Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

Le bestiaire de Livermoore

le livre , le peintre , l'illustrateur, la critique

Collection "Méditerranées"

 

 

Poème de Rafael Pérez Estrada

Edition bilingue espagnol - français ; traduction Ramón Romero Naval

 

 

 

600 exemplaires sous couverture illlustrée par Juan Carlos Mestre.

30 leporelli imprimésau verso
au format
16 x 90 cm sous couverture Arches 300 gr. La peinture se déploie au recto sur toute la longueur de la feuille.

 

 

Le livre

 

 

CHAT-HUANT OPAQUE

Il y a comme une surprenante urgence du retour, chez cet oiseau, une angoisse primaire qui lui fait battre l'air glacé de la nuit sans but aucun. C'est parce qu'il nous vient de la mort, comme un spectre qui se résoudrait dans la récupération immédiate du métier de son vol. Esterhause nous apprend que le chat-huant opaque est une pure apparition, le songe d'une ligne qui fut, un fantôme en suspens, une chimère qui pour exister n' hésite pas à couver ses mirages dans les songes des garçons dont le mot fin marque la tempe. On perçoit dans son chant une tristesse qu' interrompent parfois les affres d'une jalousie bien peu enviable.

?ALUCÓN OPACO

HAY una sobrecogedora necesidad de volver en este pájaro, una angustia animal de batir el aire helado de la noche sin un rumbo preciso. Porque es sólo un ave venida de la muerte, un espectro que se resuelve en recuperar el inmediato oficio de su vuelo. Dice Esterhause que el alucón opaco es un aparecido, el sueño de una línea que fue, un fantasma en suspense, una quimera que con tal de existir anida su espejismo en los sueños de los muchachos que tienen señaladas en sus sienes la palabra final. En su canto se advierte una tristeza a veces interrumpida por la pasión de unos celos en modo alguno deseables.

L'auteur

Rafael Pérez Estrada (1934-2000) est né à Malaga. Il s'est tout d'abord fait connaître par ses dons de dessinateur. Cependant, c'est parmi les meilleurs poètes espagnols qu'il figure désormais, et ce bien qu'il ait été injustement écarté des « générations » modernes. Ecrivain éclectique, cultivant ce que lui-même nomme un pluriel infini, il laisse derrière lui plusieurs alter ego. Livermoore en fait partie. Ce bestiaire rappelle bien sûr les fameux « volucraires » du moyen âge, ces curieux traités d'oiseaux mythiques. Mais l'auteur se livre ici à un numéro de haute « voltige » : celui d'un taxinomiste qui ne se prend pas au sérieux. Il appartiendra cependant au lecteur de déceler cette part philosophique et métaphysique dont sont tissés les curieux gonfalons ornant les portes d'un éternel ailleurs: celui de la Poésie.

Son traducteur, Ramón Romero Naval, traduit de l'espagnol vers le français et inversement (voir, jointe, la liste de ses publications). Sa connaissance approfondie des deux langues lui permet de donner des équivalents fins et précis des textes poétiques qu'il transpose.

RAFAEL PÉREZ ESTRADA nace en Málaga, el 16 de febrero de 1934, hijo del que fuera médico y alcalde de la ciudad Manuel Pérez Bryán (1943 y 1947), y de la conocida pintora “naif” Mari Pepa Estrada.

Durante la Guerra Civil su casa en la calle Larios sufrió un incendio y la familia se traslada a la calle Carreterías, donde pasa los primeros años de su vida En su época de estudiante, marcha a cursar estudios de Derecho a la Universidad de Granada, (1954), formación que le permitiría ejercer la abogacía con gran prestigio en su ciudad natal.
En 1959 se marcha a Madrid donde se inicia en el dibujo, colaborando en revistas y emisoras de radio. Establecido en la capital, compaginaría su labor profesional con la pintura y poesía.

En 1960 vuelve a Málaga definitivamente. Llega tardíamente a la literatura, pues en 1968 aparece su primer “Valle de los galanes”, al que siguen numerosos títulos de teatro, poesía y narrativa de vanguardia. Hasta 1997, año en que abandona su despacho, combina su actividad como abogado con la escritura y el dibujo, siendo a lo largo de su vida un referente local inestimable, pues participó muy activamente en eventos claves de la vida social y cultural malagueña, entre otros, en la creación del Centro Cultural del 27 y en el Consejo Social de la Universidad de Málaga, lugar de donde jamás quiso alejarse “es la ciudad del gozo y de la dicha” o “soy un seducido por Málaga” dijo el escritor en su discurso con motivo del nombramiento como Hijo Predilecto de Málaga.

Moriría de su penosa enfermedad, a los 66 años, el 21 de mayo de 2000 habiendo sido homenajeado en 1999 en el Círculo de Bellas Artes de Madrid, y días antes de su fallecimiento como Hijo Adoptivo de su ciudad natal, justo cuando su nombre comenzaba a destellar con luz propia entre la crítica y los lectores. Sería nombrado también “Hijo Predilecto de la Provincia de Málaga” el 9 de abril de 2002, por parte la Diputación Provincial de Málaga, y propuesto al Premio Príncipe de Asturias de las Letras por el Centro de la Generación del 27.

 

Le peintre

Juan Carlos Mestre est un artiste qui échappe aux catégories ; son écriture donne forme au réel pour le convertir en « la lumière, la matière de cette parole et le bruit de l’ombre de cette parole ».

Juan Carlos Mestre : un artiste qui voyage entre les différentes disciplines artistiques comme des moyens divers de dire ce qu’il voit et ce qu’il vit. Reconnu surtout pour sa poésie, son regard prend aussi la forme de gravures, aquarelles et dessins. De même, il est souvent accompagné par son accordéon ou par d’autres instruments avec lesquels il joint la musique à la parole en y trouvant une langue propre.

En 2009 il a obtenu le Prix National de Poésie. Il a aussi reçu le Prix Jaime Gil de Biedma, en 1992, le Prix Adonais de Poésie, en 1982, et le Prix Jaén de Poésie, en 1999. Comme graveur, il a été récompensé avec la Mention d’Honneur du Prix National de Gravure de la Chalcographie Nationale (1999) et dans la VII Biennale Internationale de Gravure d’Orense (2002).

Plus d’information sur Juan Carlos Mestre, des poèmes, des images, peuvent être trouvés sur son site web, http://www.juancarlosmestre.com.

La critique

Ainsi que l'annonce son titre de bréviaire héraldique aux consonances saxonnes et romanes, ce recueil offre une galerie d'animaux fabuleux dont les descriptions allégoriques (mœurs, origines, métamorphoses), empruntant à toous les merveilleux même les plus modernes et les plus interlopes, portent en virtualité mille récits. Ces bêtes, d'une "perverse humanité", victimes et bourreaux, prospèrent sur les souffrances des hommes dont elles s'approprient les désirs, les émotions et les rêves, à l'image de ce pékinois qui se transforme en mâtin pour dévorer les dames solitaires une fois qu'il s'est accaparé leur amour. Si elle a la grâce exquise des miniatures médiévales, comme dans la peinture d'un pinson qui se nourrit du reflet multiple de la lune, cette poésie n'a rien de figé et allie humour féroce et perfection stylistique pour entraîner le lecteur dans les capiteux vertiges de la mélancolie érotique.

Daniel Lequette, CCP 27 (mars 2014)