose encore, ainsi « œillets » : le parfum rose des œillades, un peu en jeu de mots, discrète paronomase. On est dans la couleur, les senteurs, les goûts et les touchers en même temps, à chaque instant, à chaque respiration. Le travail du potager se vit comme une forme appliquée de l’amour diffus et prolixe. La terre est ressentie telle une continuation de la peau. En outre, la chair voluptueuse peut aller jusqu’à résonner à l’échelle cosmique : Hématome bleu au cœur / dans la bourrache étoilée de quelle nuit… Langueur et affolement se partagent les émotions de l’auteur qui incarne la création à l’état pur. Muse et déesse, la femme irradie le jardin où surgissent les tentations auxquelles tout de go succomber. L’érotisme est de mise dans cette culture de fleurs, de fruits et de poésie j’arrache le liseron pour délianer le désir qui m’enchaîne Amandine Marembert taille branches et mots, bouture roses et vers, greffe plants et verbe pour une écriture à la fois luxuriante et luxurieuse.

Jacques MORIN, Décharge

16 €. www.editmanar.com (Dessins de Diane de Bournazel).

Les cerises ne sont pas des lèvres, Amandine Marembert, dessins de Diane de Bournazel, éditions Al Manar
Dernier recueil d’Amandine Marembert. On retrouve un thème qui lui est cher : une poésie mêlant jardin et désir amoureux. Dans ce recueil, on sent que l’auteure a encore laissé mûrir le sujet. Elle en aurait fait de même avec les fruits et légumes de son jardin, pour les rendre toujours plus beaux et plus gouteux. J’aime cette poésie douce et calme mais qui nous touche, éveille en nous les différentes parties du corps. Elle n’hésite pas à travailler la langue, à travailler sur la syntaxe, les images, à l’emmêler à la langue du désir, comme le jardin se mêle aux corps. Ces petits poèmes par petites touches tournent autour du sujet sans jamais qu’il ne s’épuise et surtout sans lasser le lecteur. Les dessins de Diane de Bournazel aux couleurs chaudes ou vives, aux fruits et légumes charnus, accompagnent les poèmes avec brio.

chaque jour tu rêves que nous basculions
entre les rangs de tomates
éros rouges précoces
désir noué à deux tuteurs
planté là

Cécile Guivarch pour le site Terre à Ciel

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Titre : Les cerises ne sont pas des lèvres
Auteur Amandine Marembert
Dessins de Diane de Bournazel
Editeur : Al Manar www.editmanar.com
Année de parution : 2014
Prix : 16 €

La poésie déroute. Déconcerte. Chante un autre chant. La poésie, c’est autre chose… Autant de mots et d’expressions qu’on entend souvent à propos de poésie.
Ce livre en est un exemple. Un bel exemple. Une invitation au jardin. Un jardin où s’entremêle fruits et légumes, corps et désirs. Une histoire de semences, de fécondité, de mûrissement. De plaisirs et de gourmandises colorées. Un livre où nos secrets s’épanouissent dans l’innocence des floraisons. Dans la liberté des insectes et la lenteur tranquille des fruits offerts au soleil et aux vents.
De l’érotisme au quotidien et joyeux

Patrick Joquel

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Les cerises ne sont pas des lèvres

 

Je dois vous avouer que je suis à chaque fois ravi de lire un recueil d'Amandine Marembert. Son écriture est à la fois précise dans l'écriture et dans son relevé de l'être et décalée dans sa construction d'image, dans une douceur des images ainsi dévoilées. Créant, ainsi, comme un bien-être dans la lecture de sa poésie. Quel que soit le thème de son recueil, il est toujours en regard de l'être.

Dans ce nouvel opus, Les cerises ne sont pas des lèvres, Amandine Marembert nous entraîne dans un jardin imaginaire, même s'il nous semble familier par certains côtés. Ainsi, la poétesse nous emmène dans son univers où le rapport corps humain et plantes ou objets du quotidien viennent percuter notre imaginaire :

du haut de la fenêtre à l'étage
la cime de l'arbre vieux
la pommette rouge des cerises naissantes
d'un doigt déplie la persienne
délie mon sexe lèvres rouge feu au ciel septième

ou encore :

le fil à linge a cassé
dévidoir en forme de sexe féminin
la rouille a fait son œuvre
des restes de vert mal peint accrochent les doigts
qui tentent de suspendre les gestes
balancer les hanches au-dessus du vide

Vous l'avez peut-être ressenti ce bien-être dont je parlais. La vie devient plus belle et le temps s'oublie dans la lecture de la poésie d'Amandine Marembert. J'ai lu plusieurs fois de suite ce recueil, Les cerises ne sont pas des lèvres, pour y trouver toujours ce même bonheur de lecture. Merci à Amandine Marembert pour ce nouveau recueil paru chez un éditeur que j'aime bien pour le travail qu'il réalise. Je me dois d'ajouter que les œuvres plastiques qui viennent dialoguer avec la poésie sont dues à Diane de Bournazel.

Gilbert Desmée, in www.encres-vagabondes.com
(21/07/14)

Amandine Marembert : Les cerises ne sont pas des lèvres
PAR LUDOVIC DEGROOTE

Comme toute forme d’intime, l’érotisme est une matière complexe à manier et, donc, à écrire : sa définition varie selon les expériences et les individus ; la poésie, qui touche à la vie, s’est toujours intéressée à l’érotisme, notamment au corps féminin, il suffit de penser au blason. On en a ici deux exemples. Taille-douce évoque la tendresse liée à un destinataire qui joint nature et désir : moments de partage et de simplicité, dans les images comme dans la tonalité. Au cœur de Les cerises ne sont pas des lèvres, l’érotisme et le corps féminin sont vus à travers un double prisme : évoqués par l’auteur elle-même, ils sont associés au jardin, ou même au jardinage : herbier du corps, maraîchage du désir, on se plairait à multiplier les métaphores. Mais nulle niaiserie dans ce livre : des ensembles de trois à sept vers mélangent dans un équilibre pas facile des aspects allusifs et des éléments explicites de la sexualité : s’exposant avec pudeur, Amandine Marembert poursuit un travail singulier sur l’intime, qu’il s’agisse d’érotisme ou de livres sur un enfant autiste.

CCP 29, décembre 11, 2014